‹ La Genèse de la Science des CristauxChapitre 52 sur 60 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

L'OŒuvre d’Haüy par sa réussite brillante a rejeté dans l'ombre les travaux de ses devanciers, — Les historiens qui font commencer l’histoire d’un concept à l'époque de son élaboration définitive négligent l'effort des précurseurs moins heureux. — Peut-il y avoir intérêt à reconstituer les théories de nos ancêtres qui sont dépassées aujourd’hui ?

Les premiers cristallographés. — Universalité de leur curiosité, de leurs questions, de leurs théories. — Indépendance intellectuelle de chaque savant. — Epanouissement d’hypothèses et de théories logiques et vraisemblables. — Pourquoi chacune d’elles exerce-telle si peu d’influence. — Absence de hiérarchie scientifique. — Le système du monde atteint par chaque étude particulière.

L'absence de méthodes propres à la cristallographie livre le domaine de cette science aux doctrines philosophiques régnantes. — Nous pourrons les dégager des ouvrages que nous avons étudiés.

Philosophie mécanique. — La cristallographie et la méthode cartésienne. — Observations superficielles. — Absence de technique expérimentale. — Raideur et puissance des théories. — Leur force déductive. — Leur faiblesse d’adaptation. — Leur vigueur. — Leur stérilité en tant que source de progrès.

Philosophie corpusculaire. — Causes externes des modifications de la théorie. — La découverte du « microscopique » et les théories corpusculaires. — La loi d'attraction universelle. — Son application dans l’infiniment petit. — Les lois du hasasd, — Résultats. — Négligence des détails. — Vues d'ensemble opposée à la mécanique minutieuse. — Dédain des observations se rapportant à un seul cas. — Goût pour les généralisations immédiatement applicables. :

Philosophie expérimentale. — Rôle de la diffusion des sciences encouragée par la philosophie elle-même, sur l’évolution de la philosophie et de la science. — Les expérimentateurs et observateurs rassemblent leurs travaux en faisceaux avant de discuter sur la cristallisation. — La perception opposée au concept. — La science sensualiste préfère la classification à la théorie. — Essais de classifications arbitraires. — Ordre alphabétique. — Essais de classifications rationnelles. — La cristallographie géométrique d’Haüy. — La théorie n’a d’autre objet que de relier nos observations par des lois fixes.

7. — La cristallographie et l’histoire de la société. — Ce sujet est trop

vaste pour être abordé dans une étude spéciale. — Traits caractéristiques des savants du xvur° siècle. — Ce sont des amateurs qui n’ont pas de carrière à remplir. — Disparition au moment des succès d’Haüy, d'une classe d’oisifs qui cultivaient la minéralogie pour occuper leurs loisirs.

8. — L'histoire de la cristallographie dans ses rapports avec les progrès

; de nos connaissances. — Il n’y a de véritablement scientifique que les progrès définitivement acquis. — Existe-t-il un procédé pour atteindre à coup sûr les lois de la nature? — Succès des méthodes positives à la fin du xvur siècle. — Peut-on les généraliser et refuser toute valeur aux autres manières de travailler? — Raisons opposées à cette conclusion. — Les anciennes méthodes donnent des résultats qualitativement vrais. — Discussion d'un cas particulier. — Pourquoi la science qualitative tend-elle au xvrre siècle à s'éloigner indéfiniment de l’expérience. — Elle ne peut servir de guide immédiat à nos recherches. — Elle est supplantée par la science quantitative. — Cette dernière complète la première et ne s’y oppose pas. — Elles ont toutes deux leur valeur. — Si l’histoire des sciences ne péut nous fournir une méthode de travail sûre, si elle n’exclut à priori aucun effort, peut-elle nous indiquer les problèmes scientifiques intéressants à résoudre ? — Discussion. — L’expérience historique fait éviter certaines erreurs. — La connaissance historique nous ramène quelquefois à l'énoncé simple d’un problème que les complications nous avaient fait perdre de vue. — Exemple.

Page 1