LA 0ENÈ8E DE LA
nies d'un formidable matériel de siège auquel aucun de ses ouvrages permanents ne pouvait résister.
Certes, l'annonce d'une reprise générale d'offensive devant succéder à la retraite, en même temps qu'elle apaisait les angoisses gouvernementales, était de nature à rassurer l'armée dont le moral commençait à se ressentir d'une renonciation persistante qui lui donnait peu à peu le sentiment de la supériorité de l'adversaire.
C'est dans ce but, sans doute, qu'on avait pris soin de spécifier, dans l'instruction du 1" septembre, que « l'indication de la lift mite du mouvement de repli n'impliquait « pas qu'elle dût être forcément atteinte. »
Ce qui nous autorise à penser que cette réconfortante restriction n'était que
de pure forme, c'est que, le lendemain même, la note secrète du 2 assignait au repli de le 3" armée, non plus la région au nord de Bar-le-Duc, mais celle de Joinville, portant ainsi, d'un bond, la droite du dispositif à 50 kilomètres plus en arrière.
C'était pourtant là un mouvement essentiellement dangereux pour nos armées de Lorraine et d'Alsace, car, si nous venions à perdre la bataille entre Pont-sur-Yonne et Joinville, la retraite de la 3* armée ne pourrait se faire que sur Ghaumont, en découvrant sur leur gauche nos l""® et 2^ armées demeurées à l'Est et au Nord de Nancy ; elles eussent donc couru le risque d'être prises à revers, coupées de la direction Epinal-Besançon. Une véritable catastrophe pouvait en résulter, puisqu'elles se
seraient trouvées dans une situation analogue à celle de Bourbaki après la bataille d'Héricourt.
Ce qui prouve aussi péremptoirement que le général en chef était irrévocablement décidé à se mettre à l'abri derrière la Seine et l'Aube, c'est la fin de non-recevoir qu'il opposa, ainsi qu'on le verra plus loin, au maréchal French lorsque celui-ci lui proposa, le 1" septembre, de faire face à l'ennemi sur la Marne, et le refus auquel se heurta d'abord Galliéni lorsque, le 4, il vint lui offrir l'occasion aussi favorable qu'inespérée de reprendre l'offensive entre la Marne et la Seine, au lieu d'aller se réfugier derrière la Seine.
Nous avons maintenant à examiner si les
dispositions de l'instruction générale du !*'■ septembre, et celles de la note secrète du 2, étaient adéquates àl'idée d'une reprise d'offensive.
Si le commandant en chef avait eu réellement l'intention de déclancher une riposte, se serait-il formé derrière deux cours d'eau, grevant ainsi bénévolement les débuts de l'opération qu'il méditait du franchissement de deux sérieux obstacles, qui les rendront bien aléatoires ?
Il lui faudra, en tout cas, combattre, dès les premiers pas, dans la plus détestable situation tactique qui soit : avec fleuve et rivière immédiatement à dos.
La position qu'il choisit n'est, en réalité, qu'une position défensive, car il est incontestable que, si on se place derrière des cours