‹ La Genèse de la Science des CristauxChapitre 30 sur 60 · Traité des pierres · texte numérisé non relu

Traité des pierres

Nous voyons done quelle confusion empêchait les savants d'alors de se représenter clairement les propriétés des trois règnes de la nature ; il fallait non seulement définir abstraitement l'animal, le végétal ou le minéral par une propriété quelconque que l’on considérait comme essentielle, mais encore reconnaître auquel de ces règnes appartenait l'objet concret que l’on avait sous les yeux. Cela avait été une des grandes préoccupations de quelques naturalistes étudiant les minéraux. Sténon, par exemple, cherche à montrer que l'accroissement du cristal de roche ét des autres pierres angulaires se fait uniquement par l'action immédiate du fluide externe, alors que les êtres vivants s’agrandissent par les réactions réciproques des fluides internes et des fluides externes, extraits du milieu dans lequel ils se meuvent. Leewenhoec (1) étudie l’anatomie au microscope jusque dans ses plus infimes détails, mais il observe l’aspect des grains de sable et des cristallisations salines. L'étonnante régularité des formes qu'il constate dans les cas les plus divers l’amène à considérer comme similaires le brut et l’organisé. Aussi re- -cherche-t-il les mêmes éléments chimiques dans le minéral et le végétal et cela par la figuration semblable de

leurs molécules observables, qui en outre donnent la même - sensation de goût à la langue. Borrichius explique comme on le ferait aujourd’hui le mécanisme des pétrifications d'animaux et de plantes, mais en prévenant ses lecteurs que les fragments pétrifiés sont plus rares qu'on ne le pense. Il les met en garde contre les exagérations et les erreurs que notre goût pour les curiosités a d’abord créées puis entretenues. « J’observérai, dit il, qu'on prend souvent pour pétrification ce qui dans son origine n’a Jamais été que de la pierre. Tels sont quelques fragments que l’on m'a montré dans un cabinet fort célèbre. Celui qui les faisait voir, trompé par leurs veines et par leurs linéaments, voulait que ce fussent des morceaux de bois pétri-

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