Frg. 126 = scoL Ap. IV
4. Hdt., II, 32, 33; IV, 172, 173, 182, 190; Skyl., 109; Théophr., H. pL, IV, 3, 1.
arguments aboutissent à la même conclusion : les Argonautes échouent au fond de la Grande Syrte. Il est même probable qu'Apollonios ne connaît qu'une Syrte, la grande, comme Hérodote. Ce dernier en effet ne parle que de la Syrte sans épithète et, d'après les indications relatives aux peuples qui la bordent, il s'agit bien de la Grande Syrte^ Hécatée* l'appelait golfe Psyllique, du nom des Psylles qui en étaient riverains. La mention de deux Syrtes apparaît pour la première fois, semble-t-il, dans le périple attribué à Skylax% que le poète ne semble pas avoir imité; on la retrouve chez Eratosthène, Polybe et Strabon.
A deux reprises le poète signale que les Argonautes ont été jetés « tout au fond de la Syrte », « dans la partie la plus reculée du rivage* ». Ce détail ne semble pas indifférent : c'est là que s'élevaient « au plus profond de la Syrte », comme dit Skylax, les autels des Philènes, qui marquaient à la fois le point le plus méridional du golfe et la frontière entre les territoires soumis à Carthage et la CyréJlaïque^ Les géographes modernes les placent à Ras-Ali, un peu à l'ouest de Mouktar; comme le fait remarquer Tissot, « les bas-fonds de Mouktar forment effectivement au fond de la Grande Syrte, in uliimo Syrtis recessu, une limite naturelle qui a toujours été une limite politique® ». Apollonios a soin de décrire longuement la Syrte pour en montrer les dangers.
« Les navires ne peuvent plus revenir en arrière lorsqu'ils ont été forcés d'entrer dans ce golfe. Partout des bas- fonds, partout des fonds couverts d'algues épaisses; sans bruit l'écume de la mer afflue à la surface; tout le long s'étend à l'infini