‹ La géographie dans les Argonautiques d'Apollonios de Rhodes [microform], Thèse principaleChapitre 181 sur 279 · II. — L'Istros · texte numérisé non relu

II. — L'Istros

A partir du cap Carambis, les Argonautes s'éloignent de la côte méridionale du Pont-Euxin; suivant la route éclairée par Hécate, ils se dirigent tout droit vers le nord-ouest et arrivent à l'embouchure de l'Istros.

A) Sources de Vlstros

D'après Argos, fils de Phrixos, ce fleuve, « bras le plus septentrional de l'Océan )>, prend sa source dans les Monts Ehipées, au pays des Hyperboréens et, une fois arrivé sur le territoire des Thraces et des Scythes, se divise en deux branches dont l'une se jette dans le Pont-Euxin, l'autre dans l'Adriatique^; c'est un fleuve large et profond, navigable même pour un vaisseau de transport; sur une longue distance, il est le seul fleuve de la terre. L'Istros est évidemment le Danube, mais pour apprécier la valeur de cette description, il ne faut pas oublier que, jusqu'à l'époque romaine on le connaissait fort mal. Au temps d'Apollonios, on n'avait aucune idée précise de son cour supérieur.

« On avait confondu le fleuve et ses affluents, non seulement avec leurs vallées, mais encore avec les routes commerciales que celles-ci ouvraient à travers le continent européen. Ainsi chez les géographes ioniens il traversait presque toute l'Europe du nord au sud; chez Hérodote, il la coupait de l'ouest à l'est. Plus on avait préféré les routes maritimes de la Méditerranée et de l'Occident à ces voies transcontinentales, plus l'ignorance s'était faite sur le fleuve, plus on avait diminué la longueur de son cours présumé. On connaissait encore l'ister comme chemin commercial du Pont-Kuxin à l'Adriatique. Au nord de cette route, il était inconnu, on ne savait sur lui que des fables, on ne faisait que des hypothèses-. »

Page 1