‹ La genèseChapitre 83 sur 236 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

grandes distances que par la violence des courants (1).

43. — Un fait non moins caractéristique , et dont on ne s’explique pas encore la cause, c’est que c’est dans les terrains diluviens que l’on trouve les premiers aérolithes (2); c’est donc à cette époque seulement qu’ils ont commencé à tomber. La cause qui les produit n'existait donc pas antérieurement.

44. — C'est encore vers cette époque que les pôles commencent à se couvrir de glaces et que se forment les glaciers des montagnes , ce qui indique un changement notable dans la température du globe. Ce changement a dû être subit, car s'il se fût opéré graduellement les animaux tels que les éléphants, qui ne vivent aujourd’hui que dans les*climats chauds et que l’on trouve en si grand nombre à l’état fossile dans les terres polaires, auraient eu le temps de se retirer peu à peu vers les régions plus tempérées. Tout prouve, au contraire, qu’ils ont dû être saisis brusquement par un grand froid et enveloppés par les glaces.

45. — Ce fut donc là le véritable déluge universel. Les opinions sont partagées sur les causes qui ont pu le produire, mais, quelles qu’elles soient , le fait n’en existe pas moins.

On suppose assez généralement qu’un changement brusque a eu lieu dans la position de l’axe de la terre, par suite duquel les pôles ont été déplacés ; de là une projection générale des eaux sur la surface. Si ce changement se fût opéré avec lenteur, les eaux se seraient déplacées

(1) C’est un de ces blocs, provenant évidemment, par sa composition, des montagnes de la Norwége, qui sert de piédestal à la statue de Pierre-ie-Grand, à Saint-Pétersbourg.

(2) Pierres tombées de l’atmosphère.

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graduellement, sans secousse, tandis que tout indique une commotion violente et subite. Dans l’ignorance où l’on est de la véritable cause, on ne peut émettre que des hypothèses.

Le déplacement subit des eaux peut aussi avoir été occasionné par le soulèvement de certaines parties de la croûte solide et la formation de nouvelles montagnes au sein des mers, ainsi que cela a eu lieu au commencement de la période tertiaire; mais outre que le cataclysme n’eût pas été général, cela n’expliquerait pas le changement subit de la température des pôles.

46. — Dans la tourmente causée par le bouleversement des eaux, beaucoup d’animaux ont péri ; d’autres , pour échapper à l’inondation, se sont retirés sur des hauteurs, dans des cavernes et crevasses, où ils ont péri en masses, soit par la faim, soit en s’entre-dévorant, soit peut-être aussi par l’irruption des eaux dans les lieux où ils s’étaient réfugiés, et d’où ils n’avaient pu s'échapper. Ainsi s’explique la grande quantité d’ossements d’animaux divers, carnassiers et autres, que l’on trouve péleméle dans certaines cavernes, appelées pour cette raison cavernes ou brèches osseuses. On les y trouve le plus sou- \ent sous les stalagmites. Dans quelques-unes les ossements sembleraient y avoir été entraînés par le courant des eaux (1).

(1) On connail un grand nombre de cavernes semblables, dont quelques-unes ont une étendue considérable. Il en existe au Mexique qui ont plusieurs lieues; celle d’Aldelsberg, enCarniole (Autriche), n’a pas moins de trois lieues. Une des plus remarquables est celle de Gailenreuth, dans le Wurtemberg. Il y en a plusieurs en France, en Angleterre, en Allemagne, en Sicile, et autres coiilrées de l’Europe.

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