‹ La Genèse de la Science des CristauxChapitre 12 sur 60 · PLANETE A · texte numérisé non relu

PLANETE A

De La Hire a surtout étudié la structure du gypse biré. fringent dont les parties sont disposées par couches. De

Jussieu (1) ne s'intéresse pas spécialement à la double réfraction ; il examine la pierre à plâtre qui venait d’être

signalée à sa curiosité ; en dehors de la variété « en fer de lance » que nous avons décrit, il fait remarquer que le gypse peut se trouver en grosses masses informes ; ou encore en masses fibreuses ; mais les différences entre les manières de se présenter ne correspondent pas à des différences réelles et essentielles.

Ses propres observations lui permettent d'affirmer:

« 1° Que comme il y a des substances salines vifreuses, c'est-à-dire de la nature du verre, sulfureuses et métalliques répandues dans différents corps, il y en a de même des gypseuses mêlées dans de pareils sujets ;

«2° Que ces parties gypseuses qui entrent dans la com-

position de certains mixtes ont une figure déterminée qui leur est propre, qu’elles conservent quelque altération qui

puisse arriver à ces mixtes, soit par la calcination, soit par la trituration, soit même par le mélange d’autres corps employés pour les détruire ;

« 3° Que cette figure est si constante dans ces parties gypseuses, que lorsqu'elles abondent dans quelque sujet, les autres parties qui les composent avec elles, soit quelles soient salines, soit qu'elles soient métalliques, se conforment dans leur disposition à la figure de ces mêmes parties gypseuses.

« 4° Que ces mêmes parties sypseuses que l’on n'aurait point soupçonnées entrer dans la composition d'un mixte, ou que l’on y aurait cru détruites, après les y avoir aperçues, ne laissent pas de devenir quelquefois sensibles, de reparaître sous ‘leurs formes ordinaires et de reprendre leurs premières qualités, ou par un effet naturel ou par le secours de l’art. »

De Jussieu ne donne pas les hypothèses précédentes

1AAPaD SN;

comme des conjectures évidentes ; il a regardé avant d'affiemer ; il a observé au microscope les pierres à plâtre les plus diverses; celles qui sont composées presque uniment de « parties gypseuses parallèlipipèdes et de forme constante »,ainsi que celles dont ces mêmes parties gypseuses sont mélangées de globules qui sont des impuretés.

Il accorde aux parties gypseuses quelques-unes des propriétés que les chimistes attribueront plus tard aux : corps simples. Conservation de l'élément identique à luimême quelles que soient les combinaisons dans lesquelles la nature le fait entrer ;et comme corollaire — possibilité d'isoler des « parties gypseuses » de composés qui masquaient leurs propriétés, et où nous ne les apercevions pas immédiatement.

Le chimiste ne doit donc pas s’imaginer qu'il crée la matière ; ses analyses et ses synthèses ne font que mettre en évidence ce qui existait sans son art. « De même qu'on ne doit reconnaître dans les minéraux et dans les métaux d’autres destructions que les métamorphoses qui arrivent par la désunion de ieurs parties les plus intimes,de même on ne peut qualifier de reproduction ou de revivification que la réunion de ces mêmes parties intimes qui étaient séparées, et entièrement déguisées par l'addition de quelques autres aubstances qui leur étaient étrangères ».

Comme toutes les théories précédentes, celle que nous venons d'exposer n'eut pas d'influence immédiate ; sa forme est étrangement moderne, mais les faits sur lesquels elle est basée sont absolument erronés. On sent toutefois que les physiciens de l'avenir,'ceux qui ont établi l’hypothèse féconde des « particules cristallines » ou celle des molécules chimiques intangibles, trouveront des cadres tout faits qu'ils n'auront qu'à modifier légèrement pour loger leurs nouvelles conceptions adéquates à la réalité,

La théorie de de Jussieu comme celle de de La Hire présentent à un tout autre point de vue un intérêt particulier ; de La Hire croit que le gypse est composé de lames minces. Bourguet, Beccaria, Buffon, Bergmann et

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