CHAPITRE IX
cljsmes généraux, comme ceux qui ont marqué les graniles {tériodcs géologiques.est passé. La terre a désormais pris une assiette qui, sans être altsolument invariable, met désormais le genre humain l’abri des perturbations généi'ales, à moins do causes inconnues, étrangères à notre globe, et que rien ne saurait faire prévoir.
12. — Quant aux comètes, on est aujourd'hui pleinement rassuré sur leur influence, plus salutaire que nuisible, en ce qu’elles paraissent destinées à ravitailler, si l’on peut s'exprimer ainsi, les mondes, en leur reportant les principes vitaux qu’elles ont ramassés pendant leur course à travers l’espace, et dans le voisinage des Soleils. Elles seraient ainsi des sources de prospérité plutôt que des messagères de malheur.
Par leur nature fluidique, aujourd'hui bien constatée (chapitre VI, n“ 28 et suiv.), un choc violent n’est pas à craindre: car, dans le cas où l’une d’elles rencontrerait la terre, ce serait cette dernière qui passerait à travers la comète, comme à travers un brouillard.
Leur queue n’est pas plus redoutable ; elle n’est que la réflexion de la lumière solaire dans l’immense atmosphère qui les environne, puisqu’elle est constamment dirigée du côté opposé au soleil, et change de direction suivant la position de cet astre. Cette matière gazeuse pourrait bien aussi, par suite de la rapidité de leur marche, former une sorte de chevelure comme le sillage à la suite d’un navire, ou la fumée d’une locomotive. Du reste, plusieurs comètes se sont déjà rapprochées de la terre sans y causer aucun dommage; et en raison de leur densité rcspectivo, la terre exercerait sur la comète une attraction plus grande que la comète sur la terre. Un reste de vieux
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RÉVOLUTIONS DU GLOBE
préjugés poutseul inspircrdes crairitessurleurprésenco(l).
13. — Il faut également reléguer parmi les hypothèses chimérique.s la possibilité de la rencontre de la terre avec une autre planète ; la régularité et rinvariabilité des lois qui président aux mouvements des corps célestes ôtent à cette rencontre toute probabilité.
La terre, cependant, aura une lin ; comment ? c’est ce qu’il est impossible de prévoir; mais, comme elle est encore loin de la perfection qu’elle peut atteindre, et de la vétusté qui serait un signe de déclin, ses habitants actuels sont assurés que ce ne sera pas de leur temps. (Chap. VI, n®’ 48 et suiv.)
14. — Physiquement, la terre a eu les convulsions de son enfance ; elle est entrée désormais dans une période de stabilité relative : dans celle du progrès paisible, qui s’accomplit par le retour régulier des mêmes phénomènes physiques, et le concours intelligent de l’homme. Mais die est encore en plein dans le travail de l'enfantement du progrès moral. Là sera la cause de ses plus grandes commotions. Jusqu'à ce que l'humanité ait suffisamment grandi en perfection par l'intelligence et la mise en pratique des lois divines, les plus grandes perturbations seront le fait des hommes plus que de la nature-, e'est-à-dire seront plutôt morales et sociales que physiques.
(t) La comète do 1801 a traversé la roule de la terre ît viiig't lieures de distance en avant de celle-ci, qui a dû se trouver plongée dans son almosplièro, sans qu’il en soitrésullé aucun accident.
CHAITrUE X
(■iruèae orKaniqur.
Première formation des êtres vivants. — Principe vital. — Génération spontanée. — Eelielle des êtres corporels. — L’homme.
l'BKUlfeRE FORMATION DES ÊTRES VIVA.NTS.
1 . — Il fut 1111 temps OÙ les animaux n'existaient pas, donc ils ont commencé. On a vu paraître chaipic espèce i\ mesure que le globe acquérait les conditions nécessaires à son existence : voilà qui est positif. Comment se sont formés les liremiers individus de chaque espèce? On comprend qu'un premier éouple étant donné, les individus se soient multipliés ; mais ce premier couple, d’où est-il sorti? C'est là un de ces mystères qui tiennent au principe des choses et sur lesquels on ne peut faire que des hypothèses. Si la science ne peut encore résoudre complètement le problème, elle peut tout au moins mettre sur la voie.
2. — Une première question qui se présente est celleci : Chaque espèce animale est-elle sortie d'un premier couple ou de plusieurs couples créés ou, si l’on veut, gerrnés simultanément en différents lieux?
Cette dernière supposition est la plus probable; on peut même dire qu’elle rcs.sort île l'ob.servation. En effet, il existe dans une même espèce une infinie variété de genres qui se distinguent par des caractères plus ou moins
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Cll.VPlTRli X - GENESE ORGANIQUE
tranchés. Il fallait, de toute nécessité, au moins un tjpo pour chaque variété, approprié au milieu où elle était appelée à vivre, puisque chacune se repi’oduit. identiquement la même.
