‹ La genèse de l'humanité parChapitre 19 sur 42 · Toujours la communion · texte numérisé non relu

Toujours la communion

Tout ce passage da vieux législateur de llndouslan relatif au mariage, aux sacrifices et aux cérémouies funéraires, est à commenter sloca par sloca, mot par mot. Il n'est pas uae seule de nos coutumes qui n'y retrouve son origine, pas une seule des théories chrétiennes sur les sacrements, les sacrifices et la purification des âmes des ancêtres, par les offrandes «t la prière, qui ne soit une émanation directe du culte brahmanique.

L'homme doit passer par les trois états de brahmatchari, ou dMtudiant, de dwidja^ ou homme régénéré, né à la science et maître de maison, et de vânaprastha, ou habitant de la forêt, purifiant ses derniers jours par la prière et les austérités méritoires. Nous avons hâte de faire connaître à nos lecteurs ce dernier état, celui de cénobite, afin de pouvoir, dans une revue d'ensemble, caractériser cette réglementation religieuse et civile, qui prenait Thomme pour ainsi dire dans le sein de sa mère^ pour le conduire par delà le tombeau jusqu'au swarga, où il s'absorbait dans le Grand Tout et jouissait d'une éternelle félicité.

Nous démontrerons que la superstition religieuse ne fut pour rien dans l'édification de ce système; et que toutes les religions postérieures nées dans le monde de ces croyances primitives, oublieuses des traditions scientifiques dont elles étaient des émanations allégoriques^ ont remplacé le Grand Tout, le Germe primordial, Swayambhouva, l'Être existant par lui-même, et les forces qu'il met en mouvement pour le perfectionnement des êtres créés qui sont sa propre substance^ par des dieux et des démons irrascibles, vengeurs, ridicules inventions sacerdotales dont la liquidation dure encore...

tt Dieu est le Germe primordial, le Grand Tout existant par lui-même... »

(Manou, lib. I, sloca 6 et 7.)

c Le premier germe de la vie s'est développé par l'eau et \

la chaleur...»

(Manou, lib. I, sloca 8.)

€ De Teau sont nés les végétaux» et des végétaux sont nés

les animaux... »

(Manou, lib. III, sloca 76.)

« Les êtres acquièrent les qualités de ceux qui les précèdent, de telle sorte que plus un être est éloigné dans la série

et plus il a de qualités... »

{Manou, liv. I, sloca 20.)

Telle est, d'après Manou, la genèse du monde et des créa-' tares.

Le prêtre et le savant, ce qui fut tout un à cette époque, ce qui est encore tout un de nos jours, par l'orgueil de caste, l'intolérance et l'horreur des idées nouvelles, peu à peu déifièrent les éléments, plongèrent le peuple dans les superstitions les plus singulières, donnèrent naissance à tous ces panthéons anciens, devant lesquels s'agenouillèrent la plèbe et Tesclave... Mais l'homme avait conçu, dès le début, Tidée d'une force unique, maîtresse et directrice suprême de l'universalité des êtres. Il l'avait conçue en développant les notions qu'il trouve dans sa propre nature. Et il n'a jamais adoré, nous le démontrerons par les preuves les plus irréfutables, ni la pierre, ni le bois, ni les légumes, ni les animaux. Il n'a jamais été fétichiste, il n'a été polythéiste qu'en vertu d'un jeu de mots. Il a toujours été monothéiste, parce qué^ dans tous les temps et sous toutes les latitudes, la conscience, en même temps qu'elle lui donnait la certitude de sa propre existence, lui donnait la uotion d'un être supérieur, loi suprême de tout ce qui existe.

La science franco-allemande prétend faire du nouveau en rééditant à dix à douze mille ans de distance le scepticisme

m LA GENÈSE DE L'HUMANITË,

naturaliste de Kapila... ne voit que des forces physiques dans la nature, et fait naître le droit de la force brutale et le bien de la sociologie, repousse toute conception de TÊtre suprême chez Thomme primitif, et le courbe plein d'e£&*oi devant les orages et les bêtes féroces qu'il regarde^ suivant elle, comme des dieux.,.

Nous verrons ses preuves.

Nous donnerons les nôtres.

Le débat a plus d'intérêt qu'on ne pourrait le croire, * S'il n'y a sur la terre que des luttes de forces physiques, les assassins et les voleurs ne sont que des hommes politiques et des conquérants qui n'ont pas réussi... Cartouche et Lacenaire avec cent mille hommes auraient eu le droit pour eux.,, le bien serait la réussite!...

Les champions de pareille doctrine ont beau crier sur les toits qu'ils nous apportent une nouveauté, qu'ils ont découvert la véritable science 1...

J'ai trouvé leur nouveauté dans la poussière des pagodes de l'Inde et des temples de l'Egypte, et quant à la véritable science, elle ne séparera jamais les forces morales des forces physiaues, pour interdire l'étude des unes ou des autres.

La théologie scolastique faisait peu de cas des forces pby-* siques.

Les naturalistes franco-allemands nient les forces morales c'est dans l'ordre.

A une exagération spiritualiste on répond par une exagération matérialiste. Mais ce n'est pas ainsi qu'on fera la véritable science de l'homme ; entre le prêtre qui ne voit que l'àme, et le médecin qui ne voit que Tenveioppe qu'il déchiquette avec son scalpel, je ne fais aucune différence.

La vérité n'est d'aucun côté dans les opinions extrêmes, et tous les raisonnements prétendus scientifiques n'empêcheront pas qu'il n'y ait dans l'ensemble de notre être des phénomènes

TRADITIONS INDOUES £T GHALDËENNES. 227

de sensation physique et de perception intellectuelle, et que l'homme ne possède en dehors de toute convention sociale le sentiment du juste et du bien.

Étudions, caractérisons ces doubles phénomènes, sans avoir ni d'un côté ni de l'autre la prétention de dire le dernier mot, d'asseoir une science définitive.

Le jour où l'homme aurait surpris tous les secrets de son existence, nous pourrions dire en retournant la pensée du poète ; que k Dku tombé a regagné les d/eva.

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