Les Arts et métiers chez les animaux^ par H. Coupin
CRITIQUE DES ANCIENNES .AlÉTHODES 21
§ 4. — La méthode dite (( éthologique ».
Au point de vue évohitionniste, on spécialise le sens réel (le l'expression : « Méthode élliologique » en désignant par ces mots la transposition dans le temps de ce que l'on constate dans l'espace, en observant des animaux ayant des instincts qui offrent entre eux des rapports, sans être cependant identiques. Ayant remarqué que des espèces voisines ont, à des degrés divers, un instinct déterminé, l'on fait de ces degrés une série enchaînée se déroulant d'une époque à une autre.
L'observation éthologique est un procédé fort ancien. Darwin, Haeckel, Giard et beaucoup d'autres ont employé plus ou moins largement cette méthode. Darwin a expliqué, par exemple, la complexité de l'industi'ie de l'abeille par la comparaison éthologique. « J'ai été étonné, écrit-il à ce propos, de constater combien nous pouvons encore fréquemment découvrir d'intermédiaires conduisant vers les instincts les plus compliqués » ^. Ed. Perrier n'a cessé de recommander la méthode éthologique : « Toutes les fois que l'on observe chez un animal un instinct qui semble miraculeux, on trouve chez les animaux du même groupe une série graduée d'instincts, d'abord très simples, desquels on peut s'élever par une série de modifications continues et parfaitement explicables jusqu'à l'instinct qui paraissait merveilleux quand il était isolé. » Il va jusqu'à faire ce rapprochement : « En fixant toutes ces étapes •sur une bande cinématographique, on pourrait faire revivre dans tous ses détails l'évolution logique de tous les instincts-. »
Une telle évolution peut satisfaire la logique; mais