‹ La genèseChapitre 80 sur 236 · CHAPITRE \TI · texte numérisé non relu

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dessus de la surface de l’eau ; le sommet de cette élévavation porterait les débris des plantes et d’animaux qui gisaient jadis au fond de l’eau, ce qui n’impliquerait nullement que les eaux du lao se soient élevées à cette hauteur,

35. — Dans les endroits où le soulèvement de la roche . primitive a produit une déchirure complète du sol, soit par sa rapidité, soit par la forme, la hauteur et le volume, de la masse soulevée, le granit s’est montré à nu comme une dent qui perce la gencive. Les couches qui les recouvraient, soulevées, brisées, redressées, ont été mises

à découvert; c’est ainsi que des terrains appartenant aux formations les plus anciennes, et qui se trouvaient dans leur position primitive à une grande profondeur, forment aujourd’hui le sol de certaines contrées.

36. La masse granitique, disloquée par l’effet des soulèvements, a laissé en quelques endroits des fissures par où s’échappe le feu intérieur et s’écoulent les matières en fusion : ce sont les volcans. Les volcans sont comme les cheminées de cette immense fournaise, ou mieux encore, ce sont des soupapes de sûreté qui, en donnant une issue au trop plein des matières ignées, préservent de commotions bien autrement teiTihles; d’où l’on peut dire

que le nombre des volcans en activité est une cause de

sécurité pour l’ensemble de la surface du sol.

On peut se faire une idée de l’intensité de ce feu, en songeant que des volcans s’ouvrent au sein môme de la mer, et que la masse d’eau qui les recouvre et y pénètre ne suffit pas pour les éteindre.

37. — Les soulèvements opérés dans la masse solide ont nécessairement déplacé les eaux, qui ont été refoulées dans les parties creuses, devenues plus profondes par

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l’exhanssement des terrains émergés, et par les affaissements. Mais ces mêmes bas-fonds, soulevés à leur tour, tantôt dans un endroit, tantôt dans un autre, ont chassé les eaux, qui ont reflué ailleurs, et ainsi de suite jusqu’à ce que celles-ci aient pu prendre une assiette plus stable.

Les déplacements successifs de cette masse liquide ont forcément labouré et tourmenté la surface du sol. Les eaux, en s'écoulant, ont entraîné une partie des terrains de formations antérieures mis à découvert par les soulèvements, dénudé certaines montagnes qui en étaient recouvertes, et mis au jour leur base granitique ou calcaire; de profondes vallées ont été creusées et d’autres comblées.

Il y a donc des montagnes formées directement par l’action du feu central : ce sont principalement les montagnes granitiques ; d’autres sont dues à l’action des eaux, qui, en entraînant les terres meubles et les matières solubles , ont creusé des vallées autour d’une base résistante, calcaire ou autre.

Les matières entraînées par le courant des eaux ont formé les couches dè la période tertiaire, qui se distinguent aisément des précédentes, moins par leur composition, qui est à peu près la même, que par leur disposition.

Les couches des périodes primaire, de transition, et secondaire, formées sur une surface peu accidentée, sont à peu près uniformes par toute la terre ; celles de la période tertiaire, au contraire, formées sur une base très inégale, et par l’entraînement des eaux, ont un caractère plus local. Partout, en creusant à une certaine profondeur, on trouve toutes les couches antérieures , dans l’ordre de leur formation, tandis qu’on ne trouve pas partout le terrain tertiaire, ni toutes les couches de celui-ci.

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