OPPOSITION A LA NOTION D INSTINCT
quel (jue soit le facteur que ces auteurs opposent j)arfois aux tropisnies, son rôle est en contradiction absolue avec la dérinition môme du tropisme, que ses partisans s'étaient entendus \)Ouv déclurcr irrésistible. Irrésistible veut dire capable de détruire d'autres intluences, ou ne veut absolument rien dire. Au début, c'est ainsi qu'on l'entendait; mais les vives critiques dont on a criblé le système de Lœb ont amené ses élèves à des restrictions inattendues^ quelques-uns en sont arrivés à déclarer que le tropisme est invincible... chaque fois seulement qu'il n'est pas combattu par une influence plus forte. Il n'en resterait pas moins une entrave à la vie, sans compensation aucune, et sa pérennité serait incompatible avec la sélection naturelle.
§ 3. — Il n'y a aucune relation quantitative
entre l'excitation extérieure et la réaction. Preuves
expérimentales.
Gomment certains biologistes ont-ils pu supposer un instant que l'excitation extérieure actuelle avait un rapport quantitatif, non pas avec la sensation (comme la loi de Fechner l'établit) mais avec la réaction, ce qui donnerait une base scientifique à la notion de tropisme?
On avait préparé, en 1908, à V Institut général psychologique, un programme de recherches sur cette question. On y a heureusement renoncé depuis; mais il est bon de signaler cette impasse, pour que d'autres chercheurs ne s'y perdent pas de nouveau : « 11 serait utile dans les expériences sur les tropismes, écrivait J. Courtier, de mesurer exactement l'intensité des excitants (de l'excitant lumineux par exemple, pour les phototropismes) et, d'autre part, d'évaluer dans la limite du possible, le travail produit par
les réactions motrices des animaux, » et « ... la diversité des réactions chez l'animal peut être attribuée en grande partie à la diversité des degrés correspondants d'intensité de l'excitant » et encore « la motricité varie en fonction de l'excitant »^. G. Bohn écrivait de son côté que « i désignant l'intensité de l'excitant... le tropisme est fonction de i ))2.
Nous avons vivement protesté, à cette époque, contre un tel projet d'étude qui ne pouvait être que stérile^; et nous avons été assez heureux pour convaincre G. Bohn, qui renonça brusquement à comparer, au point de vue quantitatif, l'excitation à la réaction et écrivit peu de temps après dans la Naissance de V Intelligence : « On a souvent tendance à rechercher l'équivalent énergétique d'une série de mouvements dans la réception qui en a été le point de départ» C'est inexact... » Nous sommes absolument d'accord sur ce point.
Ce qui a fait croire à une relation quantitative entre l'excitation extérieure et la réaction, c'est surtout l'effet physiologique de stimulation que produit une certaine élévation de chaleur sur les organismes les plus divers. Voici un exemple de ce fait pris dans le domaine zoopédique. Lorsque les forains qui s'intitulent dresseurs ou dompteurs de Puces ont attaché quelques-uns de ces insectes à de petites voitures en ivoire ou en métal, ces animaux resteraient assez tranquilles sous le joug si, pour les mettre en mouvement, au moment de la représentation, le bateleur n'échauffait pas la table de tôle servant de théâtre, au moyen d'une lampe invisible, ou ne faisait pas descendre, au-dessus de ce théâtre, un petit lustre