Dynamique des phénomènes de la vie, p
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roui du coté qui re.narde hi lumière; des animaux négativement héliolropiqucs, du côté opposé, indépendamment de la rt'partition de l'intensité lumineuse à l'intérieur du vase. Au contraire, des animaux doués de sensibilité diiïerenticUe se grouperont aux endroits oii l'intensité est minimum. »
La sensibilité ditTérentielle de Lœb n'est donc pas ce que ses partisans semblent indiquer, quand ils opposent cette notion au tropisme ; elle n'a pas pour conséquence une certaine indépendance des animaux vis-à-vis des agents extérieurs. Elle force les êtres vivants à agir différemment suivant les variations d'intensité des agents extérieurs et ne les rapproche pas plus sûrement de la substance qui nourrit ou de la cellule complémentaire qui permet la reproduction. Si un animal se trouve déjà dans la partie la moins éclairée d'un lieu, il ne pourra pas en sortir, grâce à la sensibilité différentielle, pour se diriger vers une proie placée dans une région plus éclairée! Il pourra distinguer le plus éclairé du moins éclairé, mais ne tirera aucun profit de sa discrimination. Il aura changé d'esclavage en cessant d'être sous l'empire du tropisme, mais il n'en obéira pas moins aux agents extérieurs !
A vrai dire, le groupement dans les plages d'ombre dont parle Lœb n'a pas la persistance qu'y voit ce savant. En général, l'effet d'un brusque changement d'éclairage rappelle, par association, la présence d'un ennemi de l'espèce et détermine des rétractions ou des fuites; mais des sensations internes et externes mettent bientôt l'animal sur une nouvelle voie de réactions; ce qui serait impossible s'il était, comme le pense Lœb, l'esclave de l'agent extérieur.
B. La sensibilité différentielle d'après G. Bohn. — G. Bohn n'a retenu de la théorie de Lœb concernant la sensibilité différentielle que ce qui est relatif aux
modifications dans la marche après un brusque changement dans l'excitation, mais il a voulu préciser encore la pensée du maître et a formulé une loi : « J'ai déduit une loi. Chez les animaux qui présentent un phototropisme positif : toute variation négative (diminution) de l'éclairement, portant sur toute l'étendue du champ lumineux, tend à produire, immédiatement ou après un arrêt plus ou moins prolongé, le changement de signe du phototropisme; chez les animaux qui présentent un phototropisme négatif, c'est une variation positive (augmentation) qui a le même effet; la tendance provoquée par l'éclairement dans l'un et l'autre cas peut se réaliser complètement ou incomplètement (une seule rotation de 180 degrés, rotations successives, oscillations régulières ou irrégulières 1. » En termes plus simples, cela veut dire qu'un animal qui d'ordinaire fuit la lumière, changera de direction si l'on augmente « l'éclairement » du lieu vers lequel il se dirige, tandis qu'un animal ayant l'habitude de venir vers la lumière changera de direction, si l'on diminue l'éclairement du lieu où il se trouve; et tout cela se passera, abstraction faite de la direction des rayons lumineux et de leur intensité absolue.
Cet auteur a fait sur des Punaises de lit, une expérience qui lui semble caractériser nettement la sensibilité différentielle. Il a remarqué que ces insectes fuient la lumière d'une fenêtre et que si, pendant cette fuite, l'on place devant eux ou derrière eux (cette fois entre la fenêtre et leur corps) une lampe, ils font également demi-tour. Il en conclut que la direction et l'intensité de la force n'ont pas ici d'effet, tandis qu'elles agissent dans le tropisme. A vrai dire, cette expérience ne prouve qu'une chose, c'est que la Punaise de lit fuit instinctivement, "par suite d^associa-
1. Bulletin de r Institut général de psychologie, janvier 1908.
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.lions anciennes^ la lumière. En elVot, 1" ranimai fuil la 'lumière de la fenêtre ; 2° il fuit la lumière de la lampe quand on la pose devant lui et 3", malgré l'apparence, il fuit encore la lumière, quand il fait demi-tour au moment oîi l'on place la lumière entre lui et la fenêtre. Il est vrai que, dans ce second cas, son demitour le met face à la plus grande lumière; mais rien ne pouvait l'en avertir et il n'a tourné sur lui-même que parce que les objets placés vers le fond de la chambre (côté opposé à la fenêtre) lui renvoyaient tout à coup un surplus de lumière. Si, du reste, l'on poursuit plus loin l'expérience, on constate que la Punaise délit, qui s'est tournée vers la fenêtre et vers la lampe, — pour fuir la réflexion des objets placés del'autre côté et tout à coup plus éclairés qu'ils ne l'étaient d'abord — fait bientôt un nouveau demi-tour : en toute circonstance, elle fuit donc la lumière. L'intensité, et par conséquent la direction de la lumière (n'enseignet-on pas en physique que l'intensité lumineuse est liée à la direction des « rayons »?) a donc une influence sur les actions de la Punaise de lit; toutefois il est bien évident qu'il ne s'agit point d'une répulsion directe, d'un tropisme, mais de phénomènes d'association de sensations, d'instincts. La Punaise fuit avec la lumière les dangers que cette lumière évoque plus ou moins clairement dans ses ganglions nerveux.
Ainsi les reculs, les mouvements tournants, etc.. sont des actes appris par l'expérience.
On a donné à la notion de sensibilité différentielle la plus commode élasticité. Gomme invoquer le psychisme proprement dit déplaît souverainement à certains biologistes (qui veulent quand même faire de la psychologie), ils ont pris le parti de mettre au compte de la sensibilité différentielle toute action animale qui ne cadre pas avec la notion de tropisme. C'est ainsi que pour Bohn cette faculté peut devenir un
besoin de continuer un acte interrompu... : « Un animal qui est appliqué contre une paroi solide et qui, brusquement, pour une cause ou pour une autre, en est écarté, tend à s'y appliquer de nouveau. » C'est ce que l'auteur appelle « la sensibilité différentielle vis-à-vis de la surface des corps solides. »
On ne voit pas quel pourrait être le critère de cette faculté; car tout acte commencé tend à se continuer; c'est la loi d'inertie... Et l'on se demande ce que la science peut gagner à la création de pseudo-divisions de ce genre, que rien ne justifie et qui, loin d'éclaircir les questions, les compliquent à plaisir!
Ce serait, du reste, perdre son temps que de chercher les critères des nombreuses « sensibilités différentielles » dont on a gratifié les animaux... Puisque, prises séparément, les réactions opposées que l'on décrit dans tout phénomène de ce genre, sont des mouvements ordinaires, et puisqu'ils ne font que se succéder, comme leurs causes extérieures et également opposées se succèdent^ on ne peut voir en eux aucun caractère particulier.