II
Kymphis, n'a aucun rapport avec le nom de « Mer Orientale », par lequel Apollonios désigne le Pont-Euxin; c'est un terme peu précis, qui rappelle le temps où Aia, pays de la toison d'or, était vaguement placée très loin vers l'est « aux confins de la terre » comme dit Jason^
D'ailleurs, les expressions de ce genre se rencontrent quelquefois. Hérodote appelle mer Septentrionale, Méridionale, Orientale tantôt une mer située au nord, au sud ou à l'est par rapport au personnage ou au peuple dont il est question, tantôt, au sens partitif, le nord, le sud ou l'est d'une mer. Ainsi mer Septentrionale désigne la Méditerranée par rapport à la Libye, ou le Pont-Euxin par rapport aux Perses^; mer Méridionale, le Pont-Euxin pour les Issédons, les Arimaspes et les Cimmériens, la mer Erythrée pour les Perses, ou la mer située au sud de l'Erythrée^ Enfin la mer Orientale*, désigne la mer à l'est de la Chersonèse Taurique, c'est-à-dire le Bosphore Cimmérien et le marais Méotide. Chez Apollonios, il ne peut être question de la partie orientale du Pont-Euxin, mais de la mer orientale en général. De La Ville 4e Mirmont propose même d'écrire 'HoiTjv avec une majuscule, ce qui ne change rien au sens. La même expression désigne dans un autre passage des Argonautiques^ la mer où se jette l'Istros, c'est-à-dire encore le Pont-Euxin. Si Nymphis est la principale source d'Apollonios, il ne faut pas oublier que Xénophon, dans VAnahase'^^ fait mention d'une « presqu'île Achérousias », voisine d'Héraclée, où se trouve un gouffre « de plus de deux stades » par lequel, dit -on, Héraclès descendit aux Enfers. Cette tradition locale, rapportée par l'historien, est sans doute celle que Nymphis a développée avec plus de détails.