IV
Le poète mentionne aussi le cap Lilybée et Eryx avec son temple d'Aphrodite. Le cap Lilybée, aujourd'hui Capo Boeo ou di Marsala, au sud-ouest de la Sicile avec une ville de ce nom, n'est cité que par Skylax^ avant Apollonios. Eryx est le nom d'une montagne célèbre par \m sanctuaire d'Aphrodite déjà cité par Hérodote, Thucydide et Théocrite^. Timée=^ faisait mention d'un certain Eryx, fils d'Aphrodite et de l'Argonaute Boutés dont parle aussi Apollonios : le géographe, une fois de plus, paraît avoir inspiré le poète.
VIL — L'île dos Phéaeions et la mer Ionienne
Les Argonautes traversent ensuite la mer de Trinacrie et abordent à l'île des Phéaciens : elle est située dans la « mer Kéraunienne », donc près des Moûts Kérauniens et « à l'entrée du détroit Ionien », par conséquent dans la partie la plus resserrée de la mer Ionienne, entre les Monts Kérauniens et la presqu'île italienne d'Iapygie. Ces indications précises montrent qu'Apollonios identifie l'île homérique des Phéaciens avec Corcyre.
Le poète lui donne deux noms savants dont il explique l'origine : Drépané et Macris. Le premier rappelle que dans cette île se trouvait la faux (SpÉTravov) avec laquelle Cronos mutila son père Ouranos, ou bien la faucille (SpeTràvr^) dont se servait Déméter quand elle habitait le pays. La légende de la mutilation d'Ouranos par Cronos, ou de Cronos par Zeus, est bien connue et remonte à la Théogonie d'Hésiode*. Apollonios ajoute que les Phéaciens sont nés des gouttes du sang d'Ouranos, tradition déjà rapportée d'après le scoliaste par Acousilaos et Alcée^ Suivant le même sco-