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par l'application d’une matière isolante, laissant pour comparaison l’autre côté à l’air libre. « Il en résultait constamment que les cristaux, au lieu de se former uniformément dans la liqueur, se jettaient du côté où le refroidissement était le plus prompt, »
Cest ainsi qu’en plaçant un tampon épais de sable tiède
contre un côté du bocal, et en laissant l’autre côté se refroidir par rayonnement, on observe que le sel cristallise du côté opposé au sable. « Cet effet, dit Lavoisier, n’a rien de mystérieux ; il n’est pas particulier au sable; toute substance en produit un semblable; et Le sel de Glauber, lui-même, en poudre appliqué à un des côtés du vase tandis que l’autre demeure exposé à l’air, loin d’attirer les cristaux, les oblige comme le sable et pour la même raison à se porter du côté opposé. »
Les expériences de Lavoisier donnent une leçon sévère à ceux qui se laissent guider par une imagination brillante et superficielle, au lieu de faire la critique constante de leurs opinions ; nous devons examiner toutes les variables susceptibles de modifier les événements que nous obser- -vons, avant d'interpréter les faits d'une manière systémaque ; et nous voilà maintenant mis en garde contre toute généralisation ambitieuse et prématurée ! Lavoisier va-t-il avec le même bonheur et la même intelligence nous expliquer lui aussi les phénomènes de la cristallisation? Il semble bien que ce grand chimiste n’ait eu à ce propos que les idées banales de son temps, idées que ses découvertes modifièrent dans les détails, mais laissèrent constantes dans les grandes lignes.
Et d’abord, Da que des expériences 8 géniales aient fait disparaître de la science « l'élément du feu » qui n’est qu’un résultat violent et immédiat de certaines oxydations particulièrement rapides, Lavoisier (1) ne refuse pas d’accorder une certaine matérialité à la chaleur. Celle-ci agit comme un dissolvant énergique capable de faire passer