Q LA GÉNUFLEXION
but que je fléchis les genoux devant le père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, de qui vient tonte paternité dans les cieux et sur la terre (1). »
Prisonnier comme saint Paul, Pie IX peut dire aux chrétiens faibles dans la foi : « Ne vous scandalisez pas de mes souffrances, elles sont votre gloire ; c'est pour vous, pour sauvegarder votre foi, que je les endure. Soyez heureux et fiers en voyant le courage que Dieu me donne, de ne faire à nos ennemis aucune concession suspecte. » Afin d'être exaucé, saint Paul prie à genoux.
Combien de fois Pie IX n'a-t-il pas pris la même attitude ! combien de larmes nVt-il pas répandues pour empêcher le naufrage des âmes, au milieu de la tourmente inouïe qui agite la barque de Pierre !
Après avoir, par des génuflexions célèbres, jalonné notre route au tra-
(1) Propter quod peto ne deficiatis in tribulationis meis pro vobis. Quae est gloria vestra hujus rei gratia fïecto genua mea ad Patrem Domini nostri Jesu Christi, et quo omnis paternitas in cœlis et in terra nominatur. Eph.y ni, 13, 14.
vers de l'Ancien et du Nouveau Testament, nous arrivons, mon cher Frédéric, aux dernières pages du Livre divin. Avec l'aigle de Pathmos, élevons-nous jusqu'au ciel. Là, nous verrons comme lui la grande loi de la création s'accomplir, avec une promptitude et une solennité qui doivent, plus que tout, nous rendre respectable le rit traditionnel de l'adoration.
IX. — Le Fils de Dieu, le vainqueur de la mort et de l'enfer, est assis sur son trône. Une lumière éblouissante l'environne. Cette lumière réunit les couleurs des pierres les plus précieuses, et toutes les nuances, de l'arc-en-ciel.
Autour de son trône sont vingt-quatre trônes, resplendissants de richesse et de beauté. Sur ces trônes siègent vingtquatre vieillards, vêtus de blanc et une couronne d'or sur la tête.
Dans ces vingt-quatre vieillards, tu vois les douze chefs des tribus d'Israël et les douze apôtres, chefs de toutes les tribus du peuple chrétien. C'est là l'humanité tout entière qui va faire la
génuflexion devant Dieu. En effet, des tonnerres et des éclairs, partis du Troue divin, proclament la puissance et la majesté du Roi des rois.
Au bruit du tonnerre se mêlent des voix célestes qui chantent : « Saint, « Saint, Saint, le Seigneur Dieu tout- « puissant qui était, et qui est et qui « doit venir. » A ces mots, les vingtquatre vieillards descendent de leurs trônes, et se prosternent devant celui qui est assis sur le trône. Adorant le le Vivant aux siècles des siècles, et jetant leurs couronnes devant son trône, ils disent : « Vous êtes digne, Seigneur ce notre Dieu, de recevoir la gloire et « l'honneur et la puissance,, parce que « vous êtes le créateur et le conserva- « teur de toutes choses (1). »
Ainsi toujours, parmi les hommes, le parfait accomplissement de la grande loi proclamée par saint Paul : Omne genu flectatur terrestrium.
Tout à toi.
(1) Apoc, iv, 3, 11.