‹ La géographie dans les Argonautiques d'Apollonios de Rhodes [microform], Thèse principaleChapitre 212 sur 279 · A.GRiisiER, La décoauerle du PJiin, p · texte numérisé non relu

A.GRiisiER, La décoauerle du PJiin, p

LE RHODANOS

(ApojsvTt'or,) et d'une des sources de laDoire Baltée (Ao^pfa;) signalé par Strabon^. Il en est de même pour le Ehône et le Ehin. Le Pô, continué par le Tessin, conduit au voisinage immédiat des sources du Rhône et du Rhin, aux flancs du Saint-Gothard. La région à l'est du Jura, entre les lacs de Genève et de Constance, se prête à l'invention de grands fleuves qui communiquent entre eux par la disposition compliquée de ses lacs et de ses cours d'eau^ Enfin, conmie l'a montré notamment M. Jullian, cette jonction supposée du Pô et du Rhône « traduisait sans doute le fait que les négociants passaient d'une vallée à l'autre et que les deux fleuves étaient les tronçons d'une seule route commerciale^^ » qui, partant de Marseille, remontait la vallée du Rhône pour atteindre soit l'Italie du Xord par le Pô, soit la Bourgogne, la Franche-Comté, l'Alsace, la Suisse et l'Allemagne du Sud par la Saône, le Doubs et la Loue, soit le Palatinat et la Hesse par le Rhin et la Moselle. C'est probablement aux colons marseillais que les Grecs doivent quelques renseignements sur ces pays celtes et ligures ; Aristote, par exemple, connaissait la perte du Rhône^; Timagétos, d'après le scoliaste, avait cité les « montagnes celtiques » et un « lac des Celtes^ ». Timée semble avoir eu aussi quelque connaissance de ces contrées. Ce sont probablement Timée et Timagétos qui ont renseigné le poètes Dans les pays celtes, les marchands de Marseille venus par la vallée du Rhône rencontraient ceux d'Italie et d'Etrurie qui avaient remonté le Pô :

« Par la vallée du Pô, ce commerce arrivait au Gothard. De là, par la vallée du Rhône, la rive nord du i.éman, et le lac de Neuchâtel, ils atteignaient la station fameuse de la Tène, entrepôt commercial de première importance'. »

1. C. Jullian, Hisl. de la Gaule, I, 45 et n. 2; Strab., 169, 41 ss.

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