‹ La genèse de la Bataille de la MarneChapitre 9 sur 30 · LÀ OBNÈSE DE LA · texte numérisé non relu

LÀ OBNÈSE DE LA

Telle est bien la conclusion de toute cette discussion. Nous la compléterons en disant que le général Galliéni, de son côté, ne s'y est pas trompé. Lorsque, le 4 septembre, après avoir réclamé des instructions, il reçut communication des ordres du commandant en chef, il s'écria, vivement ému, devant sou chef d'élat-major ; « Mais, s'il passe la Seine, jamais il ne la repassera ; il ne peut y avoir de reprise d'offensive qu'entre Seine et Marne. » (1)

Ce qu'on ne saurait contester, c'est que, si rien n'était venu modifier le plan du général en chef, la retraite de nos armées eût continué jusqu'en arrière de la Seine et de l'Aube, conformément aux instruc-

(1) Voir h. ce propos, à Tappendice, un intéressant extrait des Mémoire du Maréchal de Villars.

tions des T' et 2 septenibre, avec toutes les conséquences que nous avons exposées, y compris, très ^vraisemblablement, la chute de Paris.

On a avancé que le général Joffre avait médité d'encadrer sa reprise d'offensive entre « les deux piliers inébranlables » de Paris et de Verdun (1). Mais de quel degré

(1) Un journaliste (cité par Gustave Le Bon) a écrit, en parlant du général Joffre : « Sa méthode se révèle « tout entière dans la préparation de la bataille de la « Marne. Tous les ordres écrits de sa main étaient « déjà prêts le 27 août pour l'action qui commença le « 5 septembre. Ils avaient tout prévu et réglé les « diverses phases de la bataille, une par une, comme « les pièces d'un mécanisme délicat qui, à l'heure « dite, se met en marchecomme un mouvement d'hor- « logerie. « Voilà de quoi justifier l'ironie du Journal de Genève écrivant, le 18 décembre 1914 : « En France, (( beaucoup de gens sont encore convaincus que le

de résistance étaient capables ces deux « piliers inébranlables » ? Abandonnés à eux-mêmes, ils étaient voués au sort de Maubeuge, puisque le plan du général en cbef ramenait nos armées de gauche à plus de 60 kilomètres au sud-est de Paris, et notre armée de droite à plus de 80 kilomètres au sud-ouest de Verdun, distances comptées à vol d'oiseau.

Si ces deux places ne se sont pas trouvées isolées, c'est-à-dire perdues, ce fut par suite de l'initiative que prirent le gouverneur de Paris et le commandant de la 3^ armée.

Que se passa-t-il donc ? Comment se

« chef de l'armée française était décidé, dès le début « de la guerre, h attirer l'ennerni sur Paris afin de le M battre sur la Marne ! '>

produisit ce revirement imprévu qui rendit cadîtquesy le 4 septembre, toutes les prescriptions du général en chef, qui arrêta la retraite, qui aboutit enfin à celte victoire de rOurcq, dont la victoire de la Marne ne fut que la conséquence ?

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