J86 LA GÉNUFLEXION
appel adressé aux étudiants les a conviés aune manifestation de la libre pensée.
Environ trois mille y ont répondu. C'étaient autant de jeunes libres penseurs, réunis pour affirmer sur un cadavre le néant de leurs crovances.
La manifestation a été suivie d'un banquet, où l'un des jeunes fils de Voltaire s'est exprimé en ces termes : ce Camarades, c'est avec bonheur que nous avons vu la jeunesse des écoles considérer comme un devoir de prendre part à cette grande manifestation anticléricale, et témoigner ses sentiments en rendant, pour ainsi dire, les honneurs du triomphe aux cendres de celui, dont tous les efforts ont eu pour but la déchristianisation des races latines.
« Citoyens, le combat commence ; nous allons lutter et triompher. Il faut qu'en présence des menées sourdes du cléricalisme cherchant à corrompre la jeunesse , celle-ci se réunisse , et que, par une manifestation éclatante, elle montre toute son horreur pour les doctrines du clergé, répudie énergiquement toute al-
liaiice avec ses théories insensées, et enfin proclame hautement ses sentiments de libre pensée. »
Que la jeunesse, à qui l'avenir appartient, se laisse envahir par de pareilles doctrines, et dans peu d'années la société sera une poudrière gardée par des fous. Alors qu'arrivera-t-il? Les libres penseurs eux-mêmes répondent : « La bataille sera livrée oui, un jour ou l'autre; c'est inévitable. La Commune n'aura été qu'un combat d'avant-garde ; 93 qu'une faible image, qu'une pâle lueur des événements qui se dérouleront alors. Cette fois le Romanisme ne sera pas oublié. Encore quelque temps, nous serons témoins de ruines et de massacres devenus nécessaires. »
Heureusement que Dieu est là !
Tout à toi.