‹ La genèse de l'idée de temps [microform]Chapitre 18 sur 28 · Ibid., Bd. II, Heft, 4, s · texte numérisé non relu

Ibid., Bd. II, Heft, 4, s

tion musculaire. Stevens ne propose lui-même aucune explication des résultats qu'il a consignés. Peut-être, la volonté de reproduire et le mouvement reproducteur étant les choses les plus importantes dans ses expériences, arrivera-t-on à ce résultat : quand l'intervalle h reproduire est au-dessous du point d'indifférence, on a beau se le représenter d'abord plus long qu'il n'est, on s'aperçoit qu'il est rapide et on s'imprime à soi-même, dans la reproduction motrice, une vitesse ayant pour but de ne pas rester au-dessous du type. Cette vitesse aboutit à raccourcir encore les intervalles déjà courts. Au contraire, quand l'intervalle de temps est au-dessus du point d'indifférence, il paraît long malgré le raccourcissement que l'imagination en fait malgré elle, et la volonté imprime un mouvement lent, un mouvement contenu, par peur de trop précipiter. 11 en résulte un ralentissement final des intervalles déjà lents. Le musicien auquel le métronome indique un mouvement rapide tend à le presser encore par peur de rester au-dessous ; si le métronome lui indique un mouvement lent, il le ralentit encore par crainte d'aller trop vite. Telle est l'explication que nous proposerions des divergences signalées entre les expérimentateurs.

Selon Estel, nos représentations de temps, comme les autres sensations et représentations, sont influencées par les impressions passées appartenant au domaine d'un même sens. Un temps qui a été court, par exemple, dans le domaine de Touïe, fait paraître le suivant plus court*.

L'influence de l'attente sur la durée apparente est bien connue.* Si l'attente paraît Iongue, c'est qu'elle est une série de déceptions, de pas encore. Notre désir^ en se joignant à la représentation de l'objet attendu, — l'arrivée de celle qu'on aime, par exemple, — tend à nous figurer le futur comme présent, et comme nous voudrions qu'il se réalisât tout de suite, nous sautons à pieds joints sur les intermédiaires, nous nous figurons la distance franchie; conséqucmment, nous la voulons et nous la concevons plus courte qu'elle ne peut l'être ou ne doit l'être. De là les interminables quand? Par comparaison avec le temps idéal et idéalement précipité, le temps réel nous paraît se traîner d'une façon désespérante.

Quand l'attente a pris fin, les uns disent (avec Wundt) que le temps qui leur avait paru si long se raccourcit tout d'un coup par

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