CHAPITRE III
DU MARIAGE ET DES DEVOIRS DU PfiRB DE FAMILLE.
(D'après Manon.)
« L*étade de la sainte Écriture, des mystères^ des cérémonies et des sacrifices doit durer, sous la direction suprême du gourou, neuf ans^ dix- huit ans ou trente-six am, suivant le degré d'intelligence ou d'aptitude du brahmatchari.
« Après avoir étudié les livres saints dans Tordre établi, en s'arrôtant spécialement sur telle ou telle partie, suivant sa caste, le brahmatchari, le jeune xchatria et le vaysia peuvent entrer dans la catégorie des pères de famille — grihastas.
« Connaissant tout ce qui se rapporte aux devoirs, et sachant interpréter la sainte Écriture, il peut quitter la maison de son père spirituel, qui, sur le seuil, le couronne de fleurs, appelle la bénédiction des dieux sur sa tôle, et lui fait cadeau d'une génisse.
« Le dwidja — deux fois né — doit alors, avec l'assenti-
TRADITIONS INDOUd^ KT CHAUDÉ^NNES. m
ment de son gourou, prendre son bâton et son aiguière, et se mettre à la recherche d'une femme de la même caste que lui,
qui brille par sça qunUlés, et qui wil pourvue âe» signes prescrits.
c II ne peut épouser une femm^ descendant en ligne directe d'un de ses aïeux paternels ou maternela, jusqu'au sixième degré. Il ne peut avoir aucune union chamelle avec des femmes parentes de son père ou ayant avec lui une origine commune.
f Qu'il évite toute union avec une femme apperlenant à une famille qui n'accomplit pas ses devoirs religieux, dans laquelle le nombre des ûlles est beaucoup plus grand que celui des fils *, qui ignore la sainte Écriture, ou dont les membi^ sont afSigés de difformités, comme la phthisle, la dyspepsie, TépI* lepsie, les hémorrholdos, la lèpre et l'éléphantiasis.
« 11 fuira ces familles, quelles que soient leur puissance, leur renommée, leurs richesses.
« Qu'il cherche une femme belle de formes, dont le nom soit agréable à prononcer, qui ait la démarche d*un eygne ou d'un jeune éléphant, la voix douce, dont le corps soit couvert d'un léger duvet, dont les cheveux soient soyeux, les dents petites et régulières, les membres d'une souplesse délicate.
1. Cette recommaQ4Mion Tient de U croyance que le pare çle famille ne Yoit le swarga (ciel) s'ouvrir devant lui que par lea prièrea et le» cértfnopits aceompUe^ par son fila «ur aa iQt^hfu De \k la nôceaail^ d'avoir un fils.
« Une belle femme fait la joie de la maison, conserve l'amour de son mari et lui donne des enfants bien constitués.
« Qu'il n'épouse pas une fille qui n'a pas de frère ', ou dont il ne connaît pas le père K
« Le premier mariage du dwidja ne peut avoir lieu que dans sa propre caste. Si la nécessité Toblige a une seconde union 3, il peut la choisir dans les castes inférieures.
< En cas de nécessités et pour assurer Taccomplissement des cérémonies funéraires sur sa tombe, le brahme peut contracter une seconde union, avec le consentement de sa pre* mière épouse, avec une femme xchatria ou vaysia.
« Le xchatria avec une femme vaysia ou môme soudra, lo vaysia avec une soudra. Le soudra n'épouse jamais qu'une
soudra.
« Aucune tradition ne fait mention d'un brahme, même en
i. Son premier-né pourrait être malgré lui adopté par son beau-père, pour raccomplissement des cérémonies funéraires, et, dans ce cas, s*il venait à ne pas avoir un second fiJs, il serait obligé lui-môme d'avoir recours à Tad-ption.
3. ^e connaissant pas le père, il ne pourrait comparer sa généalogie & celle de sa femme, et il s'exposerait à épouser une femme qui serait sa parente à un degré prohibé.
3. La nécessité de se procurer un ûls qu'il n'a pu avoir de sa femme légitime.
cas de Décessilé, ayant épousé une femme de la caste impure.
« Le brahme qui épouse une soudra est dégradé sur* le-champ^et il rabaisse sa famille à la condition servile.
c Des sages, comme Sonaca et Brighou, ont prétendu que le brahme épouseur d'une soudra n'était dégradé que par la naissance d'un enfant mâle, mais les éminents richis Atri et 60tama, fils d'Antalhya» déclarent que l'union seule suffît.
a il est donc prescrit que le brahme qui épouse une soudra, s'il n'en a pas d'enfant, devra, après sa mort, aller se purifier dans le naraca ; mais s'il en a une fille, il est dégradé de sa caste.
C Le brahme doit toujours être assisté de sa femme, dans les sacrifices aux dieux, les olTranJes aux pitris, et dans l'ac-^ complissement des devoirs d'hospitalité. Gomment voudrait-il que les dieux et les mânes acceptassent des oblations, que les voyageurs de sa caste qui viennent se reposer sous son toit acceptassent une nourriture offerte par une impure soudra ?
« Pour le brahme qui s'est uni à une soudra et qui en à eu jn fils, il n'est pas d'expiation connue sur cette terre.
c Apprenez maintenant quels sont les différents modes de mariage en usage dans les quatre castes, et que les sages ont reconnus comme bons ou mauvais.
185 LA GBNËSE D£ L HUMANITJi.
c Ils sont au nombre de huit :
Le mode de Brahma ; Celui des dieux inférieurs (dévas) ; Celui des ricbis (saints) ; Celui des pradjapatis (créateurs) ; Celui des asouras (génies malfaisants) ; Celui des gaodbarbas (musiciens célestes) ; Celui des rakcbasas (géants précipités dans les cieux infér rieurs après leur révolte cootre Brahma) ; £t enfin celui des pis&tcbas (vampires),
« Voici quels sont les modes que chaque caste doit adopter, les chances heureuses qui y sont attachées, et les qualités bonnes ou mauvaises qui en résultent pour les enfants.
C n est des sages qui permettent les six premiers mariages aux brahmes et les quatre derniers aux autres castes» moins le mode des géaats, interdit aux soudras.
« D'autres n*accordent aux brahmes que les quatre premiers, aux xchatrias que le mode des géants, aux yaysias celui des musiciens célestes, et aux soudras le mode le plus vil^ celui des vampires.
C Le présent code n'accorde w brabme qœ les quatre pr^
miers modes :
Celui de Brahma; Celui des dévas ; Celui des richis ; Celui des pradjapatis.
TRADITIONS INDÛUES ET GHALPÉENNES. i87
f Aux xchatrias, que le sixième et le huitième mode : Celui des gaodharbas,
Celui des rakchasas.
c Aux vaysias, que le sixième mode :
Celui des gandharbas (musiciens célestes).
