LA OBNÈSE DE LA
Mais supposons que, au lieu d'attaquer sur le front occidental, les Allemands, comme nous le redoutions, s'y fussent tenus, en 1918, sur une défensive stricte, renforçant leurs lignes de la meilleure part du matériel et des effectifs rendus disponibles par la défection russe, et que, avec le reste des forces libérées en Orient appuyant les armées germano-austrobulgares, ils aient combiné un effort puissant contre les forces alliées en Macédoine. Grâce à leur supériorité, ils auraient eu les plus grandes chances de jeter celles-ci à la mer ; il leur eût été ensuite facile d'en finir avec l'Italie, d'après la sage méthode qui consiste à « sérier « les questions. »
De notre côté, il nous aurait bien fallu,
avec l'aide anglo-américaine, attaquer la ligne Hindenbourg qui aurait opposé à nos efforts un maximum de force et de cohésion. Toutes les chances eussent été contre nous, en dépit du perfectionnement de DOS moyens offensifs, artillerie lourde, tanks, avions, etc..
Nous aurions pu, de-ci, de-là, pénétrer dans cette ligne, y creuser quelques poches, au prix des plus lourdes pertes, mais c'eût été tout, et nous aurions, somme toute, échoué dans notre offensive comme les Allemands ont échoué dans la leur. Inutile d*épiloguer sur les conséquences !
Pour en revenir aux pseudo-découvertes faites pendant la guerre, rappelons que le ré-
glement du 2 décembre 1913 avait édité cette stupéfiante prescription : « Vartillerie ne doit plus préparer les attaques ».
Mais on s'aperçut vite du contraire, ce qui amena un de nos plus grands chefs à formuler cet aphorisme : « Le canon conquiert les positions, l'infanterie les occupe. » Malgré l'admiration générale que provoqua cette déclaration, il convient de ne pas oublier ce qu'on pouvait lire dès 4873, dans la relation officielle prussienne de la guerre de 1 870 - 71 :
« En général, l'infanterie différait cette attaque jusqu'à ce que l'artillerie eût produit tous ses effets. C'est le canon presque seul qui déloge l'adversaire du calvaire d^llly et il suffit ensuite de quelques compagnies pour occuper sans combat cette importante position. Une grêle d'obus, sous laquelle l'artillerie écrase le bois de la Garenne,
prépare l'attaque des bataillons de la Garde et épargne les pertes énormes par lesquelles on avait dû acheter les précédentes victoires. » [ReJntioii de la bataille de Sedan, p. 1235).
Ainsi, on le voit, le l"" septembre 1870, « l'arlillerie conquiert les positions, l'infanterie les occupe ]&, et pourtant les Allemands ne mirent en ligne que des canons de campagne singulièrement inférieurs à ceux d'aujourd'hui. Au siège de Paris, le bombardement suffit pour nous contraindre à évacuer les défenses du plateau d'Avron, sans qu'il y ait eu aucune attaque d'infanterie.
On n'a donc découvert que du vieux-neuf, et il est indniment regrettable qu'il ait fallu de sanglantes expériences pour nous enseigner ce qui était surabondamment établi parTétude des guerres antérieures.