‹ La géographie dans les Argonautiques d'Apollonios de Rhodes [microform], Thèse principaleChapitre 244 sur 279 · Jug · texte numérisé non relu

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ment leur navire; aussi naviguent-ils au large, de peur d'être entraînés à l'improviste par les vents et jetés dans ces golfes^ ».

Quelques géographes modernes prétendent que cette réputation est en partie injustifiée^ et supposent que les Carthaginois ont exagéré les périls de la navigation dans ces parages pour en écarter leurs concurrents. Cependant, leurs descriptions confirment celles d'Apollonios et des anciens. Voici par exemple celle de Tissot :

« Largement ouverte aux vents du Nord, imparfaitement protégée contre ceux du Sud par les basses terres qui la bordent, la Grande Syrte est alternativement balayée par deux courants atmosphériques d'une extrême violence, qui y déterminent tour à tour d'énormes accumulations d'eau vers le centre, ou d'effroyables raz de marée à la circonférence : ce double phénomène, que les anciens expliquaient à tort par le flux et le reflux, constituait le seul véritable péril de la Cxrande Syrte, mais ce péril était sérieux et il l'est encore pour nos voiliers-^ »

On trouve dans ce passage les éléments principaux de la description d'Apollonios : vent du î^ord, côtes basses et raz de marée. Les Instructions Nautiques confirment ces indications :

Dans le golfe de la Syrte, les vents dominants sont le Nord- Ouest et le Nord-Est, hâlant le Nord dans le fond du golfe. Les brises du Nord pénétrent rarement jusqu'au fond du golfe; mais elles soulèvent une grosse houle qui vient se briser sur les plages basses et sablonneuses*. »

A ces descriptions il manque un détail signalé par le poète, l'aridité de la côte. Les modernes aussi l'ont remarquée. Kiepert affirme que la Grande Syrte « se trouve sur une côte presque partout stérile et sans eau^ ». Les Ins-

\. 709, 26 sqq.

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