‹ La géographie dans les Argonautiques d'Apollonios de Rhodes [microform], Thèse principaleChapitre 261 sur 279 · Los sources géographiques d'Apollonios · texte numérisé non relu

Los sources géographiques d'Apollonios

En étudiant la géographie des Argonautiques, on arrive parfois, à l'aide des scolies, à découvrir l'origine de certains renseignements donnés par le poète. Si l'on rassemble ces ndications, on peut retrouver, au moins en partie, les sources géographiques de l'auteur.

Le catalogue et le voyage des Argonautes rappellent le catalogue des vaisseaux de VIliade et le voyage d'Ulysse. Si l'on songe à tout ce qu'Apollonios doit à Homère pour la versification, la langue, la mythologie et la conception de l'épopée, on est en droit de supposer que sa géographie sera surtout homérique. En réalité il n'en est rien : la géographie d'Homère ne tient pas une grande place dans les Argonautiques ; et elle se réduit à quelques détails sur Lemnos, la Thrace, l'Hellespont, Cyzique, le Pont-Euxin et l'Italie méridionale.

D'après Homère, le poète alexandrin cite à Lemnos les Sinties; sur les côtes thraces, le golfe de Mêlas et l'île d'Imbros; dans l'Hellespont, Dardania, Percoté et Pityéia; à Cyzique, un beau port et une source Artakié ; sur la côte méridionale du Pont, le Parthénios, les Erythines, Kytoros, Sésamos, Cromna, Crobialos et l'Aigialos; en Tyrrhénie, les îles de Circé, des Sirènes, d'Héphaistos et d'Aiolos, les Planètes,

CONCLUSION

Charybde et Scylla, l'île de Thrinakie avec les bœufs d'Hélios; dans la mer Ionienne, l'île et le port des Phéaciens. Cette imitation est parfois scrupuleuse et même maladroite : ainsi dans un passage des Argonmiiiqucs, l'auteur commet deux erreurs et se contredit parce qu'il suit Homère de tfop près^ ; ailleurs il emprunte à son modèle de petits détails, comme le « rocher lisse » de Skylla, le port double des Phéaciens et les neuf jours de tempête qui conduisent les Argonautes du Péloponnèse en Libye. Mais cette imitation servile est rare. Le plus souvent, Apollonios complète les renseignements fournis par Homère d'après des écrivains plus récents : il localise avec plus de précision la source Artakié, les îles d'Héphaistos, d'Aiolos et de Thrinakie; il distingue l'Aia de Colchide et celle de Tyrrhénie, les Planètes et les Kyanées ; il rétablit l'ordre géographique des villes du Pont citées par Homère. Mais surtout il fait passer les Argonautes dans des régions du Pont, de l'Adriatique et de l'Europe occidentale qu'Homère ne connaissait pas : sa géographie est beaucoup plus étendue, plus précise et souvent plus scientifique.

En dehors d'Homère, les poètes dont il s'est inspiré sont

Hésiode, Pindare et son maître Callimaque.

Les imitations certaines ou très probables d'Hésiode sont rares et concernent la même région : elles se réduisent au nom d'Anthémoessa pour désigner l'île des Sirènes et à une légende d'après laquelle Médée fut transportée de Colchide en Tyrrhénie dans le char de son père Hélios.

La IV^ PytUque de Pindare a fourni aussi à notre poète des traditions et des renseignements sur la Libye et la fondation de Cyrène. Tels sont le transport d'Argo à travers la Libye pendant douze jours et douze nuits, la loca- Usation du lac Triton en Cyrénaïque, l'apparition de Triton aux Argonautes sous le nom d'Eurypylos et la fondation de Théra, métropole de Cyrène.

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