‹ La genèse des instinctsChapitre 22 sur 67 · OPPOSITION A LA NOTIOX D INSTINCT · texte numérisé non relu

OPPOSITION A LA NOTIOX D INSTINCT

Littorines, est, comme le tube de Lœb, mais dans le sens iiéf;atir, un vérital)le piège : <( Dans une cuvette de verre, j'ai placé des cailloux de façon à produire des déviations de trajectoires : parfois les Littorines ont passé à un millimètre d'un caillou^ couvert d'ulves où la Littorine aurait trouvé un abri, de la fraîcheur, de la nourriture : le mollusque a continué son chemin comme s'il était attiré par une force fatale 2... » Ici, les habitudes du mollusque sont changées; il est, si l'on peut dire, « dépaysé ». Ces animaux n'ont pas rhal)itude de manger à la lumière, pourquoi improviseraient-ils, d'un seul coup, une conduite nouvelle ? Mais si l'on prend des Littorines et si l'on a soin de les habituer peu à peu à se nourrir sous un éclairage de plus en plus intense, on finit par obtenir qu'elles mangent à découvert. Il n'y avait donc pas, chez elles, de tropisme, c'est-à-dire de modification du protoplasme donnant une direction; il n'y avait dans tout ceci que des habitudes que l'on peut détruire par d'autres habitudes.

Les erreurs expérimentales des biologistes de l'école de Lœb sont fort nombreuses ; et l'on cesse d'en être surpris quand on se reporte à leurs procédés au point de vue de la logique.

Gomrnent Bolin a-t-il cherché a constater le prétendu parallélisme de la direction de l'animal et de celle des lignes de force du champ énergétique? Jl l'a tout simplement supposé ! On pouvait s'attendre à ce que l'expérimentateur, en présence d'un tropisme, cherchât d'abord, au moyen d'appareils de physique, à déterminer la direction du champ de l'énergie extérieure et qu'ensuite il vérifiât le parallélisme de cette direction et de celle que prend l'animal ; mais ce n'est

1. Caillou blanc : « Un caillou blanc... repousse les littorines. » Attractions et oscillations des animaux marins, Bohn, p. 30.

Page 1