A. Rh., IV, 991 sqq. et scol
liaste% Timée racontait que la faux de Cronos était enfouie dans l'île de Corcyre et c'est sans doute à lui qu'ApoUonios, après Callimaque^, emprunta cette légende. Le commentateur semble ajouter qu'Aristote^, dans sa Constitution de Corcyre, parlait de la faucille enterrée par Déméter sur le rivage de l'île : comme cette tradition ne se retrouve pas ailleurs, Aristote pourrait être la source d'Apollonios.
L'autre nom qu'Apollonios donne à Corcyre est celui de Macris*. Ainsi s'appelait la nourrice de Dionysos, fille d'Aristée. Elle habitait d'abord l'Eubée, qui prit son nom puis, chassée par la jalousie de Héra, elle s'enfuit dans l'île des Phéaciens et lui donna son nom^ Cette légende diffère sensiblement de la tradition commune d'après laquelle Dionysos fut élevé par une fille d'Aristée, Kysa ou Macris, dans les cavernes de Nysa. Le poète a dû emprunter cette légende à un auteur peu connu, peut-être à quelque tradition locale de Corcyre. Apollonios n'emploie pas le nom homérique de Schéria : il préfère des termes plus rares et plus savants qui rappellent des légendes locales. Quant à l'expression plus connue de Corcyre (Képxupa), il en fait usage, mais l'applique seulement à l'île de Corcyre la Koire.
Dans l'île des Phéaciens se passent deux épisodes importants du poème : la seconde rencontre des xVrgonautes avec les Colques et le mariage de Jason. Aussi le poète, suivant son habitude, joint-il à son récit quelques renseignements sur la géographie du pays. C'est une île « avec un double port, à(X9tXa9r;ç, comme Cyzique. Ce détail, qui