‹ La genèse des instinctsChapitre 49 sur 67 · Loc. cit. p · texte numérisé non relu

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2. Revue des idées. L'étude objective des phénomènes cérébraux.

EFFETS DE L HABITUDE

répétitions laissant entre elles des intervalles. Il dit simplement : « Chez les animaux, la rép<'titionde l'excitation entraine l'extinction de la réaction correspondante... C'est un fait très général que la répétition d'une même réaction aboutit à l'extinction de celle-ci et cela que le mécanisme de la réaction soit simple ou complexe. »

Cela n'est vrai que si l'excitation est imposée coup sur coup et dans certaines conditions. Dans ce cas, il y a sans doute fatigue. Bien au contraire, les répétitions de l'excitation, séparées par des intervalles, impriment fortement les « potentiellités » réactionnelles. C'est la base même du dressage des animaux, qui exécutent d'autant mieux leurs exercices qu'on les leur a fait répéter plus souvent. L'animal obéit finalement aux signaux avec une ponctualité parfaite.

Nous avons souvent montré, au cours de nos conférences de l'Institut de psychologie zoologique, et nous possédons encore actuellement un chien griffon, qui, pour un même exercice, obéit à des sons gradués qui arrivent à être imperceptibles pour l'homme. (C'est là le « secret » des signaux employés par les montreurs de chiens, chevaux, etc.. prétendus calculateurs.)

§ 2. — Effet de l'habitude sur les actes iatelligents. Llnstinct secondaire.

Nous avons vu que, par la, persuasion, en s'adressant uniquement à l'intelligence du sujet, l'on peut obtenir des réactions ; or, pour les fixer, pour obtenir plus tard leur répétition à un signal convenu il faut, par de nombreuses répétitions, les transformer en instincts secondaires. Le dressage par persuasion n'est, en effet, acquis que quand un acte, ayant été d'abord bien compris par l'animal-élève, le dresseur est arrivé, à la suite de nombreuses répétitions, à le

rendre automatique, ((^'est ce que notre regretté collègue Baron, le distingué zootechnicien de l'Ecoh d'Alfort, appelait l'opisthopsychisme.) Gustave Le Boi l'avait bien compris quand il écrivait : « Le dressag( n'est terminé que quand les associations conscientes sont devenues inconscientes ; le signe conventionnel! par lequel un tel acte est demandé est alors suivi de] l'exécution automatique de cet acte. Chez le cheval, comme chez l'homme, l'éducation a pour conséquence' finale de faire passer le conscient dans l'inconscient» \

La vraie persuasion n'est pas un procédé ijratique. En effet, un acte quelconque, accompli par un sujet intelligent, avec la meilleure volonté, et même avec plaisir (sans qu'il ait subi d'excitations douloureuses), l'ennuie profondément, dès qu'on le lui demande à de très nombreuses reprises.; et plus il est intelligent, plus vite il en arrive à se refuser, à se défendre. La difficulté n'est pas insurmontable ; mais elle est considérable. Le procédé déterminant des associations simples, inconscientes, est bien plus rapide.

D'autres raisons encore font de la persuasion un procédé de laboratoire et non de cirque. Il exclut toute routine de métier ; et, précisément à cause de cela, est plus pénible que tout autre pour le dresseur, en raison des elîorts personnels qu'il lui impose. Enfin, si la persuasion éveille l'intelligence et, parfois, permet à des animaux bien doués d'aller directement au but, elle ne peut toutefois permettre de l'égler un long « numéro » de théâtre dans toutes ses parties.

1. Bien que le dressage du cheval de selle auquel le D'" Gustave Le Bon a consacré son très remarquable livre VÉquitation actuelle et ses principes (Firmin-Didot, édit.) ne comporte pas, selon nous, remploi de la persuasion et que tous les exemples de procédés de dressage donnés par ce savant s'expliquent par la simple contiguïté des excitations, l'auteur de VÉquitation actuelle et ses principes a eu la très nette prévision de ce qu'est la persuasion proprement dite.

EFFFTS DE L HABITUDE

Nous avons passé, aulrofois, de longs nnois à dressor des animaux par persuasion ; nous avons obtenu ainsi de Yérital)les instincts secondaires et un automatisme aussi absolu que celui que détermine le dressage par associations simples. ( l'est à propos d'un de nos chiens, dressé par ce procédé et donné à un professionnel de cirque que nous écrivions dans notre È\xamen psychologique des animau.r^ : « Nous avons connu un chien dressé par persuasion à danser seul sur la scène, éclairé par un système spécial de boîtes dites « à lumière » ; il tournait sur lui-môme tant que les lentilles l'éclairaient ; l'appelai t-on de la coulisse ? // ; jetait des cris d'angoisse^ avait l'air de se débattre, et \ cependant continuait de tourner. Il fallait que les boîtes fussent fermées pour que le chien cessât d'être sous l'influence de son tic, de la manie que le dresseur lui avait inculquée en utilisant d'abord les ressources de l'intelligence. »

Il est très instructif de suivre chez les animaux la transformation d'un acte raisonné en un acte réflexe.

Si vous prenez, par exemple, un chat qui, une première fois, a su ouvrir une armoire, peu de temps après qu'il a donné cette preuve d'intelligence, je veux dire avant que les mouvements qui lui permettent de faire jouer le loquet aient pu se transformer, par la répétition, en réflexes secondaires, et si vous remplacez la porte pleine de l'armoire par une porte grillagée, le chat n'ouvrira cette porte que si vous avez mis en place Vappnt. Répétez ensuite l'expérience un très grand nombre de fois, en mettant toujours l'appât , vous obtiendrez des mouvements réflexes d'origine intellectuelle et le chat finira par ouvrir l'armoire dès qu'il la verra, sans que l'appât s'y trouve et par conséquent sans avoir aucun motif raisonnable d'agir ainsi.

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