‹ La Genèse de la Science des CristauxChapitre 11 sur 60 · PD>S · texte numérisé non relu

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fique désintéressé qu'il contribua à former ; les hommes ont cherché dans chaque objet le rare et le merveilleux avant d'examiner sans fard les propriétés réelles des COrPS... N

De Lassone s’en est plaint et beaucoup ont pensé comme lui « qu'avant de se livrer à aucune conjecture sur l’histoire du globe et de ses révolutions, il semble qu’il faudrait avoir pour chaque contrée une connaissance détaillée des différentes couches de la terre, de leur épaisseur, de leur étendue, de la nature des pierres qui les forment, des débris d'animaux et végétaux qu'elles renferment et des êtres vivants à qui ces dépouilles appartiennent ; cette connaissance est encore bien peu avancée, et la plupart des naturalistes ont été jusqu’à présent moins occupés à connaître le globe qu’à en arracher quelques morceaux propres à enrichir une collection » ; ilsrecherchaient avant tout Les propriétés extraordinaires qui déroutent un moment l'imagination et qui par cela même l’excitent à donner une explication.

Cet état d'esprit, qui n’a jamais complètement disparu, était nécessaire à signaler pour faire comprendre que la découverte stupéfiante de la double réfraction dans un gemme aussi peu répandu que le cristal d'Islande, est une date importante de l’histoire de la science des cristaux. .

Voici la description qu’en fournit Erasme Bartholin (1): « Le cristal d'Islande se tire d’une montagne dont l’extérieur est entièrement formé de cette substance transparente et de couleur d’eau qui se ternit si elle vient à être humectée ; ce cristal se calcine à grand feu et se dissout dans l’eau forte

« Les objets qu’on regarde à travers paraissent doubles lorsqu'il est épais, mais si on les regarde à travers une seule lame, car on peut le couper par feuilles, ils paraissent

simples ; quand l'objet paraït double, l'une des deux

1, 4672, TL. P. — Curt ux de-la Nature.

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images est fixe tandis que l’autre est mobile suivant les mouvements du corps diaphane. La figure de ce cristal est celle d’un rhomboïde, ou d’un prisme rhomboïde et non seulement le corps entier a cette figure, mais encore toutes les parties lorsqu'on le casse ; il arrive parfois qu'on en trouve dans la même terre qui ont la figure d’une pyramide triangulaire. »

Ce simple exposé fait sans aucune prétention ne doit pas nous laisser croire que Bartholin ignorait la valeur de sa découverte ; il voit qu’elle fournit un programme des recherches des différentes branches de la science ; ajouter un chapitre à l'optique d’abord, puis attirer l'attention sur une grande quantité de cristaux qui sont peut-être biréfringents, mais dont la biréfringence n’est pas immédiatement observable quand on n’est pas prévenu. « Je me persuade, dit-il, que l’observation que j'ai faite dernièrement sur la nouvelle et merveilleuse propriété du cristal d'Islande engagera peut-être d’autres personnes à. examiner avec plus d'attention la nature des réfractions et à s'assurer si cette double réfractionse trouve dans d’autres corps transparents, comme dans le cristal d'Islande, »

L'invitation pressante ne reste pas absolument sans effets. Huygens(1) signale à l’Académie des sciences de Paris la double réfraction du cristal d'Islande en même temps qu’il en fournit l’explication suivant la théorie des «Ondulations » ; il faudra toutefois attendre environ trente ans avant qu'un physicien observateur comme de La Hire, en remarquant la biréfringence du gypse des environs de Paris, prenne ce prétexte pour étudier les propriétés de cette pierre commune et si répandue. £

La pierre à plâtre des environs de Paris peut se comparer au cristal d'Islande (2) non seulement par sa double réfraction mais aussi par l’ensemble de ses propriétés physiques. Ce n’est donc pas sans raison, dit de La Hire,

