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CHAPITRE IX

•1. — Le déluge biblique, désigné aussi sous le nom de grand déluge asiatique, est un fait dont l’existence ne ^ peut être contestée. 11 a dû être occasionné par le soulèvement d’une partie des montagnes do cette contrée, comme celui du Mexique. Ce qui vient à l’appui de cette opinion, c’est l’existence d’une mer intérieure qui s'étendait jadis de la mer Noire <'i l’océan Boréal , attestée par les observations géologiques. La mer d'Azoff, la mer Caspienne, dont les eaux sont salées, quoique ne communiquant avec aucune autre mer; le lac Aral et les innombrables lacs répandus dans les immenses plaines de la Tartarie et les steppes de la Russie, paraissent être des restes de cette ancienne mer. Lors du soulèvement des montagnes du Caucase, une partie de ces eaux fut refoulée au nord, vers l’océan Boréal; l’autre au midi, vers l’océan Indien. Celles-ci inondèrent et ravagèrent précisément la Mésopotamie et toute la conti’éc habitée par les ancêtres du peuple hébreu. Quoique ce déluge se soit étendu sur une assez grande surface, un point avéré aujourd’hui, c’est qu’il n’a été que local; qu’il n’a pu être causé par la pluie, car, quelque abondante et continue qu’elle eût été pendant quarante jours, le calcul prouve que la quantité d’eau tombée ne pouvait être assez grande pour couvrir toute la terre, jusque par-dessus les plus hautes montagnes.

Pour les hommes d’alors, qui ne connaissaient qu’une étendue très bornée de la surface du globe et qui n’avaient aucune idée de sa configuration, dès l’instant que l'inondation avait envahi les pays connus, pour eux ce devait être toute la terre. Si à cette croyance on ajoute la forme imagée et hyperbolique particulière au style oriental, on ne serapassurpris de l’exagération du récit biblique.

RÉVOLUTIONS DU GLOBE

5. — Le déluge asiatique est évidemment postérieur à l’apparition de l’homme sui’ la terre, puisque la mémoire s’en est conservée par la tradition chez tous les peuples de cette partie du monde, fpii l’ont consacrée dans leurs théogonies.

Il est également postérieur au grand déluge universel qui a marqué la période géologique actuelle ; et quand ou parle d’hommes et d’animaux antédiluviens, cela s'entend de ce premier cataclysme.

IlévOlX'TIO.NS rÈRIOWOL'ES.

G. — Outre son mouvement annuel .autour du soleil, qui produit les saisons, son mouvement de rotation sur, elle-même en 24 heures, qui produit le jour et la nuit, la terre a un troisième mouvement qui s’accomplit en 25,000 ans environ (plus exactement 25,808 ans) qui produit le phénomène désigné en astronomie sous le nom de précession des équinoxes.

Ce mouvement, qu’il serait impossible d’expliquer en quelques mots, sans figures et sans une démonstration géométrique, consiste dans une sorte de balancement circulaire que l’on a comparé à celui d’une toupie mourante, par suite duquel l’axe de la terre, changeant d’inclinaison, décrit un double cône dont le sommet est au centre de la terre, et les bases embrassent la surface circonscrite par les cercles polaires; c’est-à-dire une amplitude de 23 degrés et demi de rayon (1).

(1) Un sablier composé de deux verres coniques, tournant sur lui-méme dans une position inclinée; ou encore doux bétons croisés en forme d'X, tournai t sur leur point d'intersection, peuvent donner une idée approximal ve de la ligure formée par ce moiivemenl de l’axe.

ClIAI-lTUE IX

7. — L’équinoxe est l’instant où le soleil, passant d'un hémisphère h l’autre, se trouve perpenfliculairement sur l'équateur, ce qui arrive deux fois par an, le

mars quand le soleil revient vers l’iiémispliére boréal, et le 22 septembre quand -il retourne vers l'hémisphère austral.

Mais par suite du changement graduel dans l’obliquité de l'axe, ce qui en amène un dans l’obliquité de l’équateur sur l’écliptique , l’instant de l’équinoxe se trouve chaque année avancé do quehjues minutes(25 min. 7 sec.). C’est cette avance qui est appelée précession des équinoxes (du latin præceJvre^ marcher en avant, faitde />rcp, avant, et cedere, s’en aller).

Ces quelques minutes, à la longue, font des heures, des jours, des mois et des années; il en résulte que l’équinoxe du printemps, qui arrive maintenant en mars, arrivera, dans un temps donné, en février, puis en janvier, puis en décembre, et alors le mois de décembre aura la température du mois de mars, et mars celle de juin, et ainsi de suite jusqu’il ee que, revenant au mois de mars, les choses se retrouvent dans l’état actuel, ce qui aura lieu dans 25,868 ans, pour recommencer la même révolution indéfiniment (1).

8. — Il résulte de ce mouvement conique de l’axe, que les pôles de la terre ne regardent pas constamment les mêmes points du ciel; que l’étoile polaire ne sera pas toujours étoile polaire; que les pôles sont graduellement plus ou moins inclinés vers le soleil, et en reçoivent

(I) La précession des équinoxes amène un nuire changement, celui qui s’opère dans la position des signes du zodiaque.

La terre tournant autour du soleil en un an, il mesure qu’elle avance, le soleil se trouve chaque mois en face d’une nouvelle

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RÈVOLUTIOSS DU GLOBE

(les rayons plus on moins directs; d’où il suit que l’Islande et la Laponie, par exemple, qui sont sous le cercle polaire, pourront, dans un temps donné, recevoir les rayons solaires comme si elles étaient il la latitude de l’Espagne et de l’Italie, et que, dans la position opposée extrême, l’Espagne et l’Italie pourront avoir la température de l’Islande et de la Laponie, et ainsi de suite à cliaque renouvellement de la période de 25,000 ans.

9. — Les conséquences de ce mouvement n’ont pu encore être déterminées avec précision, parce qu’on n’a pu observer qu’une très faible partie de sa révolution ; il n’y a donc à ce sujet que des présomptions dont quelques-unes ont une certaine probabilité.

Ces conséquences sont :

1“ L’échauffement et le refroidissement alternatif des pôles et par suite la fusion des glaces polaires pendant la moitié de la période de 25,000 ans, et leur formation à nouveau pendant l’autre moitié de cette période. D’où il résulterait que les pôles no seraient point voués îi une stérilité perpétuelle, mais jouiraient ù tour de rôle des bienfaits de la fertilité.

2" Le déplacement graduel de la mer qui envahit peu à peu les terres, tandis qu’elle en découvre d’autres, pour

constellation, Coa constellations sont an nombre de douze, savoir: le Hélier, le Taureau, lei Gémeaux, l’Ecrevisxe, le Lion, la Vierge, lu Balance, le Scorpion, le Sagitlaire, le Capricorne, le Verseau, les Boissons. On les appelle constellations zodiacales ou signes du zodiaque, et elles forment un cercle dans le jjlan de l’équateur terrestre. Selon le mois de la naissance d’un individu, on disait qu’il était né sous tel signe; de les pronostiques de l’astrologie. Mais par suite de la précession des équinoxes, il arrive que les mois ne c irrcilpondent plus aux mêmes constellations qu’il y a ÜOOO ans: tld, qui nait dans le mois de juillet, n’est plus dans le signe du l.ion, mais dans celui de l’Ecrevisse. Ainsi tombe l’idéj superstitieuse attachée îi l’inlluence des signes. (Ch, v, n“ 12.)

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