« Aux soudras, que le cinquième mode :
Celui des asouras (mauvais génies).
« Si un père» après avoir amplement pourvu sa fille de vêtements et de bijoux, la donne à un dwidja versé dans la science des livres saints, vertueux et jouissant d'une bonne réputation^ et qui soit de la même caste que lui; ce mariage est dit :
Le mode de Brahmat
« Lorsque le brabme prêtre offre le sacrifice du sarvaméda^ et qu'un père s'approchant, pendant la cérémonie, consacre sa fille à celui qui officie, ce mariage est diti par les sages :
Lemodedesdévast
« Lorsqu'un père accorde sa fille suivant les règles prescrites, à un homme qui lui a fait présent d*un ou de plusieurs couples de taureaux pour les sacrifices religieux, ce mode est dit:
Le mode desrichist
iS8 LA GENÈSE DE L'HUMANITÉ.
c Lorsqu'un père accomplit les cérémonies d*usage, eu disant aux deux nouveaux époux : « Vous êtes unis ; allez et pratiquez les devoirs prescrits, » ce mariage est dit :
Le mode des pradjapaiis (les créateurs) I
C Si le prétendu reçoit la femme qu'il a choisie en raison des cadeaux et des présents qu'il a faits aux parents, ce mode est dit:
Le mode des asouras I
« Quand Tunion d'un jeune homme et d'une jeune flile est le fruit d'un choix mutuel , cette union , née de l'amour et qui a pour but Tamour, est dite :
Le mode des musiciens célestes I
« Quand on enlève de la maison de son père une jeune fille qui résiste, qui appelle à son secours; que Ton brise la clôture, et que Ton tue ou blesse ceux qui s'y opposent, le mariage est dit:
Le mode des géants t
(Nous consacrerons un chapitre spécial à ce curieux sloca, à celte singulière prescription qui avait force de loi dans l'Inde, et dont nous suivrons la marche à travers le monde, à la suite des émigrations indoues.)
« Lorsqu'on s'empare d'une femme après l'avoir endormie, à l'aide d'une liqueur préparée à cet eiïet, ou par le pouvoir
du flaide pur, — agasa — ou quand sa raison est égarée, ce mariage détestable est dit :
Le mode des vampires t
« Le mode des mauvais génies et celui des vampires ne doivent jamais être employés par les hommes vertueux des trois premières castes.
« Que le brahme s'en tienne au mode deBrabma, et le xchatria à celui des géants I
a Le mariage d'un brahme doit toujours être accompagné de libations d*eauà Swayambhouva, l'être existant par lui-même^ à Nari, la mère immortelle, à Sourya, le dieu du feu» aux trois Mondes et aux quatre Éléments.
« Dans les autres castes, les mariages s'accomplissent suivant les usages reçus et la volonté du père de famille.
« Sachez de moi maintenant, ô sages brahmes qui m'écoutez, quelles sont les qualités que Manou lui-même a assignées à ces difiérents mariages.
« Le fils né d'une union accomplie selon le mode de Brahma, par une vie honnête et les pratiques piouses, délivre du péché et de V enfer dix de ses ancêtres paterifels ou maternels, dix de ses descendants et lui-même.
Celui qui est né d'une union contractée selon le mode des
iflO LA GENÈSE DE L'HUMANITË.
dieux, !mtive da fiaraca ^ enfer ^ sept de ses ancêtres, sept de ses desœndants et lui-même.
c Celui qui doit le jour à ttli ttiariage célébré selon le mode des richhs (saints) en sauve cinq dans la ligne ascendante et cinq dans la ligne descendante el loMiitaie.
« Celui qui provient de Tunion accomplie selon le mode des créateurs, en sanve trois dans chacune des branches et luimême.
« De ces qnatre mariages, naissent des hommes» vertueux, renommés par leur science des livres sacrés, la pureté de ienrs mœurs, et Testima dont ils jouissent pendant tonte leur vie.
« Ds dépassent leur dixième décade (cent ans), ces hommes doués des meilleures qualités; ils sont aimés des dieux^ qui voient en eux le sommet des transformations humaines.
C Les qnatra derniers mariages ne prodnisont que des fils dissipés, querelleurs, menteurs, qui ignorent la sainte Écriture et les devoirs qu'elle prescrite
t Des mariages homiKtes et reoatiimandafcJk8« naissant des enfants recomtnandabtes el honndtes; mais les mauvais vëOl-^ riages ne voient qu'une postérité méprisable*
a Ui <9érénaonie de l'union des mait» par les deux anneaux
TRADITIONS INDOUES ET CttALDÉENNES. fU
soudés que Ton brise ^ n'a lieu que quand les deux époux appartiennent à la même caste ; pour les autres cas, la règle suivante e3t Imposée i
« La fille de la caste militaire qui épouse un brabme doit tenif entre «es maiùs une AAehe.
c La fille de la caste commerçante qui épouse un brahme ou un xchattria doit tenir un aiguillon.
if 4F
« La fille de la Caste soudra qui s*unit k un homme des castes supérieures, doit être ^ genoux et tenir entre ses mains le bas du manteau de son maUre%
« Que le mari s^approche de sa femme dans la saison favorable, à rexceplion des jours lunaires défendus. Il doit venir à elle avec amour, et lui rester ûdèle et éternellement attaché.
6 ^ize nuits par mois forment la saison naturelle des femmes favorables à la conception.
« les gens de bien s^abstîennent des C[uatre premières, sans qu'elles soient défendues cependant. La onzième et la treizième sont prohibées, car elles sont vûuèes aux esprits. Les dix autres nuits sont approuvées.
I. t)ans les tnariages entre ))rahft)e8, ou Ichatrias, oa yayslas» les deux è)^x pas^etit h TTOisièntè âoi^ de ta main ^ attthe b« tie la tnaifi èroHèt saWant (es oaetes, dans é%nt aonéàvx d%r <m d'argent MgèremeiK soudés ensemble par un côté; la plus légôre pression brise la soudure, et chacun dés é][TOtt\ gàr^ sou utihiMti.
« Les nuits paires donnent des ûls ; les nuits impaires donnent des filles.
« L'enfant m&le est aassi engendré par un sang plus fort, plus énergique chez le père ; le contraire produit une fille. Les eunuques et les monstres sont produits par une faiblesse du sang et du cerveau, soit des deuxépoux^ soit d'un seul.
c Celui qui, pendant les nuits interdites, respecte sa femme, se respecte lui-même, et il reste aussi chaste qu'un novice.
c Le père de famille qui connaît ses devoirs ne doit accepter aucun présent en mariant sa fille, car celui qui accepte, par cupidité, la plus légère gratification, est considéré comme ayant vendu son enfant.
c Tous les présents faits par le futur en vêtements, en parures et en objets de prix, doivent être laissés à la femme.
