‹ La genèse des instinctsChapitre 31 sur 67 · WoRMS. Précis de philosophie, p · texte numérisé non relu

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déduirons de cette découverte IVxistence d'une fonction correspondante ». Ce moyen d'investigation n'était ])as sûr; car les fonctions ne sont nullement liées à des formes organiques invariables. Une autre méthode est celle de l'excitation simple : « Provoquons chez le sujet, disaient ses adeptes, au moyen d'un agent extérieur (chaleur, lumière, etc.) une stimulation; s'il se produit une réaction, nous en conclurons que la stimulation a été sentie ». Ce fut la méthode des anciens naturalistes, comme Réaumur et des modernes tels que Plateau, Lubbock, Forel et d'autres encore. Elle a rendu des services; mais elle manque de précision. En effet, dans le cas de résultat négatif, c'est-àdire quand le sujet ne réagit pas, rien ne prouve qu'il n'a perçu aucune sensation; car toute sensation n'est pas dynamogénique, et l'on n'a rien fait pour relier éventuellement un mouvement à la sensation supposée. D'autre part, dans le cas de résultats positifs, c'està-dire quand l'animal se meut à la suite de l'excitation simple, il peut y avoir des coïncidences qui perturbent complètement l'expérience.

On était donc bien loin, avec un tel procédé, de pouvoir déterminer sûrement l'existence d'un sens chez un animal et surtout d'avoir les moyens d'en mesurer l'étendue. Aussi, dès 1901, cherchait-on, à l'Institut de psychologie zoologique, à modifier la méthode ordinaire de mensuration des sens chez l'homme pour l'adapter aux animaux, de façon à pouvoir se passer complètement de leur « bonne volonté ». Le moyen expérimental qui permit d'arriver à ce résultat fut d'ailleurs trouvé assez rapidement, grâce à la connaissance du dressage pratique.

Supposons qu'un animal ait été dressé à exécuter une réaction à la suite d'une impression affective. Si nous voulons mettre en évidence sa sensibilité à des excitations auditives, olfactives, visuelles, etc., nous n'aurons qu'à provoquer à de nombreuses reprises les

excitations, dont l'effet est à démontrer, avant de produire l'impression affective qui est nécessairement suivie de la réaction. Quand, à un moment donné, les excitations sensorielles qui, d'abord employées seules, ne produisaient pas la réaction, finissent par la déclancher sans emploi de l'impression affective, il est prouvé qu'un lien psychique s'est formé entre l'impulsion motrice, d'une part, et une sensation^ provoquée évidemment par les excitations dont on voulait connaître l'effet. Si, au contraire, le sujet reste inerte, il est prouvé qu'il n'y a pas eu de sensation représentative perçue ; car, nous le verrons dans un prochain chapitre, toutes les impressions en série, répétées un grand nombre de fois, s'unissent, et si l'une d'elles est liée à une réaction, les autres deviennent à leur tour dynamogéniques.

L'existence d'une faculté sensorielle étant établie, pour en déterminer Vacuité, l'expérimentateur n'aura qu'à répéter ses essais sur ce sens en diminuant l'intensité de l'excitant, à chaque épreuve. Le degré minimum d'intensité nécessaire à la réaction marquera le seuil de la sensation.

Les avantages de cette méthode ressortent clairement quand on l'oppose à celle de l'excitation simple dont nous avons rappelé les grandes lignes.

Ici la réaction est choisie, spéciale, c'est un actesignal qui ne peut être confondu avec un mouvement naturel. Toute confusion devient ainsi impossible.

Les espèces chez lesquelles ces recherches sont le plus faciles appartiennent évidemment à rembranchement des vertébrés; mais, à l'exception des êtres microscopiques, tous les animaux s'y prêtent plus ou moins parce que tous sont capables d'apprendre. Toutefois, les expériences de ce genre sont extrêmement longues et difficiles à pratiquer sur les espèces inférieures. Vacte-signal est le procédé particulièrement indiqué quand il s'agit d'étudier les

CRITÈRE OBJECTIF ET PLACE DE l'iNSTINCT 119

hôtos des jardins zoolof^nques, c'esl-à-diro les mamniileres, les oiseaux, les reptiles, quelques batraciens et poissons.

Il nous a i)aru nécessaire de nous arrêter un instant à la description de ce mode expérimental entièrement nouveau; à l'aide du([uel le psycho-physiologiste pourra désormais explorer les sensations représentatives des animaux, c'est-à-dire les éléments ultimes de leurs instincts. Déjà les premiers résultats obtenus dans ce domaine ont révélé chez les espèces les plus diverses une merveilleuse sensibilité, dépassant, dans bien des cas, la sphère oi^i l'organisation humaine est emprisonnée^.

§ 8. — Discussion sur la conscience.

Le principe du parallélisme. — Quelques psychologues ont trouvé commode de considérer les processus i)sychiques comme ayant lieu parallèlement aux processus physiologiques ou cérébraux et n'intervenant pas dans leur déterminisme. Cette « hypothèse de travail » permet surtout de ne pas s'occuper d'un point difficile à éclaircir et c'est une négation que rien ne justifie.

Le D' Sollier a très bien montré, dans une conférence donnée à l'Institut psychologique, combien le principe du parallélisme est discutable : « On a dit : Si les phénomènes psychologiques sont toujours parallèles aux phénomènes physiologiques, n'en demandons pas davantage et bornons-nous à constater ce parallélisme...

Je crois qu'il faut aller plus loin 2... » Par un tout autre chemin, Gh. Sedgwich-Minot est arrivé à la même

1. Voir Les Actes-signaux et la physiologie du système nerveux, par P. Ilachet-Souplct.

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