‹ La géographie dans les Argonautiques d'Apollonios de Rhodes [microform], Thèse principaleChapitre 193 sur 279 · Op. cit · texte numérisé non relu

Op. cit

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jamais vu de navire et prennent ceux des Colques pour des monstres marins.

Le poète paraît avoir une certaine connaissance des rives de l'Istros dans son cours inférieur. Il nous parle en effet de bergers qui abandonnent leurs innombrables troupeaux, de prairies basses et humides, d'une plaine de Laurion. Ces détails sont confirmés par les voyageurs modernes. De Moltke, par exemple, décrit ainsi la même région ;

« Sur le bas Danube, la contrée est plus attrayante, les îles sont plantées d'épais fourrés de roseaux, les bras du fleuve ressemblent à des lacs, et le courant s'élargit enfin en une mer de roseaux large de 10 lieues, dans laquelle on voit s'avancer de grands navires. »

Et dans un autre passage :

« La côte s'éloigne, s'abaisse et finit par se changer en un vaste marais entouré par la mer, par des lacs étendus et par les bras du Danube. Cette vaste étendue n'est qu'une alluvion du grand fleuve qui, des eaux des Alpes, du Balkan et des Karpathes, teint en jaune la mer bleue jusqu'à une distance de 3 à 5 milles géographiques..'.

Ce fleuve jette trois bras principaux à travers le delta : au sud, le Kédrilleh-Boghas; au nord, le Kili-Boghas; au milieu, la Sulina, qui seule est navigable. La Sulina est large de cent cinquante à deux cents pas, et forme à son embouchure un banc de sable couvert à peine de dix pieds d'eau ^.

En remontant l'Istros, Colques et Argonautes passent au pied du mont Angouros et du rocher Cauliacos, où se séparent les deux bras du Danube qui se dirigent vers le Pont-Euxin et l'Adriatique. Le Mont Angouros était cité par Timagétos dans son ouvrage Sur les Ports-. Ce géographe est la source probable du poète.

Le rocher de Cauliacos ne se rencontre pas avant ApoUonios; le scoliaste affirme qu'un certain Polémon, probable-

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