« Les parents qui, par cupidité, s'emparent de ces choses^ se mettent en possession de ses bijoux, de ses voilures, de ses riches étoffes, descendent après leur mort au naraca.
c Quelques sages ont pensé que dans le mariage suivant le mode des sainiSj le présent d'un taureau et d'une vache était une gratification au père de famille; c'est une erreur : ce présent est fait aux dieux, et il doit être immolé dans le sacriûcei
« Si les parents ne prélèvent rien sur les cadeaux faits, il n'y a pas de vente : ces présents sont une marque d'amour du futur à sa fiancée.
« Les femmes mariées doivent être comblées d'attentions et de cadeaux par leurs pères, leurs frères, leurs maris, et les frères de leurs maris, lorsque ceux-ci désirent une longue prospérité.
« Partout où les femmes sont honorées, les divinités sont satisfaites ; mais lorsqu'on ne les honore pas, tous les actes pieux sont stériles.
« Toute famille où les femmes vivent dans la douleur ne tarde pas à s'éteindre; mais celles qui les rendent heureuses s'augmentent et vont sans cesse en prospérant davantage.
« Les maisons maudites par les femmes auxquelles on ne rend pas les honneurs qui leur sont dus, peu à peu se détruisent, comme si elles étaient frappées par une puissance magique.
« Les hommes qui désirent prospérer doivent être pleins d'égards pour les femmes de toute leur famille, leur donner des parures, des vêtements, des mets recherchés, pour les fêtes particulières et les cérémonies religieuses.
« Dans toute famille où le mari se plaît avec sa femme et la femme avec le mari, le bonheur est assuré pour jamais^
m LA GENÈSE DE L'HUMANITÉ.
« Si une femme n'est pas heureuse et parée d'une manière digne d'elle, etle ne fera pas naître le plaisir et Tamour dans le cœur de son mari ; et si le mari n'éprouve pas d'amour, le mariage sera stérile.
« Lorsqu'une femme est heureuse, toute la famille Test également.
« Par des unions interdites, l'oubli de la sainte Écriture et des devoirs, par la négligence des sacrifices, par l'irrévérence envers les prêtres brahmes, les familles tombent dans le mépris et finissent par s'éteindre.
c Le brahme qui se livre au trafic, prête à usure, exerce des métiers défendus, se livre à la débauche, épouse une soudra^ fait commerce de chevaux, de vaches^ de voitures, et sert un roi autrement que comme chapelain ;
« Celui qui^ par l'appât d'un salaire, célèbre un sacrifice pour ceux qui n'ont pas le droit d'en offrir, qui nie les récompenses et les châtiments futurs, qui abandonne l'étude des livres sacrés, prépare à toute sa famille et à lui un retour aux transmigrations les plus basses.
« Celui, au contraire, qui s'abstient de tout ce qui est défendu et qui étudie chaque jour le Véda^ se prépare une place au warga, ainsi qu'à sa famille.
TRADITIONS INDÛUES ET GUALDÉENNES. iOU
« Le père de famille doit, chaque jour, faire les oblations domestiques aux mânes du foyer, et les cinq grandes offrandes à Dieu, à l'aide du feu consacré, dit feu nuptial K
« Le feu qui n'est pas employé aux sacrifices, mais seulement à la cuisson des aliments, ne porte pas bonheur.
c Le père de famille a cinq instruments de destruction pour les petits minimaux : le foyer, la pierre à moudre les graines, le balai, le mortier, le pilon et la panelle à eau. Chaque fois qu'il s'est servi de ces instruments, il est obligé de se purifier des meurtres involontaires qu'il a commis ^.
C C'est pour cela que les saints maharchis ont ioistitué les cinq grandes offrandes que le maitre de maison doit accomplir tous les jours.
« La lecture et l'étude de la sainte Écriture est dite l'offrande duVéda.
« Les libations d'eau sont l'offrande aux pitris (mânes).
1. Le feu allnmé le jour da mariage ne doit plus 8*ëteindre. La garde en est confiée à la femme, qui est chargée de le conserver sous la cendre et de l'alimenter dans l'intervalle de» sacrifices et des repas. Il faut voir là un souvenir consacré par l'idée religieuse» du soin avec lequel les premiers hommes qui découvrirent le feu durent s'appliquer à conserver cette précieuse conquête.
t- Tout ce passage est moiivé par la croyance indoue à la préexistence des âmes et les doetrineâ de la métempsvcose.
« Le bearre liquide répanda dans le feu des sacrifices est TolTrande aux divioités.
c Le vin et tous les aliments dont use l'homme sont roiïrande que Ton offre aux esprits. L'hospitalité et Taumône sont rof* frande que l'on fait aux hommes.
« Ces cinq offrandes ont reçu le nom de : Ahoata, — Honta, — Prahoula, — Brahmy-Houta, — Prasita *.
c Le chef defomille qui ne n^lige jamais ces cinq oblations prescrites ne contracte aucune souillure par la mort des animalcules qu'il détruit sans le Touloir; celui qui ne les accoDH plit pas, abrège sa vie.
• Le chef de famille doit être exact à accomplir l'offirande de rÉcriture sainte, et l'offrande aux dieox, car c'est par la prière et les sacrifices que cet univers et tous les êtres qai r habitent sont soutenus.
• Lorsqu'il jette, selon le mode iHrescrit, le beurre clarifié dans le feu des sacrifices* Teau qui y est contenue à l'état de irapeor s*élève vers le soleil, du soleil elle redescend en plnie, de la pluie naissent les végétaux* et des vitaux les créatures*.
I, Ai« rjtfoa sas» ollttiide effiCtiT* par la adula kctane da Té la, -^ offrande»— excaUealt off)md«» — > aftuide cétalB^ — > oAude ite nptm «ox Toyageutt.
t. ConmeoiilaTQÎtparcef«s8afaatiMtalaétetRadeMaiKia,les iMorîM Manraltslta Mïd^nna s«r la fafiiw i pNfiteîvedeiéries paf
« L'enveloppe mortelle de tous les êtres animés ne vit que par le secours de l'air, Tâme ne vit que par le secours de la prière.
« Le brahme par la prière, les offrandes et les sacrifices, soutient les trois autres castes ; c'est pour cela quMl est le premier entre toutes les créatures.
c Celui qui veut acquérir au ciel une félicité éternelle doit vénérer le brahme, seigneur de toutes les créatures.
c II doit maîtriser ses sens ; les hommes qui n*ont pasd*empire sur leurs sens ne sont pas capables de remplir leurs devoirs.
