CHAPITRE X
La question de la génération spontanée, qui préoccupe aiijourd’liui la science, bien qu’encore diversement réso- ^
lue, ne peut manquer de jeter la lumière sur ce sujet.
Le problème proposé est celui-ci : Se forme-t-il spontanément de nos jours des êtres organiques par la seule union des éléments constitutifs, sans germes préalables produits de la génération ordinaire, autrement dit sans t
pères ni mères ? '
Les partisans de la génération spontanée répondent affirmativement, et s’appuient sur des observations directes qui semblent concluantes. D'autres pensent que j
tous les êtres vivants se reproduisent les uns par les au- 1
^tres, et s'appuient sur ce fait, constaté par l’expérience, que les germes de certaines espèces végétales et animales, étant dispersés , peuvent conserver une vitabilité latente pendant un temps considérable, jusqu’il ce que les circonstances soient favorables il leur éclosion. Cette opinion laisse toujours subsister la question de la formation des premiers types de chaque espèce.
21. — Sans discuter les deux systèmes, il convient de remarquer que le principe de la génération spontanée ne l)eut évidemment s’appliquer qu’aux êtres des ordres les plus inférieurs du règne végétal et du règne animal, il ceux où commence à poindre la vie, et dont l’organisme extrêmement simple est en quelque sorte rudimentaire.
Ce sont efifectivement les premiers qui ont paru sur la terre, et dont la génération a dû être spontanée. Nous assisterions ainsi à une création permanente analogue à celle qui a eu lieu dans les premiers âges du monde.
22 . — Mais alors, pourquoi ne voitron pas se former de la même manière les êtres d’une organisation complexe?
Ces êtres n'ont pas toujours existé, c’est un fait positif.
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donc ils ont commencé. Si la mousse , le lichen, le zoophyte, l’infusoire, les vers intestinaux et autres peuvent se produire spontanément, pourquoi n’eu est-il pas de même des arbres, des poissons, des chiens, des chevaux?
Ici s’arrêtent pour le moment les investigations ; le fil conducteur se perd, et, jusqu’à ce qu’il soit trouvé, le champ est ouvert aux hjqiothèses ; il serait donc imprudent et prématuré de donner des systèmes comme des vérités absolues.
23. — Si le fait de la génération spontanée est démontré, quelque limité qu’il soit, ce n’en est pas moins un fait capital, un jalon posé qui peut mettre sur la voie de nouvelles observations. Si les êtres organiques complexes ne se produisent pas de cette manière, qui sait comment ils ont commencé? Qui connaît le secret de toutes les transformations ? Quand on volt le chêne et le gland, qui peut dire si un lien mystérieux n’existe pas du polype à l’éléphant?
Laissons au temps le soin de porter la lumière au fond de cet abîme, si un jour il peut être sondé. Ces connaissances sont intéressantes, sans doute, au point de vae de la science pure , mais elles ne sont pas de celles qui influent sur les destinées de l’homme.
■ ' . Échelle des êthes cobtobels*