L ILE DES PHEACIENS ET LA MEK IONIENNE
rappelle la description d'Homère, est exact d'après le scoliaste, qui cite une expression analogue de Callimaque\ et confirmé par la topographie de la région. Ce port, voisin de la ville des Phéaciens, porte le nom du héros Hyllos^, éponyme des Hylléens, fils d'Héraclès et de la naïade Mélité : le héros l'avait rencontrée lorsqu'il était venu à Corcyre se purifier du meurtre de ses enfants. Cette légende, inconnue avant Apollonios, ne semble guère antérieure à l'époque alexandrine^.
On sait que M. V. Bérard a placé la ville homérique des Phéaciens près de Palaeocastrizza, sur une petite presqu'île située entre deux anses nommées Port San Spiridione et Port Alipa, sur la côte occidentale de Corfou. Cette localisation, qui semble s'accorder avec la description de Y Odyssée et répondre aux conditions de la navigation à l'époque homérique, ne convient pas à la ville décrite par Apollonios. Le poète affirme qu'un de ses deux ports s'appelait Hyllaïque*. Or Thucydide cite à deux reprises un port Hyllaïque à Corcyre*. Apollonios ne fait, donc pas de différence entre cette ville et celle des Phéaciens; il la place à l'opposé de l'endroit indiqué par M. V. Bérard, sur la côte orientale de l'île. Les savants modernes^ sont d'accord pour reconnaître que l'ancienne Corcyre s'élevait un peu au sud de la moderne Corfou, « sur la presqu'île située entre la baie de Khalikiopoulo et celle de Kastradhis; cette presqu'île porte encore aujourd'hui le nom de Palaeopoli' ». On y a trouvé un temple très archaïque d'Artémis. D'après Thucydide
1. HoM.,Od.,VI, 263 : « un beau port de chaque côté de la ville »; scoU Ap., IV, 983.