« Les dieux, les saints, les mânes, les esprits et les hôles doivent recevoir les offrandes prescrites, celui qui ne les donne pas, ne connaît pas ses devoirs.
c On honore Swayambhouva, l*être existant par luimême, par la lecture du Yéda, les dieux par les offrandes au feu, les saints par des libations d*eau, les mânes par des services funéraires, les esprits par des offrandes de riz, les hommes par l'aumône.
Tcaa et les végétaux, oe sont pas nouvelles, l'Inde les a agitées des milliers d'années avaqt noas.
c Chaque joar, l'homme vertueax doit foire des offrandes de riz, de menu grain, d'eau, de lait, de caillé, de miel^ de fruits et de racines, afin de se rendre les esprits propices.
% L'homme vertueux des classes régénérées peut inviter un brahme aux offrandes qu'il fait aux saints, aux m&nes, et aux esprits, mais nul ne doit assister aux offrandes qu'il fait aux dieux.
Après avoir sacrifié aux dieux, le dwidja doit faire chaque matin par le feu domestique l'oblation au soleil, et chaque soir à la lune.
Qu'il offre aussi tous les jours le sacrifice à Dhanwantari^; à chaque phase de la lune, au ciel et à la terre, et au seigneur des créatures.
« Après avoir fait l'offrande de riz, de beurre clarifié, de miel et de lait, qu'il se tourne successivement du côté des quatre régions célestes et qu'il fasse l'oblation à Indra, Yama- Varouna et Couvera K
a Qu'il répande un peu de riz cuit sur le seuil de sa maison, en disant : adoration aux marouts (vents) ; dans l'eau en di-
i. Dhanw&ntari ou Tcharaka, le dieu de la médecine. 3. Esprits qui président aux quatre points cardinaux.
sant s adoration aux esprits des eaux; dans son mortier en disant : adoration aux esprits des forêts ^ .
« Qu'il fasse les mêmes oblations dans Tintérieur de sa demeure à Brabma lui-même, et aux quatre coins de sa chambre^ aux pieds et à la tête de son lit, aux esprits protecteurs du foyer.
c Qu'il jette dans les airs une poignée de riz grillé, comme un hommage à tous les dieux^ et qu'il fasse une oblation aux esprits du jour et de la nuit.
c Qu'il place à part, au dehors de sa maison, de la nourriture pour les chiens^ pour les corbeaux, pour les hommes sans caste, et ceux attaqués d'éléphantiasis ou de lèpre.
« Le brahme qui honore tous les dieux, tous les saints et tous les esprits, et qui se rend utile à tous les êtres, même aux plus impurs, monte au ciel sous une forme resplendissante.
t Après avoir accompli ses prières, les sacrifices et les obîations prescrites, qu'il distribue la nourriture à ses hôtes, et fasse l'aumône aux novices qui viennent la lui demander.
« Les offrandes faites aux dieux, aux mânes, aux saints et
I. Le mortier est Tinstrament de nécessité première de toute maison tlidouê ; il sert à décortiquer les grains de ris, et à pUer les menues graines du carry, base de la nourriture indigène.
aux esprits, par les ignorants ou les pervers ne portent pas de fruit, et le brahme qui accepte d'eux la nourriture, est obligé d'accomplir les cérémonies de la puriQcation.
« Quand un voyageur vient frapper à la porte d'une demeure, que le père de famille, d'après les usages prescrits, lui offre un siège, de l'eau pour se laver les pieds, et des ali-ments qu'il a préparés de son mieux.
« Du riz, des légumes, un lit pour se reposer, un visage aimable, de bonnes paroles, ne manquent jamais dans la demeure des hommes vertueux.
c Le père de famille ne doit pas traiter comme des hôtes ceux qui restent dans le même village que lui et qui viennent lui rendre visite par manière de passe-temps.
« Les gens qui vont sans cesse en visite à droite et à gauche, dans le but unique de se &ire inviter à partager le repas, après leur mort deviennent bestiaux de ceux qui leur ont donné des aliments.
Le père de famille ne doit jamais fermer sa porte aux étrangers qui viennent y frapper après le coucher du soleil.
c II ne faut pas dire à l'hôte qui se présente : tu arrives trop tard, il n'y a plus de nourriture à la maison, le feu dort sous la cendre.
c Celui qui répondra toujours ainsi, arrivera toujours trop tard pour franchir le seuil du swarga (ciel) et pénétrer dans la demeure céleste.
c Le père de famille ne doit prendre aucune nourriture sans en donner à son hôte. Honorer ceux que les esprits ont guidé vers votre demeure, est le meilleur moyen d'obtenir le bonheur en ce monde et dans l'autre.
ff Le lit^ la place, le siège que le père de famille offre à ses botes, les honneurs qu'il leur rend doivent être proportionnés au rang de chacun.
Si l'oblation aux dieux qui doit précéder chaque repas, est terminée quand un étranger se présente, qu'on le regoive et lui offre ce qui est prescrit, mais l'oblation ne doit pas être recommencée.
« Pour obtenir une place à un repas, un brahme ne doit pas se targuer de sa dignité , qu'il attende que le maître de maison lui rende les honneurs qui lui sont dus.
« Les hommes des trois classes inférieures à la sienne ne sont pas considérés comme des hôtes par le brahme; qu'il remplisse cependant à leur égard les devoirs de l'hospilalité de la mauière suivante :
202 LA GENÈSE DE L'HUHANlTi.
« Qu'il donne à manger à un xcbatria» après que les brahmes présents et toute sa famille sont rassasiés.
« Qu'il fasse manger un vaysia avec ses domestiques et un soudra sous la vérandah de sa maison.
« Avant d'offrir de la nourriture à ses hôtes, il doit servir auparavant les femmes nouvellement mariées, les jeunes filles, les malades et les femmes enceintes.
c Celui qui mange sans se conformer à cette règle servira lui-même de pâture aux chiens et aux vautours. Telle est la loi.
c Après avoir distribué la nourriture aux brahmes, aux hôtes et prélevé la part des domestiques, que le maître de maison et sa femme prennent leur repas.
« La nourriture que le chef de maison prépare pour liu seul, qu'il prend seul» se tourne en poison*
C Un roi, un brabme prêtre^ un novice qui vient d'achever ses étudeS) un directeur spirituel, un beau*père ou gendre, un oncle, doivent, quand ils viennent en visite» recevoir un pré* sent de lait caillé, de miel et de fruits.
TRADITIONS INDOUËS ET GHALDËENNES. 203
« Pendant la célébration du sacrifice, la même nourriture doit être offerte au brahme.