D'un autre côté, la vie d'un individu, surtout d’un individu naissant, est soumise à tant d’éventualités, que toute une création aurait pu être compromise, sans la pluralité des types primitifs, ce qui n’eût pas été selon la prévoyance divine. D'ailleurs, si un type a pu se former sur un point, il n’y a pas de raison pour qu’il ne s’en soit formé sur plusieurs points par la même cause.
Enfin, l’observation des couches géologiques atteste la présence, dans les terrains de môme formation, et cela dans des proportions énormes, de la môme espèce sur les points les plus éloignés du globe. Cette multiplication si générale et en quelque sorte contemporaine, eût été impossible avec un type primitif unique.
Tout concourt donc à prouver qu’il y a eu création simultanée et multiple des premiers couples de chaque espèce animale et végétale.
3. — La formation des premiers êtres vivants peut se déduire, par analogie, de la même loi d’après laquelle se sont formés, et se forment tous les jours, les corps inorganiques. A mesure qu’on approfondit les lois de la nature, on en voit les rouages, qui, au premier abord, paraissent si compliqués, se simplifier et se confondre dans la grande loi d’unité qui préside à toute l’œuvre de la création. On le comprendra mieux quand on se sera rendu compte de la formation des corps inorganiques, qui en est le premier degré.
4. — La chimie considère comme élémentaires un certain nombre de substances, telles que : l’oxygène, l’Jiydro-
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gôiie, l’azote, lu carbone, le chlore, riodc, le fluor, le soufre, le phosi>hore et tous les métaux. Par leur combinaison, ils forment les corps composés: les oxydes, les acides, les alcalis, les sels et les innombrables variétés qui résultent de la combinaison de ceux-ci.
La combinaison de deux corps pour en former un troisième exige un concours particulier de circonstances : soit un degré déterminé de chaleur, de sécheresse ou d'humidité, soit le mouvement ou le repos, soit un courant électrique, etc. Si ces conditions n’existent pas, la combinaison n’a pas lieu.
5. — Lorsqu’il y a combinaison, les corps composants perdent leurs propriétés caractéristiques, tandis que le composé ([ui en résulte en possède de nouvelles, différentes de celles des premiers. C’est ainsi, par exemple, que l’oxygène et l’hydrogène, qui sont des gaz invisibles , étant combinés chimiquement , forment l’eau qui est liquide, solide ou vaporeuse, selon la température. Dans l’eau il n’y a plus à proprement parler, d’oxygène et d’hydrogène, mais un nouveau corps; cette eau étant décomposée, les deux gaz, redevenus libres, recouvrent leurs propriétés, et il n’y a plus d’eau. La môme quantité d’eau peut être ainsi alternativement décomposée et recomposée à l’infini.
Dans le simple mélange il n’y a pas production d’un nouveau corps, et les principes mélangés conservent leurs propriétés intrinsèques qui sont simplement affaiblies, comme il en est du vin mélé avec de l’eau. C’est ainsi qu’un mélange de 21 parties d’oxygène et de 79 parties d’azote forme l’air respirable, tandis qu’une combinaison chimique de 5 parties d’oxygène sur 2 d’azote, produit l’acide nitrique.
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GENÈSE OUCAMOUE 205
G. — La composition et la décomposition des corps ont lieu par suite du degré d’affinité que les principes élémentaires ont les uns pour les autres. La formation de l'eau, par exemple, résulte de l'affinité réciproque de l’oxygène et de l’hydrogène; mais si l’on met en contact avec l’eau un corps ayant pour l’oxygène plus d’affinité que celui-ci n’en a pour l'hydrogène, l’eau se décompose; l'oxygène est absorbé, l’hydrogène devient libre, et il n’y a plus d’eau.
7. — Les corps composés se forment toujours en proportions définies, c’est-à-dire par la combinaison d’une quantité déterminée des principes constituants. Ainsi, pour former l’eau il faut une partie d’oxygène et deux d’hydrogène. Lors même que l’on mettrait, dans les memes conditions, une plus grande proportion de l’un ou de l’autre des deux gaz, il n’y aurait toujours que la quantité voulue d’absorbée et le surplus resterait libre. Si, dans d’autres conditions, il y a deux parties d’oxygène combinées avec deux d’hydrogène, au lieu d’eau on obtient le deutoxyde d’hydrogène, liquide corrosif, formé cependant des mêmes éléments que l’eau, mais dans une autre proportion.
8, — Telle est, en peu de mots, la loi qui préside à la formation de tous les corps de la nature.- L’innombrable variété de ces corps résulte d'un très petit nombre de principes élémentaires combinés dans des proportions différentes.
Ainsi l’oxygène combiné dans certaines proportions avec le carbone, le soufre, le phosphore, forme les acides carbonique, sulfurique, phosphorique ; l’oxigène et le fer forment l’oxyde de fer ou rouille; l’oxygène et le plomb, tous les deux inoffensifs, donnent lieu aux oxydes de plomb, tels que la litharge , le blanc de céruse , le