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LE VOYAGE DES ARGONAUTES : L*ALLEB
autre détail intéressant est donné par lui : après la mort d'Amycos et la défaite des Bébryces, les Argonautes offrent un sacrifice aux immortels et chantent un hymne en l'honneur de Pollux après s'être couronné le front avec les branches d'un laurier auquel était amarré le navire^ Ce laurier, nous apprend le scoliaste, n'est pas une invention poétique de l'auteur :
« Il y a vraiment à cet endroit un laurier de belle taille, comme le dit Androitas de Ténédos dans son Périple de la Proponlide, où il raconte en passant que la contrée s'appelle Amycos, qu'elle a aujourd'hui encore des habitations et qu'elle se trouve à cinq stades du sanctuaire des Nymphes de Chalcédôn. Apollodoros, au premier livre des Ponliques, dit qu'il existe au même endroit un temple d'Amycos et que si l'on prenait une branche du laurier, on s'exposait à un reproche^ ».
Le combat de Pollux et d'Amycos, d'après une version ancienne qui remonte à Peisandros de Ehodes, Epicharme et Sophocle, ne se terminait pas par la mort d'Amycos comme dans les Argonautiques : le roi des Bébryces était simplement vaincu et attaché à un arbre. Telle est probablement l'origine du laurier dont parle le poète. Les œuvres d'art avaient aussi contribué à répandre cette tradition : une peinture de l'école de Polygnote représentait Amycos lié à un arbre; ce tableau a inspiré la célèbre ciste de Ficoroni, gravé à Rome au début du ni^ siècle par Novios Plautios^ où l'on voit le colosse attaché à un laurier. Apollonios, tout en suivant la tradition récente d'après laquelle Amycos est tué, a donc tenu compte de l'ancienne en faisant intervenir le laurier dans son récit. Le caractère sacré de ce laurier est confirmé par Phne et Etienne de Byzance*. Pline rappelle qu'il existait sur le Bosphore un port d'Amy-