« Chaque mois, au renouvellement de la lune, le brahme doit offrir aux mânes les pindas consacrés — gâteaux de miel et de riz ^ et faire le repas funéraire que Ton appelle pindanwaharya.
a A ce festin mensuel en l'honneur des mânes, qui doit être composé d'aliments purs, je vous ferai connaître quels sont les gens qu'il faut inviter et les mets qu^il faut leur servir.
« Au repas funéraire que l'on offre aux saints, le père de famille doit inviter deux brahmes, et trois au repas funéraire qui a lieu en Thonneur de son père et de ses aïeux.
c Qu'il invite peu de monde, tout le bénéfice de la présence des brahmes serait détruit par une trop nombreuse assemblée.
« Mille prospérités sont assurées à celui qui, chaque mois, au moment prescrit, ne manque jamais d'accomplir les cérémonies et le repas en l'honneur des morts. •
« Tout ce qui a été consacré aux mânes et aux saints dans ]es cérémonies funéraires, doit être donné aux brahmes iu«
lOi LA GENÈSE DE L'HUMANITÉ.
vités; c'est le meilleur moyen de se rendre les dieux propices.
t On peut n'inviter qu'un seul brabme, instruit dans la sainte Écriture, et connaissant parfaitement le mode des oblalions aux saints et aux mânes.
c Les cérémonies accomplies par un brahme seul sont plus profitables que celles accomplies par une feule de gens ignorants des livres saints.
if *
€ Que celui qui désire offrir la cérémonie funéraire aux m&nes, choisisse un brahme qui a déjà parcouru une longue carrière, et qui a achevé Tétude du Véda.
a Cet homme est le plus digne d'offrir les oblations aux saints, aux mânes et aux esprits.
if •
« Dans un repas funéraire, donner de la nourriture à un seul brahme savant dans le Véda est plus méritoire que de nourrir un million d'hommes.
a Parmi les brabmes, les uns se consacrent spécialement à rétude des livres saints, d'autres à la science des sacriûces, d'autres aux austérités plus méritoires et à l'accomplissement de tous les actes pieux prescrits.
« Quelles que soient les occupations du brahme, dans l'or-
are qu'elles viennent d'être définies, tous peuvent présider à un repas funéraire et faire les oblations aux mânes.
« On ne doit pas prier un ami de venir faire les oblations au repas funéraire, Tamitié se prouve autrement. Seul le brahme qui n*est ni ami ni ennemi doit officier à la cérémonie.
« Celui dont les repas funéraires ne sont que des prétextes à des réunions d'amis ne reçoit ni en ce monde ni en Tautrela récompense de ses offrandes.
« L'homme qui ne se rend aux cérémonies et aux repas funéraires que pour y rencontrer ses connaissances et en faire de nouvelles sera exclu du séjour céleste.
« L'offrande funéraire qui n'est offerte à une nombreuse réunion que pour montrer la richesse et la libéralité de celui qui la donne a été appelé Paisàtchi par les sages -^ qui ne porte pas de fruits.
« Ainsi que le liboureut qui jette sa semence dans une terré liride et stérile n'en retire absolument rien, de même celui qui emploie, potir faire les offrandes de beurre clarifié, un brahme ignorant, n'en retire aucun avantage.
c Mais ce qui est offert, selon les prescriptions de la loi, par un homme versé dans la science sacrée, produit des fruits
tOa LA GENÈSE DEL'HUHANITâ.
en ce monde et dans l'autre pour la famille qui fait offrir et les brahmes qui accomplissent le sacrifice.
c S'il n'y a pas de brahme à proximité de sa demeure^ pour accomplir la cérémonie funéraire, on peut inviter un ami versé dans rÉcriture, mais jamais un ennemi» quelle que soit sa science, l'oblation des gâteaux sacrés mangés par un ennemi pendant le sacrifice n'est d'aucun avantage ni sur la terre ni au swarga — ciel.
« On peut convier à la cérémonie funéraire un brahme profondément versé dans le Rig^Yéda, un autre dans VYadjour^ Védaiixn autre dans le «Sama-Fécfa, unquatrièmedansril//iarva- Véda. Mais la présence et les prières d'un seul brahme connaissant à fond un de ces livres suffisent pour ouvrir le séjour des bienheureux à sept ancêtres dans la branche paternelle et maternelle.
« Telle est la condition nécessaire de toute cérémonie funéraire. Après l'invitation faite aux brahmes, on peut inviter au sacrifice tous ses parents dans les lignes ascendante et des^ cendante, et dans la ligne collatérale jusqu'aux cousins seulement.
« Il peut aussi inviter au srâddha le chapelain de son aïeut paternel eu màlernel, ou le prêtre qui offre les sacrifices pour lui.
< Tous les brahmes peuvent offrir les sacrifices aux dieuXi filais le sacrifice aux mânes des ancêtres qui attendent la çvl*
liaiÉÉiHiiiBMiiiiÉMlMiÉiÉiiiiH
TRADITIONS INDOUËS ET GHALDËENNES. 207
rification dans les cieax inférieurs ne peut être offert que par un brabme très-pur lui^-niôme.
« Les brabmes qui se sont rendus coupables de vols ou de grands crimes, ceux qui professent Talbéisine et le matérialisme ne doivent être priés à aucune cérémonie.
« Ceux qui n'ont point passé par le noviciat, qui ont négligé //^ * f^^ rÉlude de rÉcriture sainte» ceux qui ont été circoncis et qui ^ se trouvent ainsi rejetis dans la classe impure des tchandor las. Ceux qui font métier de sacrifier pour les soudras, ceux qui ne peuvent lire que de droite à gauche^ ne doivent pas êlre priés aux cérémonies funéraires.
a Les charlatans, les prêtres qui adorent des idoles, ceux qui débitent de la viande bors les cas prescrits pour les sacrifices, tous ceux qui vivent d'un commerce infâme doivent être exclus de toute cérémonie.
« Les valets de ville, les lépreux , ceux qui sont frappés d'éléphantiasis, le brabme qui n'entretient plus le feu sacré, celui qui vit ùx prêt à usure.
c Le frère marié avant son aîné, ceux qui castrent les bestiaux, le brabme qui n'accomplit pas cbaque jour les cinqoblations, celui qui vit au dépens des autres.
• Les danseurs de profession, celui qui viole son voeu de
chasteté, le mari infidèle, celai qai épouse une femme de la caste servile, celui qui vit de Tinconduite de sa femme et de
sa ûUe.
< Ceux qui n'enseignent la sainte Écriture que moyennant salaire, les soudras, l'enfant adultérin, celui qui quitte son père ou sa mère, qui s'allie à des gens de mauvaise réputation.
c L'incendiaire, l'empoisonneur, le meurtrier, ceux qui mangent de la nourriture impure, les faux humains, les marchands de liqueurs fortes, les courtisans, les adulateurs de la puissance.
