‹ La géographie dans les Argonautiques d'Apollonios de Rhodes [microform], Thèse principaleChapitre 249 sur 279 · IV, 1573 sqq · texte numérisé non relu

IV, 1573 sqq

3. Skyl., 108; Strab., 311, 49; 710, 24; Plin., H. N., IV, 60; V, 32; Siad. M. M.. 53, 54; Ptol., IV, 4, 5. Cf. 1 orbiger, Handbuch, II, 827, n. 10 et 832 n. 25.

LE VOYAGE DES ARGONAUTES : LE RETOUR

jonrnée pour arriver au cap Phycos. Contrairement à la tradition la plus répandue qui plaçait le lac Triton en Libye occidentale, près de la Petite Syrte, il semble qu'Apollonios l'ait situé en Cyrénaïque, à l'est de la Grande Syrte.

Examinons maintenant la description du lac. Il n'est pas marécageux comme la Syrte, puisque les Argonautes y déposent leur navire sans l'échouer; sur ses rives se trouvent le domaine d'Atlas, le jardin des Hespérides, un rocher avec une source; des troupeaux de moutons paissent aux alentours; dans quelques parties sablonneuses vivent des serpents venimeux. Ce n'est pas un golfe largement ouvert, comme la Syrte, mais un lac, Xi[i^y], communiquant avec la mer par une passe difficile à trouver que Triton décrit ainsi :

« Voici le passage vers la mer, à l'endroit où l'eau immobile est le plus sombre. Des deux côtés se hérissent des brisants d'une blancheur éclatante. Entre les brisants est une route étroite pour sortir du lac. Cette mer brumeuse s'étend jusqu'à la divine terre de Pélops, au delà de la Crète^ »

A la sortie se trouve un port surnommé Argoos, port d'Argo, où les héros ont laissé, comme souvenirs de leur passage, des autels élevés à Poséidon et à Triton. A l'est de ce port la côte est déserte.

Sur les sources de cette description, les scolies ne fournissent aucun renseignement. Le voyage des Argonautes en Libye est un des éléments les plus anciens de la légende et la connaissance du lac Triton remonte à une haute antiquité. Dans VOdyssée^ Ulysse contournant le Péloponnèse est jeté par la tempête au pays des Lotophages, comme les Argonautes au fond de la Syrte, mais cette région fertile et habitée par un peuple hospitalier ne ressemble pas à la Grande Syrte : les anciens, et après eux V. Bérard, l'ont identifiée avec l'île Méninx ou Djerba, au sud de la Tunisie actuelle,

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