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CHAPITRE VIII

Ik GBNiSS SACERDOTALE.

Nous pourrions multiplier les citations de ces légendes poétiques de rinde ancienne, sur les primitives traditions génésiques, car la vieille contrée brahmanique n'a pas qu'une Bible informe pour tout legs de son antiquité, comme les popii* lations prétendues sémites; elles varieraient peu dans leur esprit^ et quoi que l'on fasse on sera bien obligé de reconnaître que les traditions chaldéennes et hébraïques sur le môme sujet sont tirées des conceptions indoues.

A côté de ces inventions poétiques^ le prêtre brahme qui avait besoin de consolider sa domination en la faisant remonter jusqu'à Dieu a placé une autre légende.

Voici cette genèse singulière qui, pour des siècles, créa dans le monde le droit divin du prêtre et du roi, les castes et l'esclavage.

La création est accomplie :

c Pour la propagation de la race humaine, de sa bouche^ de son bras^ de sa cuisse, de son pied, le souverain maître produisit le brahme^ le xchatria, le vaysia et le soudra.

c Pour la conservation de cette création entière, l'être souverainement glorieux assigna des occupations différentes à

ceux qu'il avait produits de sa bouche, de ses bras, de sa cuisse et de ses pieds.

« n doDûa eu partage aux brahmes l'étude et renseignement des écritures sacrées, raccom plissement du sacrifice, la direction des sacrifices offerts par d'autres, le droit de donner et celui de recevoir.

« Il imposa pour devoir aux xchatrias de protéger le peuple, d'exercer la charité, de faire la guerre, d'étudier les livres saints sous la direction des brahmes, et de ne pas abuser des plaisirs des sens.

« Soigner les bestiaux, donner l'aumône, sacrifier, étudier les livres saints^ faire le commerce, prêter à intérêt, labourer la terre, sont des fonctions allouées au vaysia.

Mais le souverain maître n'assigne aux soudras qu'un seul office, celui de servir tes classes précédentes sans déprécier leurs mérites.

c Par son origine qu'il tire du membre le plus noble, parce qu'il est né le premier, parce qu'il possède la sainte Ecriture, le brahme est, de droit, seigneur de toute la création.

« Tout ce que le monde renferme est la propriété du brahme ; par primogéniture et sa naissance éminente, il a droit à tout ce qui existe. .

« Le brahme ne mange que ce qui lui appartient, ne regoit comme vêtement que ce qui est déjà à lui; en faisant Taumône avec la chose d^autrui, il ne donne que ce qui lui appartient» C'est par la générosité des brahmes que les autres hommes jouissent des biens de ce monde. » (Manou.)

De môme que la genèse poétique de Tlnde fut adoptée par toutes les traditions religieuses de l'antiquité, de mâme la genèse sacerdotale fut copiée par tous les législateurs andeoSi qui virent là un admirable moyea de despotisme.

Chez les Égyptiens, la loi assignait à chacun sa condîtioo qui se perpétuait de père en fils; on ne pouvait avoir deux professions ni en changer ; chaque tribu avait un quartier désigné pour son domicile particulier, et les personnes d'une autre caste ne pouvaient s'y établir. Les castes sacerdotales et mili-* taires jouissaient de grands privilèges qui se perpétuaient et se transmettaient de père en fils« et la seule différence que Ton puisse signaler entre les Indous et les Égyptiens, consistait en ce que, chez ces derniers^ toutes les castes, toutes les professions étaient honorées, tous les métiers, jusqu'aux plus bas^ n'avaient rien d'avilissant, ce que nous savons de leur histoire nous le fait du moins présumer ainsi; tandis que chez les Indous, il existe des professions et des métiers auxquels les préjugés du pays avaient peu à peu attaché un tel opprobre, que ceux qui les exerçaient étaient universellement méprisés par les castes qui avaient en partage des fonctions plus relevées dans l'opinion publique.

Nous devons croire cependant qu'il n'en était pas ainsi dans la haute antiquité, d'après le sloca de Manou que nous venons de citer :

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« Mais le souverain maître n'assigne aux soudras qu'un seul office, celui de servir les autres classes, sans déprécier leurs mérites. »

Cécrops avait divisé le peuple d'Athènes en quatre tribus ou castes, et le législateur Solon eut égard à cette division et la confirma dans ses lois,

Numa Pompilius divisa également les Sabins et les Romains en plusieurs castes.

Les Chaldéens avaient transporté en Babylonle les quatre castes de la mère-patrie, et ces divisions s*observent encore en Tartane chez tous les peuples de TAsie centrale. Quelle preuve plus frappante pourrait-on donner de la filiation indoue de tous ces peuples, que de montrer que toutes leurs traditions religieuses et civiles se rattachent étroitement h l'Inde !

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