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CHAPITRE IX

ment de cette même croûte dans certains endroits, sur une étendue plus ou moins grande, où les eaux se sont précipitées, laissant d'autres terrains à découvert. C’est ainsi que des îles ont surgi au sein de l'Océan, tandis que d’autres ont disparu; que des portions de continents ont été séparées et ont formé des îles, que des bras de mer mis à SCC ont réuni des îles aux continents. <

L’eau : soit par l’irruption ou le retrait de la mer sur certaines côtes; soit par des éboulements qui, en arrêtant les cours d’eau, ont formé des lacs; soit par les débordements et les inondations; .soit enfin par les atterrissements formés <\ l'embouchure des fleuves. Ces atterrissements, en refoulant la mer, ont créé de nouvelles contrées : telle est l’origine du delta du Nil ou Basse Egypte, du delta du Rhône ou Camargue, et de tant d’autres.

DÉLUGE DIUMQUE.

3. — l’inspection des terrains déchirés par le soulèvement des montagnes et des couches qui en forment les contre-forts, on peut déterminer leur âge géologique. Par Age géologique des montagnes, il ne faut pas entendre le nombre d’années de leur existence, mais la période pendant laquelle elles ont été formées, et par suite leur ancienneté relative. Ce serait une erreur de croire que cette ancienneté est en raison de leur élévation ou de leur nature exclusivement granitique, attendu que la masse de granit, en se soulevant, peut avoir perforé et séparé les couches superposées.

On a ainsi constaté, par l’observation , que les montagnes des Vosges, de la Bretagne et de la Côte-d’Or, en France, qui ne sont pas très élevées, appartiennent aux plus anciennes formations; elles datent de la période de trau-

RÉVOLUTIONS DU GLOBE

sition et sont antérieures aux dépôts liouillers. Le Jura s’est formé vers le milieu do la période secondaire; il est contemporain des reptiles gigantesques. Les Pyrénées se sont formées plus tard, au commencement de la période tertiaire. Le Mont Blanc et le groupe des Alpes occidentales sont postérieurs aux Pyrénées et dîitcnt du milieu de la période tertiaire. Les Alpes orientales, qui comprennent les montagnes du Tyrol, sont plus récentes encore, car elles n'ont été formées que vers la fin de la période tertiaire. Quelques montagnes de l'Asie sont même postérieures à la période diluvienne ou lui sont contemporaines.

Ces soulèvements ont dû occasionner de grandes perturbations locales et des inondations plus ou moins considérables par le déplacement des eaux, l’interruption et le changement du cours des fleuves (1).

(I) Lo demier siècle offre un c.xemple rem.irqnable d’un pliénomène de ce genre. A six journées de inarclie de In ville de Mexico se trouvait, en 1750, une contrée fertile et bien cultivée, où croissaient en abondance le riz, le maïs et les bananes. .\u mois de juin, d’elfroynbles tremblements de terre agitèrent te sol, et ces tremblements se renouvelèrent sans cesse pendant deux mois entiers. Dans la nuit du 28 au 29 septembre, la terre eut une violente convulsion ; un terrain de plusieurs lieues d’étendue se souleva peu ii peu et finit par atteindre une hauteur de 500 pieds, sur une surface de 10 lieues carrées. Lo terrain ondulait comme les vagues de la 1 er sous le souflle de la tempête; des milliers de monticules s'élevaient et s'abîmaient tour i tour; enfin un goulfro de près de 3 lieues s’ouvrit; de la fumée, du feu, des pierres embrasées, des cendres furent lancées à une hauteur prodigieuse. Six montagnes surgirent de ce gouffre béant, parmi lesquelles le volcan auquel ou a donné le nom de Jorullo s’élève maintenant à 330 mètres au-dessus de l’ancienne plaine. Au moment où commençait l’ébranlement du sol, les deux rivières de Ciiitimha et de San Pedro, refluant on arrière, inondèrent toute la plaine occupée aujourd’hui par le .Jorullo; mais, dans le terrain qui montait lonjoifrs, un gouffre s’ouvrit et les engloutit. Elles reparurent il l’ouest, sur un point très éloigné de leur ancien lit. (Louis Figuier, Lu Terre aranl h' dihme, liage .ITn.)

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