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OPPOSITION A LA NOTION I) INSTINCT

exode, les /Atlorinr.s de nos côtes vont vers la hante merqnand. de ce côté, on projette une ombre. Si l'on n'examinait que ce fait, on dirait qu'il dépend d'un tropisme négatif, mais si l'on se rappelle le mode d'existence de l'espèce, le phénomène s'éclaire ; et l'on comprend que les fAtlavincs agissent ainsi parce qu'elles associent l'impression d'ombre à celles que leur causent les rochers littoraux, qui leur servent ordinairement d'abri. Quand elles vont vers l'ombre, du côté de la haute mer, c'est donc une erreur causée par une association d'impressions que l'animal n'est pas capable de rompre quand il le faudrait. De même les Pagures^ placés sur une surface courbe non perforée cherchent à faire pénétrer l'extrémité de leur abdomen dans un trou (qui n'existe pas), comme s'ils se trouvaient sur une coquille arrondie de mollusque; les Dytiques et les Hydrophiles s'abattent sur des glaces, placées horizontalement parce qu'ils les prennent pour la surface brillante de l'eau ; il n'y a, dans ces différents cas, aucune espèce de tropisme.

Dans le laboratoire, les erreurs des animaux apparaissent d'une façon encore plus frappante. Quand l'expérimentateur s'empare d'un animal inférieur^ l'isole dans un tube à essai, puis projette des rayons lumineux sur le tube, si cet animal a l'habitude de vivre dans un lieu découvert, il ne manquera pas de se diriger vers la source lumineuse, même si cette source se trouve du côté opposé à l'extrémité ouverte. Si vous placez des chenilles de Porthesia dans un tube (célèbre expérience de Lœb), elles se laissent mourir de faim à l'extrémité fermée, tournée vers la source lumineuse; et cela tient à leur habitude de monter sur les hautes branches des arbres, c'est-à-dire sur les plus éclairées. Mais libres, elles ne subiraient pas ainsi l'effet de la lumière; elles ne resteraient pas à l'extrémité d'une branche dépouillée de ses feuilles; il faut tenir compte des perturbations introduites par

le dispositif lui-même. Ici, l'erreur est, pour ainsi dire, imposée, le tube est un véritable piège lumineux ; le seul élément connu des chenilles est ici la lumière; dans cet espace étroit, aux surfaces fortement courbées et glissantes, il leur est difficile de se retourner; ce serait pour elles un pénible changement d'équilibre : il est donc fatal qu'elles se dirigent vers la source lumineuse. Ce phénomène est déterminé par l'isolement du sujet et par une intégration trop forte des sensations. Mais faisons une autre expérience.

Si nous plaçons des chenilles de Porthesia^ dans un tube à essai dont une extrémité, tournée vers la source lumineuse, s'ouvre librement dans le fond d'une petite cloche en verre dont l'ouverture est, au contraire, tournée du côté opposé à la source lumineuse, nous pourrons constater que les chenilles, après avoir arpenté le tube dans la direction b a, c'està-dire vers la lumière, se répandent dans la cloche, et finalement, en sortent en suivant une direction absolument contraire a, b. Or, rien n'a été changé dans l'état physiologique des chenilles. Elles n'ont pas mangé; rien n'a été changé dans les excitations extérieures déterminant le prétendu tropisme ; enfin aucune excitation nouvelle n'a été ajoutée. Qu'est donc devenu le tropisme? 2

De même, si l'on place des chenilles de Porthesia dans un tube recourbé revenant sur lui-même, en fer à cheval, et dont les branches sont parallèles aux rayons lumineux, on peut voir ces larves parcourir l'appareil d'un bout à l'autre, et, par conséquent, présenter successivement leur pôle oral et leur pôle anal à la source lumineuse.

Le dispositif imaginé par Bohn pour étudier les

1. Des chenilles nouvellement réveillées de leur sommeil hibernal.

2. Expérience du laboratoire de l'Institut de psychologie zoologique.

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