« Le fils qui ne respecte pas son père, celui qui tient uno maison de jeux de hasard, celui qui trompe son ami.
t L'épileptique, l'homme afiligé de maladies honteuses, les astrologues et sorciers ambulants, ceux qui font battre des oi^ seaux, les dompteurs d'animaux féroces, les maîtres d'armes.
t Celui qui détourne le cours des ruisseaux pour nuire à là récolte de ses voisins, les espions.
c Les dresseurs de faucons pour la chasse, celui qui a séduit une jeune fille, le brahme qui fréquente des soudras, le prêtre qui sacrifie à des divinités cruelles, celui qui adore des dieux incooDuSi
TRADITIONS INDOUËS ET GHÂLDÊENNES. 909
« Celui qui n'a pas de bonnes mœurs, qui ne se conforme pas aux usages établis, qui se joue de sa parole, la donnant à tout propos sans la tenir, ceux qui portent les morts au bûcher.
« Tous ces hommes qui ne sauraient être reçus dans la société des gens de bien, doivent être soigneusement éloignés des cérémonies funéraires que leur seule présence pourrait souiller.
« II ne faut, à ces cérémonies destinées à purifier les mânes de leurs dernières souillures, et à leur ouvrir le swarga, que des gens purs.
c Écoutez : ce qui résulte de l'admission des hommes impurs aux sacrifices aux dieux, aux offrandes et oblations aux saints, et aux cérémonies funéraires en l'honneur des mânes.
t Tous ces sacrifices, oblations, offrandes, cérémonies sont repoussés par les dieux et les saints et ne profitent pas aux mânes, pour le salut desquels ils sont offerts ; ils tournent au profit des rakchasas — démons.
« Le frère cadet qui accomplit la cérémonie nuptiale alors que son aîné n'est pas marié, descend droit au naraca — enfer — après sa mort.
« La jeune fille qui s'est mariée ainsi, sachant que le frère
W LA GEIfÈSE DE L'HUMANITÉ.
aîné n'était pas marié, le père qui l'a donnée, le prêtre qui a célébré la cérémonie, ont tous trois le môme sort.
« Celui qui, remarié avec la veuve de son frère pour procurer au mort un ûls qui puisse accomplir sur sa tombe les cérémonies funéraires, et qui ne songe qu'à assouvir ses passions va au naraca *^ enfer,
c L'enfant adultérin, né pendant la vie du mari de sa mère ou après sa mort, détruit par a& présence tout Teffet des cérémonies funéraires.
< Lorsqu^un homme des classes honnêtes donne une cérémonie funéraire et qu'il laisse s'y introduire des gens de peu, pour la satisfaction de leur curiositéi tout le mérite de la cérémonie est détruit.
C Le brahme officiant qui dans les cérémonies ne tient pas compte de ces recommandations et, moyennant salaire, laisse s'y introduire des gens qui ne doivent pa^ y assister, se détruit lui-même aussi sûrement qu'un vase de terre non cuile se dé<* truit quand on le plonge dans l'eau.
« Toute nourriture céleste ^ qui a été d'abord offerte aux dieui^ et que le prêtre présente mx gens déclaras inadmissibles, au lieu de leur préparer l'entrée 4^ swarga — ciel «— se change en ordure.
i. Cette cérémonie où la nourriture céleste eat dûtribuée aux assUtants eftt l'ancêtre 4e U coauuunUm catholique.
TRADITIONS INDOUBS ET CUALDÊENNES. SU
« Écoutez maintenant quels sont les moyens par lesquels les brahmes officiants, ainsi que les réunions funéraires, peuvent être puiri^ de la présence des personnes inadmissibles.
« Tous les brahmes parfaitement versés dans l'Écriture sninte, dans les commentaires des livres saints et qui appartiennent à une famille de théologiens fameux effacent toutes les souillures d'une réunion.
c Le brahme, qui a consacré sa vie à Pétude du Yadjour* Yéda. Celui qui entretient les cinq feux et offre chaque jour les oblations prescrites.
if ¥
C Celui qui connaît tous les hymnes du Rig-Véda et les six commentaires sacrés. Geld qui s'est marié suivant le mode de Brahma.
C Celui qui est capable de commenter toutes les parties obscures de Y Alharva-Yèda ; le bramatchari qui, en terminant son noviciat, a offert mille vaches pour les sacrifices; l'homme âgé de cent ans effacent par le^ seule présence toutes les souillures d'une réunion.
« Pour que ni la présence ni le mauvais œU des personnes qui ne sont pas dignes d'assister aux cérémonies mortuaires ne puissent les souiller, que le maître de piaison ait soin d'inyi*
ter un de ces trois hommes, oa tous les trois ensemblei en les priant d'une manière honnête.
< Les mânes des ancêtres accompagnent de tels brahmes conviés. Sous une forme aérienne, ils les suivent et prennent place à côté d'eux quand ils s'asseyent
< Le brahme invité à un srâddha et qui profite de Tobscurité du lieu de réunion pour assouvir sa passion sur une femme soudra, ou toute autre suivante de la maison^ négligeant ainsi Taccomplissement du plus sacré des devoirs, la purification des mânes, se charge par ce fait de toutes les fautes que tous les assistants ont commises depuis leur naissance^ et renaîtra dans le corps d'un porc.
« Sachez que les pitris qui sont les ancêtres des mânes et des hommes sont nés des dieux ; ils doivent être spécialement honorés.
« De Brahma , aux trois visages, sont issus les dieux supérieurs ; des dieux les dévas, des dévas les saints, et des saints les mânes qui forment les tribus des pitris.
c Les mânes sont les âmes des hommes revêtues d'un corps aérien, et qui remontent, après leur mort, par les purifications et les austérités de leur ûls, jusqa*au séjour céleste.
t Les somapas sont les mânes des brahmes.
na^i^hBii*
« Les havicbmats sont les mâDes des xchâtrias. « Lesadjyapasdes vaysias; les soucalis des soudras.
a Les aguibagdhas^ les canias, les barbichads, les aguicbwatlas et les tomyas sont les màaes ancêtres des brahmes.
t L'ablution de l'eau pure et du feu est ce qu'il y a de plus agréable à Brabma. L'avrita composée des cinq substances est l'offrande des dieux.
« Le riz, les menus grains, les herbes vertes sont les offrandes agréables aux saints.
c Les cérémonies funéraires sont agréables aux mânes revêtus d'un corps aérien.
« Tout sacrifice à Brabma, aux dieux, aux saints, aux mânes doit être précédé des formules magiques de VAtharva — pour chasser les mauvais esprits qui sans cela bouleversent les sacrifices.
t Toute cérémonie funéraire doit commencer par une offrande aux dieux et se terminer de même ; celui qui n'agit pas ainsi perd le mérite de son sacrifice et prépare la perte de sa race *.
