‹ La genèse des instinctsChapitre 27 sur 67 · La Naissance de l'intelligence · texte numérisé non relu

La Naissance de l'intelligence

CRITERE OBJECTIF ET PLACE DE L INSTINCT

v^ 3. — Besoins et Instincts. — Les Instincts fondamentaux. — Antithèse idéaliste de la nutrition et de l'amour.

Par suite (ruii raisouiicmonl singulier, Fréd. Cuvier, dont les idées sur les instincts des animaux, considérés dans leur état actuel, sont souvent si claires et si profondes, a séparé des instincts les appétits, les besoins naturels, parce que, si ces derniers « poussent irrésistiblement à certaines actions, ils doivent plutôt être considérés comme occasion que comme cause de ces actions» ^ Cuvier oublie que, si l'on dépouille les actes des animaux de tous les mouvements accessoires, on trouve toujours à leur origine un besoin organique. Les tendances à la nutrition, à la défense, à la reproduction sont les instincts fondamentaux eux-mêmes ; et tous les autres actes que Cuvier nomme instincts ne sont que des complications des besoins primaires, essentiels Qu'un animal plongé dans un liquide nourricier, lui prenne sa nourriture ou qu'une abeille ouvre ses cellules à miel pour manger, ce sont là deux manifestations de l'instinct, ne différant que par leur degré de complexité.

L'animal monocellulaire ou pluricellulaire est un composé protoplasmique formé d'éléments mobiles et apparaît comme une sorte de système planétaire dont les parties infiniment petites, animées de forces acquises par la nutrition sont entraînées dans un remous perpétuel. Au point de vue psychologique, tout se passe comme si les objets du monde extérieur capables de participer à ces mouvements qui sont la vie, capables d'apporter aux éléments cellulaires une énergie remplaçant celle qui est à chaque instant dépensée par l'animal, attiraient celui-ci. Les choses capables d'être ainsi

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