n. IV
3. Il est aussi désigné sous le nom de Bhenos par l'auteur du traité De mir. ausc., 168.
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LE VOYAGE DES ARGONAUTES : LE RETOUR
LE RHODANOS
Au nord de la bifurcation, sur les rives du Ehin, les Argonautes atteignent le rocher ITerkynien, d'où Héra les avertit par un cri de ne pas aller plus loin. Effrayés, ils reviennent en arrière, s'engagent dans le Ehodanos proprement dit et, à travers les pays celtes et ligures, atteignent la Méditerranée.
Le mot Herkynien, en usage avant Apollonios, désignait une chaîne de montagnes et une forêt. D'après Aristote, les « Monts Arkyniens », où l'Istros prend sa source, se trouvent dans la même direction que les Monts Ehipées, non loin de la ligne de partage des eaux entre l'Istros et les fleuves qui coulent vers le nord. Cette opinion, confirmée par l'ouvrage Sur les récits merveilleux, semble remonter à Timée^ Ce traité mentionne les forêts Herkyniennes avec les sources de l'Istros. Eratosthène aussi connaissait la forêt sous le nom d'Orkynienne, d'après un passage de César2. Au sens large du mot, les Monts Ilerkyniens étaient des montagnes boisées qui s'étendaient du Rhin aux Carpathes, couvrant une grande partie de l'Europe centrale^
Sur leur emplacement les érudits ne sont pas d'accord et il en résulte des différences sensibles dans l'itinéraire qu'ils prêtent aux Argonautes. Les uns les confondent avec les Alpes*, en s'appuyant sur le témoignage des lexicographes anciens qui placent dans l'Italie du î^ord les Monts Herkyniens ou la forêt de ce nom^ Mais leur affirmation est suspecte : elle semble reposer sur une interprétation hâtive du texte d'Apollonios et elle est contredite par les auteurs anciens qui, même avant le poète, placent dans cette région les sources de l'Istros. M. JuUian a repris cette théorie en la modifiant d'ime manière ingénieuse : les Monts Her-
1. MéléoroL, I, 13, 20; Ps. Aristt., Mirab. ausc, 105 et Diod., V, 21, 1; cf. Geffcken Timaios's Geogr. des Wesiens, 159, 17, 18 et 130, 33.