« Que le sacrifice funéraire se fasse sur une surface plane
1. Leurs mânes ne pourront jamais se purifier et arriver au swarga.
su LA GENÈSE DE L'HUMANITÉ.
purifiée avec de la iiente de vache, iH uu peu inclinée vers le midi, qui eat la demeure de Yama» régeni des màoes.
« Les mrîlleurd lieux pour offHr le sacrifice de purification des mânes sont les clairières des forêts silencieuses, les bords des rivières dans les endroits déserts.
« Les carrefours où aboutissent quatre chemins dans an lieu écarté et la nuit sont aussi un endroit propice*
f Les brahmes officiants, après avoir fait leurs ablutions selon le mode prescrit, doivent être placés selon leur rang el leur âge, par le maître de maison, sur des sièges couverts de cousa.
c Après une invocation préalable aux dieux, que les invités soient couronnés et parés de guirlandes odoriférantes, et qu'on leur verse sur les pieds, sur les mains et sur la tête, des parfums.
« Puis, chacun des assistants ayant reçu dans les mn^m «o peu d'eau, de l'herbe cousa, et un peu de grains de iiz,de mil et de sésame, les saints brahmes font ToiTrande au feu sacré .
c Après rinvocatiou à Frahma et le sacrifice du feu expiaoire, une offrande de beurre clarifié doit être offerte à Agni, à Somaetà Yama.
C Si celui qu* tire le sacrifice, n'a pas de feu sacré, n'étant
pas encore marié ou étant veuf, qu'il verse son ofTrande de beurre clarifié dans les mainB d'un brahme* Les mains d'an brahme sont aussi pures que le feu^.
« Les brahmes de la race primitive « au visage calme et exempt de colère, à la conscience toujours pure qui travaille au perfectionnement progressif du genre humain , sont les véritables sacrificateurs des cérémonies funéraires , et les purificateurs des mânes des ancêtres. Ainsi Tont reconnu les sages.
« Après avoir fait le tour du feu selon le mode prescrit, que le brabme officiant répande avec la main des sacriGces l'eau des libations sur la flamme ; l'eau qui s'élève en vapeurs au milieu des prières purifie les âmes des ancêtres, puis retombant en pluie donne naissance aux végétaux et aux animaux.
c Puis ayant fait trois gâteaux avec du riz, du safran et du beurre clarifié, qu'il fasse Tofifrande à celui qui eodste par luimême et répande sur eux quelques gouttes d'eau lustrale, le visage tourné vers le midi.
c Et faisant Toblation aux quatre points de la terre qu'il mange une portion de ces gâteaux et partage ensuite le restant de cette nourriture sanctifiée aux assistants, en commen-
i. La femme mariée allnmait le feu sacré en entrant TÎerge dans la demeure de son époux, et ce feu ne devait plus s'éteind.e qu'à sa mort. Le veuf n'avait pas le droU de conserver du fen sacié chez lui.
iiG LA GENËSB DE L'HUMANITÉ.
çant par les brahmes présents, le chef de la maisoB, ses parents et les vieillards^ en disant :
c Que cette nourriture sanctifiée purifie vos corps, et que les prières pures que vous prononcerez après ouvrent le svarga — ^ ciel — aux mânes des ancêtres.
c Que le chef de la maison et ses parents, après avoir fait une oblation, et mangé l'offrande céleste, appellent par leurs noms tous leurs ancêtres morts depuis l'aïeul de leur aïeul, et continuent par les noms de leurs descendants décédés.
ff Alors ile repas funéraire du sràddha peut commencer, et le brahme officiant peut répandre sur les mains des saints brahmes et des assistants l'eau lustrale.
c Qu'il apporte d'abord le vase de riz cuit dans un vase de terre neuf et le place au milieu des assistants en prononçant avec recueillement les paroles de la purification.
c La nourriture que l'on sert sans prononcer ces pandes devient sur-le-champ la proie des mauvais génies.
c Qu*il place à côté du riz avec soin tout ce qui doit être mangé avec, les sauces, les légumes, le lait, le caillé, le beurre clarifié, le miel, les confitures, les fruits, les racines odorantes et les boissons parfumées.
TRADITIONS INDOUES ET GIIÂLDÉENNES. tl7
« Qu'il prélève alors sur ces mets la part du voyageur, et qu'il la dépose sur le seuil extérieur de la maison » et la part des femmes.
< Et qu'il distribue le restant à tous les assistants en commençant par le vieillard qui a dépassé sa dixième décade — cent ans — puis par les brahmes et les parents qui font offrir le srâddha aux mânes.
c Pendant que chacun mange avec recueillement^ 'qu'il explique les passages mystérieux de la sainte Écriture « sur rimmortalité de Tâme et l'Être suprême, c'est par là que les mânes sont purifiés.
« Parla lecture du Véda, de ce code de lois, le récit des actions des saints illustres, le chant des poëmes héroïques et des lés;endes primitives, les mânes sont purifiés.
c Que tous les assistants écoutent aVec recueillement en mangeant les mets qui doivent être servis très-chaud; pendant ce repas , les mânes absorbent les prières du Véda et cette nonrriture les purifie.
< Que nul ne s'avise pendant le repas de déclarer la qualité des mets, quand bien même il en serait prié par le maître de la maison.
« Ce qui serait mangé en causant, en riant, en racontant
S18 LA GENÈSE DE L'HVMàNITÉ.
des histoires mondaines ne profiterait qu'aux rakchasas — démons.
« Il faut veiller avec soin à ce que les animaux domestiques, tels que les chiens, les coqs, les porcs, ne pénètrent pas dans le lieu du repas, et qu'un impur tchandala i, un eunuque ou une femme fatiguée par ses afTections mensuelles ' ne puissent jeter un regard sur les mets préparés.
n Un brahme,' un mendiant, un voyageur peuvent entrer dans la maison ou le lieu où se donne le repas funéraire, à n'importe quel moment; ils doivent être admis et être bien traités.
c A la fin du repas, le brahme ofiiciant doit délayer un peu de chaque mets dans Teau lustrale et le répandre sur l'herbe sacrée du cousa, c'est la part des enfants morts avant rinitiation 3; par cette cérémonie, leurs mânes sont purifiés et peuvent entrer au swarga.
c Ce qui reste du repas funéraire a été décidé par les sages 6tre la part des serviteurs honnêtes et fidèles.
C Le srâddha fait pour le repas funéraire d'un brahme ne
i. Homme sans caShO — paria..