A vert

« qu’on peut appeler le spath d'Islande plutôt tale que cristal, puisqu'une de ces principales propriétés est de se fendre en tous sens, mais toujours parallèlement à l’une des six faces qui en forment la figure, laquelle est toujours un paralélipipède obliquangle ; et par conséquent les’ fragments seront des parallélipipèdes dont les huit angles solides qui sont de deux espèces, seront semblablement posés dans les plus petits morceaux comme dans les plus gros ».. « de même le talc de plâtre est une pierre trans-, parente qui a beaucoup de rapport au tale qui nous vient du Levant; mais sa figure naturelle est toujours la même dans tous les morceaux que nous en voyons. Le plus grand rapport quil ait avec le véritable talc, c'est qu'il peut se fendre en lames et feuilles très déliées ; les feuilles du nôtre sont bien plus petites et bien plus cassantes que celles du tale ordinaire, mais les lames n’en sont pas moins transparentes.

« La figure de ce talc est à peu près semblable à un fer de flèche comme on le voit sur la figure ABCD, qui en représente une des faces, car il y en a toujours deux qui sont parallèles entre elles, et selon lesquelles la pierre se peut fendre en lames. On en trouve qui sont fourchues par

l’un des bouts qui est Le plus large, comme on le voit en

CAD et l’autre extrémité se termine par une pointe dans les morceaux de médiocre grosseur. C’est au travers des deux faces qu’on voit les objets assez clairement dans les objets qui sont nets et blancs. »

?« Quand on a enlevé quelques lames brutes qui sont sur la surface de ces morceaux de tale, on y aperçoit distinctement des traits comme EF qui vont de la ligne du ‘ milieu AB, vers l'extérieur ou les bords, tant d'un côté que l’autre, lesquels font avec la ligne du milieu AB un angle aigu AEF vers la fourche À de 60 degrés à peu près ; on y remarque encore d’autres lignes comme GH qui vont aussi du milieu vers les bords et qui font un angle aigu BGH vers la pointe B de 50 degrés, en sorte que l'angle aigu que font ces deux lignes quand elles se rencontrent est de

70 degrés » ; cette description permettra à de La Hire de deviner la structure et le mode de formation du gypse. «On peut conjecturer delà assez vraisemblablement que la masse de ces deux morceaux de tale n’est composé que de lames très déliées qui ne sont pas fort attachées les unes avec les autres, et que chacune de ces lames est formée par des petites lames triangulaires qui en sont les éléments, lesquelles sont fortement collées ensemble par leurs côtés, ce qui fait qu’elles ont beaucoup de fermeté quoiqu’elles soient terminées... Cest dans la première formation de ces lames qui s’est faite d’abord, qu'elles ont pris une fermeté considérable, leurs éléments s'étant joints les uns aux autres par leurs côtés ; mais alors toutes ces lames ayant encore entre elles une matière liquide qui n'a pu se dissiper ou s'échapper qu'avec le temps, les lames n’ont pu se joindre très fortement les unes aux autres par leur superficie, en sorte que pour peu de matière étrangère qui soit restée entre deux, on aura tou” jours beaucoup plus de facilité à séparer les lames de ce morceau de tale, lesquelles paraissent aussi séparées les unes des autres, qu'à rompre ces mêmes morceaux de travers, car ils ont une très grande fermeté en ce sens là, ce qui peut venir encore de ce que chaque triangle élémentaire d’une lame supérieure ne répond pas exactement à ceux de la lame inférieure. » :

L'angle rentrant en À lui semble dû à quelque accident de la cristallisation. « Pour ce qui est de la formation des cornes, je dis que s’il s’est rencontré quelques corps étranger vers À qui ait empêché les deux triangles élémentaires qui devaient s’y placer de se joindre à ceux des côtés, alors la liaison entre les deux parties de lame étant interrompue dans cet endroit, le reste a dû achever de se former, et se terminer dans pointe de ia corne par ‘des lignes parallèles à EF d’un côté et d’autre en AC et en AD ; car la figure naturelle des triangles élémentaires en

se on forment toujours des triangles-semblables aux éléments.

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