‹ La génuflexion au XIXe si`ecleChapitre 20 sur 37 · H6 LA GÉNUFLEXION · texte numérisé non relu

H6 LA GÉNUFLEXION

l'adore. Connais-tu quelque chose de plus révolutionnaire?

Le chef des démons vaincu, nous allons voir Notre-Seigneur chassant devant lui, comme d'immondes troupeaux, tous ses subalternes. Il serait trop long de rapporter en détail toutes les génuflexions des démons devant le Fils de Dieu, parcourant la Judée et commençant l'interminable histoire des expulsions sataniques, opérées par les Apôtres et par l'Eglise dans toute la suite des siècles. Citons seulement quelques exemples.

IV. — Le Sauveur venait de traverser la mer de Tibériade, et entrait sur le territoire des Géraséniens. Tout à coup vient à sa rencontre un homme, depuis longtemps possédé du démon. Cet homme était tout nu, fuyait les maisons et habitait dans les tombeaux. Dès qu'il vit Jésus il tomba à genoux, criant à haute voix : « Qu'y a-t-il entre vous et moi, Jésus, fils du Dieu Très-Haut? Je vous en supplie, ne me tourmentez pas ; » car Jésus ordonnait à l'esprit

immonde de sortir de cet homme .

Depuis longtemps le démon s'emparait de lui. Vainement on le liait avec des chaînes et des entraves, il rompait ses liens ; et le démon le poussait dans les lieux déserts. Jésus demanda au démon : « Quel est ton nom ? » — « Je m'appelle Légion » ; parce que beaucoup de démons étaient entrés dans cet homme, et tous le conjuraient de ne pas leur commander de retourner en enfer. Or, il y avait là un grand troupeau de porcs, qui paissaient sur la montagne. Et les démons lui demandaient la permission d'entrer dans ce troupeau ; et il le leur permit. Les démons sortirent du possédé et se jetèrent dans les pourceaux, qui se précipitèrent dans la mer. A ce spectacle les Géraséniens prièrent Notre-Seigneur de s'éloigner.

Honteux aveuglement ! Parce qu'ils ont perdu quelques cochons, les Géraséniens se privent de la présence du Fils de Dieu et des bienfaits qu'il répandait sur son passage. D'ailleurs, ils

n'avaient pas lieu de se plaindre, moins encore d'accuser d'injustice Notre-Seigneur.Dieu estle propriétaire de tout. En faisant périr quelques animaux, il ne com met pas plus d'injustice qu'en permettant au feu de brûler une maison, ou à la grêle de ravager les maisons et les vignes.

Combien aujourd'hui imitent les Géraséniens ! Que dis-je ? Combien ne rougissent pas de dire comme les démons :

« Envoyez-nous dans les pourceaux !

Enseignez-nous des doctrines qui nous autorisent à nous livrer à toutes nos passions : Mitte nos in porcos (1) !»

Le bruit du miracle s'étant aussitôt répandu, les habitants du voisinage accourent en foule et voient le possédé vêtu, sain d'esprit, et tranquillement assis aux pieds de Jésus. Pénétré de reconnaissance, le délivré demanda à Notre-Seigneur de demeurer avec lui.

Mais le Sauveur lui dit : « Retournez chez vous, et annoncez partout ce que Dieu a fait pour vous. » Et il le fit.

Tout à toi.

(1) Matth., vin, 31; Luc, vin, 32.

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