2. La femme en cet état est considérée comme impure dans l'Inde. Tout l'Orieut a partagé cette croyance.
3. Rappelons-nous que l'initiation commence par la cérémonie de i*ondolemeiiA ou baptôme.
TRADITIONS INbOtJES ET CHALDÉENNES. «lî>
doit pas contenir de sacrifice aux dieux ni aux saints, il doit être consacré un seul gâteau, et fait une seule offrande, h l'Être suprême, à la grande Cause Universelle^ et ainsi ce sràddha a reçu le nom de Ekodichta — offert à un eeuL
<r Que tous les ans» au jour anniversaire dé sa mort» le fflràddha solennel soit offert par le fils aîné du dwidja.
c Celui qui donne les restes d'un repas funéraire à un impur soudra, est précipité laprès sa mort dans la région de Tenfer appelée Calasoutra — • séjour des animaux venimeux*
f Celui qui au sortir d'une cérémonie funéraire partage la tSouche d'une femme, renaîtra ver dans les excréments d'une femme.
« Le repas terminé, que le maître de la maison adresse la question d'usage : Êtes-vous rassasiés; puis, après leur avoir fait servir Teau pour les ablutions de la bouche, qu'il leur dise : Vous pouvez, si vous le désirez, vous reposer ici.-
M. If
€ Après avoir accompagné les saints brahmes jusqu'au milieu du chemin, et les autres convives jusqu'au seuil de la porte seulement , le maître de la maison , après avoir de nouveau fait ses ablutions, doit se tourner du côté de l'Orient et dire :
« Que notre famille croisse par le nombre de ses membres.
« qu'elle s*élève par la générosité, la vertu et la fidélité aux « dogmes et aux vérités révélées. Que la foi ne nous abandonne c jamais, que la charité guide nos actions envers nos semblac ble3, que nos richesses soient inépuisables pour l'aumône.
c Et en même temps les mânes des ancêtres disent : Que € notre famille restée sur la terre croisse par le nombre de « ses membres, qu'elle s'élève par la générosité, la vertu et « la fidélité aux vérités révélées. Et que nos fils et les des- « cendants de nos fils ne manquent jamais de nous offrir du c riz bouilli dans du lait, du miel et du beurre clarifié, le « treizième jour de la lune, à l'heure où Tombre de l'éléphant
c tombe à l'est.
« Toute oblation faite par un fils dont le coeur est pu», d'après les règles prescrites, puriûe les âmes de ses ancêtres et leur procure dans l'autre monde un bonheur éternel.
c Dans la quinzaine de décroissance lunaire, le dixième jour et les suivants, à l'exception du quatorzième , sont les jours favorables pour les cérémonies funéraires, le meilleur est le
treizième.
« Le fils aîné qui fait le srâddha dans les jours pairs de la lune^ purifie ses ancêtres jusqu'à Taïeul de son aïeul, et obtient Taccomplissement de ses prières.
« if < Mais celui qui accomplit la cérémonie funéraire les jours
TRADITIONS INDOUES ET GHALDËENNES. SSl
impairs de la lune, obtient des dieux la purification des mânes de tous ses ancêtres aussi éloignés qu'ils soient, «t obtient pour lui-môme la récompense future.
c Les nombres impairs sont les chiffres des dieux. Un est le chiffre de Swayambhouva, l'Être suprême. Trois est le chiffre de la trimourti — trinité — contenue dans le mystérieux monosyllabe auml Sept, neuf, treize, dix-sept^ vingt et un, vingt-sept, et ainsi, aussi loin que l'on compterait dans l'éternité des temps , représentent les qualités et les forces créatrices des dieux i.
« Sept représente les sept cieux , les sept vallées sacrées , les sept villes célestes, les sept planètes.
€ Neuf représente les neuf vierges célestes qui président aux chants, à la poésie, à l'éloquence, à la danse sacrée, aux conjurations magiques, aux astres, aux récits héroïques, à la théologie et aux cérémonies funéraires.
t La quinzaine de décroissance de la lune est préférable à la quinzaine de croissance, pour les cérémonies funéraires.
€ Toute la cérémonie du sràddha doit être accomplie par un brahme versé dans les rites funéraires, le cordon sacré sur
Oo connaît Tadage laUn : Numéro Deu$ impare gcmdêL
m LA GENËS6 DE L'HUMÂNITA.
répaule droite^ ayaot à la main uae tige de coasa, et ae pro^ oaat aucun repos.
a Que Toblation aux dieux et aux mânes ait toujours lieu avec la main droite, la seule qui soit destinée aux sacrifices.
« Seul un brahme qui a dépassé sa huitième décade '^ quatre-vingts ans -* peut offrir le sacrifice funéraire à toute heure du jour et de la nuit, en tous lieux^ dans les maisons el dans la profondeur des bois, s'il est arrivé à cet Age dans Té-* tude du Védà, la prière et les austérités méritoires.
« Les autres qui n'ont pas encore «ttrint ce degré de pureté, ne doivent jamais faire le sràddha la nuit, car, à ca moment, les cieux inférieurs et la terre sont peuplés de mauvais esprits, qui s'emploient à tourmenter les saints ermites et à aoiMAler TeSet des cérémonies funéraires»
< Le père de famille doit trois fois Tan convier les sainta brabmes pour accomplir les cérémonies funéraires pendant la saison chaude, pendant la saison froide et pendant la saison humide, avec le repas funèbre et les rites prescrits,
< Mais qu'il n'oublie pas, chaque jour, de faire le sràddha journalier qui fait partie des cinq oblations.
« L'oblation en l'honneur des m&nes doit toujours se faire
TRADITIONS INDOUËS £T CHALBl^ËNNËS. MS
dans le feu consacré. Le srâddba meûsuel des brabmea doit avoir lieu le premier jour de la lune.
c Le grand sràddba, offert chaque année par les brahmes^ pour la purification de toutes les âmes des mânes qui ont quitté cette terre, d(Ht avoir lieu à la fin de la première quinzaine de mârgasircba K
c Que chaque jour, en accomplissant le sacrifice solennel» les brahmes fassent une libation d'eau en Tbonneur des mânes ; chaque oblation faite aveo le cœur pur profite aux ancêtres.
c Mos pères ont reçn des sages le nom de vasous, nos ancêtres celui d'adityas, et les ancêtres de nos ancêtres celui de rutas*.
« L'homme des classes régénérées qui veut rester pur et préparer sa place au swarga doit manger les restes de la nourriture sacrée, offerte par les saints brahmes, pendant le sacrifice aux dieux '.
c Telles sont les règles que doivent suivre les pères de fa*
mille pour les sacrifices aux dieux, les offrandes aux saints,
les cérémonies funéraires aux mânes et les cinq oblations
îonrnalières. »
(Manou, liv. ÏÏL)