‹ La genèse de la Bataille de la MarneChapitre 16 sur 30 · LA GE^IÈSE DE LA · texte numérisé non relu

LA GE^IÈSE DE LA

périorité numérique indispensable pour nous permettre d'envelopper à la fois les deux ailes de l'adversaire, — et dès lors la raison nous conseillait de ne porter notre effort que sur une seule, avec toutes les forces disponibles, — ensuite, parce que la ligne de marche du Prince royal n'était pas celle que supposait le G. Q. G., ce qui exposait notre 3° armée, marchant à l'ouest pour attaquer les colonnes allemandes qui débouchaient à l'Occident de TAra^onne, à être elle-même assaillie sur son flanc droit par les corps du Kronprinz débouchant de l'Argonne même.

En réalité, la 3" armée, la droite appuyée à Verdun (partie sud du camp retranché) et aux Hauls-de-Meuse,^ n'eût dû avoir qu'une mission djéfensive.

Et ce n'est pas l'armée de droite qu'il convenait de renforcer « par deux corps prélevés sur les armées de Nancy et d'Epinal », comme le dit la note du 2 septembre pour les commandants d'armées, mais bien celle de gauche.

Certes, il eût été possible de grossir ainsi les forces de Galliéni de plusieurs corps d'armée qui, même en faisant le détour imposé par Ghaumont et Troyes, seraient arrivés en temps utile, !a bataille qui allait s'engager ne pouvant être que de plusieurs jours ; il eût convenu également d'envoyer à la 6* armée quelques divisions de cavalerie prélevées sur l'ensemble du front, au lieu de se borner à la faire rejoindre par les divisions du corps Sordet, les plus fatiguées de toute l'armée. Ces masses

de cavalerie, à l'aile extérieure, eussent été à même d'obtenir des résultats de la plus haute importance.

Dans de telles conditions, au lieu du repli limité de l'armée Von Kliick, l'histoire aurait enregistré le désastre de cette armée, et l'ennemi eût été dans l'impossibilité de faire front sur l'Aisne; il lui eût fallu reculer davantage, jusque vers la frontière.

L'armée Maunoury a donnétoul ce qu'elle a pu ; malheureusement, elle n'était ni assez nombreuse, ni assez fortement organisée, pour mener à bien sa manœuvre d'enveloppement. Qu'arriva-t-il ? Après avoir refoulé, le 5 septembre, la flanc-garde (1) de

(1) Le 5 septembre, la force de cette flanc-garde n'était connue qu'approximativement du gouverneur de Paris ; néanmoins, en rapprochant les différents

Von Kliick (IV* corps de réserve) jusqu'à rOurcq, elle trouva le 6 TeuDemi renforcé d'un corps d'arojée (le II*) revenu de Goulommiers, eielle ne put forcer le passage de la rivière.

Le 7 septembre, le commandant de la I" armée allemande rappelait sur l'Ourcq le IX® corps ; nos forces, qui présentaient la valeur de six divisions, se trouvèrent ainsi en face de neuf divisions allemandes, bientôt portées à douze par l'arrivée d'un corps d'armée ennemi accouru du nord.

Aussi, le 9, l'armée Maunoury, ayant à combattre un adversaire deux fois plus nombreux,dut-elle reculer quelque peu, menacée d'être débordée sur sa gauche, et fut réduite

renseignements, il l'évalua à sa valeur, c'est-à-dire à Un corps d'armée.

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