‹ La Genèse de la Science des CristauxChapitre 27 sur 60 · SECTION · texte numérisé non relu

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La cristallographie se détache peu à peu de l'étude des êtres vivants.

1. — L'idée que les cristaux se reproduisent par germes existait avant le xvin® siècle (Sherley), mais elle trouve son expression complète dans l’œuvre de Tournefort: L’Inorganique calqué sur le vivant. — La circulation, la nutrition et la reproduction des Minéraux.

. — Confusion entre les trois règnes de la Nature. — Différenciation lente. — Venette. — Sténon. — Leewenhoec. — Borrichius. — Ghédini. — Scheuchzer. — Leibnitz. — Réaumur.

3. — L'œuvre de Bourguet.— Définitions des cristaux et des êtres vivants.

— Le mécanisme de la cristallisation. — Le mécanisme organique.

4. — Le mécanisme organique calqué sur le mécanisme minéral. - Buf-

fon. — Objection de Haller. — Les « molécules organiques » cal-

quées sur les molécules cristallines sont-elles aussi la cause de la figuration des cristaux? — Généralisation des théories de Buffon. — La cristallisation spontanée et la génération spontanée. —-Guéneau de Monthbeillard. — Lamétherie. — Ce dernier considère la vie comme un cas particulier de da cristallisation universelle. — Théorie extrême opposée à celle de Tournefort.

5. — Opinions moyennes. — Goût du public pour l'histoire naturelle. — Les observations préférées au raisonnement. — Causes de cette évolution. — Les cabinets d'histoire naturelle contiennent des fossilles et des cristaux. — Leur différenciation. — Barrère et Buffon. — Les minéralogistes ne s'intéressent plus qu'aux minéraux, —

Lutte contre la réaction, — Bertrand réfuté par Guettard.— Robinet par Romé de l’Isle.

6. — Les naturalistes admettent l’indépendance absolue des trois . gnes

de la nature et oublient parfois d’indiquer dans leurs . en quoi le brut diffère essentiellement de l’organisé. — Robien. Wal-

lérius. Crorstedt. Bonnet, ete. — Discussion géométrique de Romé de l'Isle. — La cristallographie devient une science autonome. =

1. La minéralogie ne contribua pas seule parmi les sciences naturelles à l'évolution de la cristallographie.Pendant le xvn° siècle, les anatomistes, les médecins et les amateurs de toute sorte qui cherchaient dans les objets naturels un excitant à leur imagination, furent surtout frappés

par le grand nombre de « pierres figurées » ayant une forme remarquable, ou imitant à s’y méprendre les aspects de certains êtres vivants. L'origine de ces « jeux de la nature » dont les cristaux faisaient partie par leur transparence et leur régularité, suscita une longue série de travaux, les concepts peu précis d’alors se prêtèrent à des généralisations en tous sens, ayant chacune & priori

quelque degré de vraisemblance. — Beaucoüp de savants avaient déjà tenté de montrer que les minéraux ressemblaient, par un grand nombre de traits, aux êtres organisés, animaux ou plantes. C'est ainsi que Sherley (1) crut pouvoir affirmer que les cailloux et les pierres sont produits par des germes se nourrissant uniquement d’eau et acquérant peu à peu leur solidité et leur grosseur.

Mais Tournefort (2) le premier présenta cette théorie dans sa forme absolue et avec une grande rigueur ; ce botaniste célèbre voit de la botanique partout ; il découvre que les coraux et les éponges ramassés au fond de la mer sont des êtres vivants, il croit que ce sont des végétaux. « La mer, disait-il, a ses plantes, si, différentes de la plupart de celles que la terre produit, qu'il n’y a guère que les yeux des physiciens qui puissent les reconnaître pour des plantes; — le corail, par exemple, n’a pas toujours passé pour en être une et beaucoup de plantes marines ne ressemblent qu'à des pierres » ; mais si quelques végétaux ressemblent d’une manière étonnante aux minéraux, pourquoi ces deux genres d'êtres ne seraientils pas analogues ? La similitude, en effet, peut être poussée très loin et servira de point de départ à un système. philosophique sur la formation des minéraux. < L'étude du corail dans lequel le microscope ne découvre point de semences et dont les germes pourraient être fluides, permettra une ébauche grossière de cette nouvelle manière de voir ! « La conjecture de M, de Tournefort sur la géné-

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