Frg. 68 = scol. Ap , ÏV
cile, on plaça l'île des Sirènes au sud du promontoire de Circé, soit aux environs de Naples et de Sorrente, soit au cap de Poséidon entre Paestum et Eléa, soit enfin près du cap Péloros, à l'entrée du détroit de Sicile. La première version était connue d'Apollonios, puisqu'on la trouvait chez Timée, dont Strabon confirme les renseignements. Tous deux signalent à Naples un temple dédié à Parthénopé, une des Sirènes^ Strabon mentionne près de Sorrente un temple des Sirènes au cap d'Athéna, appelé aussi cap des Sirènes, et non loin de ce promontoire les trois îles des Sirènes'^. Elles forment, dit M. V. Bérard,
...« un petit archipel de roches et d'îlots, qui se trouvent sur la côte italienne, au sud de la presqu'île Sorrentine, dans le golfe actuel de Salorne et d'Amalfi, dans l'ancien golfe de Paestum, à la porte du détroit de Capri que les marins appellent les Petites Bouches. Ces îlots s'appellent aujourd'hui (on ne sait pourquoi) les Coqs, Galli^ »
Apollonios toutefois ne parle que d'une île et il la place à l'est d'Aiaié puisque les Argonautes sont poussés par le Zéphyre. Il se représente donc les côtes italiennes comme s'étendant de l'ouest à l'est : il ne faut pas s'en étonner, Strabon lui-même a commis cette erreur comme on peut le voir en consultant la carte du monde d'après ce géographe, dressée par Millier*.
Les Argonautes résistent aux séductions des Sirènes grâce à une mélodie d'Orphée; seul Boutés, fils de Téléon, se jette à la mer, où il est recueilli par Cypris, déesse du mont Eryx, qui l'installe au cap de Lilybée, au nord-ouest de la Sicile.
Après avoir échappé aux Sirènes, les Argonautes arrivent près des Planètes ou Eoches Errantes, que le poète semble confondre avec les îles d'Héphaistos et d'Aiolos. En effet
1. Timée, frg. 99 = scol. Lyc, 732; Strab., 18, 51 et 21, 33.