LA GBNESÉ DE LÀ
à se cramponner au terrain pour maintenir son front de combat contre les attaques de la plus extrême violence que Von Kliick ordonna pour se dégager, dans la crainte d'être pris à revers par l'armée anglaise. Celle-ci avait pu progresser par suite de la retraite de ses corps d'armée au sud de la Marne, retraite provoquée par Taltaque Maunoury.
Malgré tout, le 10 septembre, au jour, on put constater, non sans quelque étonnement, que l'ennemi avait disparu.
Certes, c'était un résultat, mais il n'était pas comparable à celui qu'on aurait obtenu si le G. Q. G., en raison de l'importance capitale de la manœuvre de l'armée de Paris, l'avait alimentée avec les effectifs nécessaires. C'était bien le cas, ou jamais, de
se conformer à la maxime de Napoléon î « Pour battre l'ennemi, il n'est pas nécessaire de le battre sur tous les points : il suffit d'être le plus fort à un moment donné, sur un point donné. »
. Si incomplète qu'elle fût, la victoire de la 6* armée eut pour conséquence de provoquer le recul successif de toutes les armées allemandes.
La retraite de Von Kliick découvrit Von Bïilow, qui dut se replier à son tour, provoquant un mouvement analogue de l'armée Von Hausen, et le mouvement rétrograde se propagea jusqu'à l'armée du Prince de Wurtemberg et finalement jusqu'à celle du Kronprinz, mettant quatre jours pour gagner de proche en proche de la droite à la gauche, car la retraite, qui com-
riiença dans la nuit du 9 au 10 septembre à rarmée Von Klùck, n'eut lieu que dans celle du 13 au 14 à l'armée du Kronprinz. (1)
Sans doute, celles de nos [armées qui attaquèrent de front fournirent un effort admirable, mais elles ne pouvaient aller contre la nature des choses ; leur offensiye était purement frontale, et, malgré de brillants succès locaux, elle ne pouvait aboutir seule à une décision.
(l) La retraite de l'armée du Prince royal de Prusse causa autant d'étonnetneat, le 14 septembre, à la 3" armée, que celle de Von Klilck en avait causé le 10 à l'armée Maunoury. Le général Sarrail avait bien contenu les efforts de son adversaire, mais il n'avait pu le refouler : le recul du Kronprinz ne s'expliqua donc que lorsque l'on sut, quelques jours plus tard, que celui-ci avait dû se replier parce qu'il était dé« couvert sur sa droite. (Voir l'appendice II).