‹ La géographie dans les Argonautiques d'Apollonios de Rhodes [microform], Thèse principaleChapitre 182 sur 279 · IV, 282, ss · texte numérisé non relu

IV, 282, ss

2. DE Paghtère, Salluste, et la découverte du Danube {Mélanges d'Archéologie et d'Histoire, 1908, p. 80); cf. Berger, Gesch. der wiss. Erdkunde der Griechen, 2^ éd., p. 233-235; P.-W., art. Danuuius,

LE VOYAGE DES ARGONAUTES *. LE RETOUR

Plus tard, à partir du ii^ siècle av. J.-C, des auteurs ont longtemps appelé Danoubios et Istros le cours supérieur et inférieur du Danube sans savoir qu'il s'agissait du même fleuve. Poseidonios, Diodore de Sicile et probablement César pendant la guerre des Gaules, les considéraient comme deux fleuves distincts; Salluste, dans ses Histoires, entre 36 et 34 av. J.-C, fut sans doute le premier à admettre leur identité; ApoUonios ne parle donc que de l'Istros. Sans en connaître le cour supérieur, il en indique les sources d'une manière curieuse : c'est « le bras le plus septentrional de l'Océan^ » et il descend des Monts Ehipées, situés au pays des Hyper-

boréens.

En faisant de l'Istros un bras de l'Océan, le poète nous ramène subitement à la vieille théorie d'Homère, d'Hésiode et d'Hécatée, d'après laquelle tous les grands fleuves, comme le Phasis, le Nil et le Tanaïs, viennent de l'Océan qui en

toure la terre.

Cependant il ajoute que le fleuve prend sa source dans les Monts Ehipées. D'après de Wilamowitz, ces deux renseignements ne seraient pas contradictoires : Hésiode appelle aussi « bras de l'Océan » le Styx, qui ne communique pas avec lui directement mais par des canaux souterrains; peut-être ApoUonios se représente-t-il de la même manière les rapports de l'Océan et de l'Istros-. Cette théorie nous paraît difficile à accepter. Dans ce passage d'Hésiode, «bras de l'Océan «ne peut avoir que le sens de dérivation souterraine parce que le Styx, fleuve des Enfers, est souterrain. Mais l'Istros coule sur la terre et le mot xépa; désigne ordinairement un bras de fleuve, en particulier les bouches du NiP. Il faut donc laisser à l'expression « bras de l'Océan » son sens habituel et y voir un reste de géographie fabuleuse qui rappelle le temps

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