IV, 1235, 1243 sq
5. Skyl., 109 Cf. Tissot, Géographie comparée de la province romaine d'Afrique, 1884-1888, 1, 223; Gsell, op. cit., 118.
6. Tissot, op. cit., Il, 241; cf. Perroud, de Sijrlicis emporiis, 1881, p. 39 sq.
apollonios
LE VOYAGE DES ARGONAUTES *. LE RETOUR
La LIBYE
une plaine de sable; c'est là que le flux (car souvent le flot s'éloigne de terre, puis se rue sur le rivage dans un assaut furieux) les jeta bien vite tout au fond du rivage, et une faible partie de la coque resta dans l'eau. Ils sautèrent hors du navire et l'angoisse les saisit quand ils virent le ciel et la surface immense de la mer qui, comme le ciel, s'étendait au loin, à l'infini. Pas d'eau à boire, pas de sentier; au loin ils ne voyaient aucune étable de berger; partout régnaient le calme et le silence \»
Plus loin, le pilote Ancaios explique à ses compagnons que tout espoir est perdu : le flux a jeté le navire sur les bas-fonds d'une côte marécageuse et, la mer s'étant retirée, il est impossible de le remettre à flot». Eetenons les principaux détails de cette description : une côte exposée au vent du nord, marécageuse, encombrée d'algues et de bancs de sable; une mer sujette à de fortes marées; aux alentours, à perte de vue, le désert. Tels sont en effet les dangers des Syrtes d'après les témoignages anciens et modernes. Le seul texte antérieur à Apollonios que nous possédions, le périple du pseudo-Skylax^ déclare la petite Syrte plus dangereuse que la grande et signale ses marées. Les parages des Syrtes étaient très redoutés des anciens : après Apollonios, historiens, géographes et poètes confirment leur mauvaise réputation*.
Salluste constate que, dans les tempêtes, « les flots entraînent de la vase, du sable et d'énormes rochers; ainsi la configuration des lieux change avec les vents; les Syrtes doivent leur nom à ce courant violent ))\
Strabon explique ainsi les dangers des deux Syrtes : « en beaucoup d'endroits le fond est marécageux; par l'effet du flux et du reflux il arrive souvent aux mirins de se jeter dans les bas-fonds et d'y échouer; ils sauvent rare-