IV
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LA LIBYE
« Entre Gabès, et le cap Misra, écrit M. Gsell, le littoral bas, bordé de dunes derrière lesquelles des lagunes s'étalent çà et là, semé d'oasis que séparent des espaces déserts, précède un pays de plaines légèrement ondulées, qui s'élève en pente très douce vers l'intérieur. C'est la Djeffara des indigènes... sablonneuse et sèche, elle n'est pas habitée. Elle ne l'était pas davantage à l'époque antique, sauf dans sa partie nord-ouest, en Tunisie, où elle est très étroite\ »
C) Le lac Triton
Après douze jours de marche, les héros atteignent le lac Triton ou Tritonis. Avant d'examiner sa description, il est important de fixer son emplacement.
Les anciens ont connu un fleuve et un lac de ce nom, qu'ils ont placés à l'ouest de la Libye, près de la Petite Syrte, ou à l'est, en Cyrénaïque. Apollonios ne parle pas du fleuve. Quant au lac, dans quelle direction faut-il le chercher ? Dans le catalogue des Argonautes, le poète fait allusion à Canthos et à Mopsos, qui mourront « aux confins de la Libye^ », à une distance de Colchide égale à celle que le soleil voit entre son lever et son coucher. La Colchide et la Libye semblent marquer pour lui les deux extrémités du monde à l'est et à l'ouest. Comme les deux Argonautes meurent près du lac Triton, ce dernier pourrait se trouver en Libye occidentale.
D'autre part, ce lac, d'après le poète, est proche de la demeure d'Atlas et des Hespérides. La mention des Hespérides ne résout pas le problème : on place généralement leur séjour en Libye, mais, d'après les traditions de Cyrène, que le poète a pu connaître, il se trouvait à l'est de la Grande Syrte, près de la ville appelée Euespérides, Hespérides ou Bérénice (aujourd'hui Benghazi)^ Au contraire l'allusion à Atlas est peut-être plus claire : c'est en Libye occidentale