‹ La géographie dans les Argonautiques d'Apollonios de Rhodes [microform], Thèse principaleChapitre 245 sur 279 · Manuel, 127 sq · texte numérisé non relu

Manuel, 127 sq

LE VOYAGE DES ARGONAUTES : LE RETOUB

tructions Nautiques, parlant des côtes de TripoUtaine en général, les décrivent ainsi :

« A rexception des environs de Tripoli, qui sont fertiles et cultivés, la plus grande partie de ce territoire n'est qu'un vaste et improductif désert. 11 n'y existe que très peu de cours d'eau . »

Et le plus récent historien de l'Afrique du Nord, M. Gsell, écrit : « Au sud de la Grande Syrte, le désert s'avance jusqu'au rivage. Il n'y a rien à tirer de cette région^ ». Ces témoignages montrent que la description du poète est exacte. Perdus dans ce désert, les Argonautes mourraient sans gloire si les héroïnes tutélaires de Libye ne venaient à leur aide. Sur leur conseil, les héros, douze jours et douze nuits, portent leur navire sur leurs épaules : ce transport d'Argo est un emprunt à la /Fe Pythique de Pindare. Les compagnons de Jason se dirigent de la Syrte vers le la- Triton « par les dunes désertes de la Libye^ «. Ils s'avancent donc par l'intérieur du pays, sans suivre la côte. Comme l'expUque Pelée, un cheval de Poséidon, sortant de la mer, leur montre la route :

« Portons le navire à Vinlériear du pays sablonneux, en suivant la route où le cheval rapide a lancé ses pieds. Il ne se plongera pas dans la terre ferme, mais ses traces, je 1 espère, nous indiqueront un golfe du côté de la haute mer^ «

Le raisonnement de Pelée est clair : le cheval de Poséidon n'est pas fait pour vivre sur terre; sorti de la Syrte, il se dirige sûrement vers un autre golfe, où les x\rgonautes arriveront en marchant sur ses traces. Si l'on supprime dans ce passage la mythologie poétique, il signifie simplement que les héros suivent une piste sur le sable. Ils traversent une région désolée sur laquelle le poète ne donne aucun renseignement parce qu'elle est déserte.

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